‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 59 sur 229 · III. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

III. CONSIDÉRATION

Voilà Texcellent modèle que notre chef nous a tracé, afin que nous y jetions souvent les yeux, et que nous y arrêtions notre vue {^). Voilà tout ce qu'il attend de ses membres en récompense de ses travaux. Ils me contempleront mourant et expirant sur la croix où ils m'ont attaché Ils se souviendront de ce que j'ai fait et de ce que j'ai souffert pour eux; ils y feront une réflexion sérieuse; ils m'auront toujours présent à la pensée ; ils porteront l'image de mes souffrances gravée au fond de leurs cœurs.

Donnez-lui cette satisfaction, et ne le privez pas du fruit de sa moi t.

Regardez- le avec un profond étonnement , et admirez comme une si haute majesté daigne souffrir un si horrible supplice et une mort si infâme, pour un pécheur, pour un esclave aussi vil, aussi ingrat, aussi misérable, aussi criminel que vous êtes.

Rpgardez-le avec une ferme confiance, qu'en l'état où il est, il n'a pas envie de vous perdre. Espérez qu'il vous pardonnera vos offenses, et qu'il ne vous refusera pas les grâces qui vous sont nécessaires pour travailler efficacement à votre salut. Ecoulez le Père éternel qui vous dit : Vous ne pouvez

(1) Job. 30. i5. — (2) Zach. 12. 10,

satisfaire de Tous-même à ma justice, vous êtes insolvable; prenez mon Fils et donnez-le pour votre rançon. Ecoutez le Fils qui vous dit : Je me suis dénué de tout pour acquitter et payer vos délies, prenez-moi, et vous rachetez. Je n'ai plus rien à moi, tout est à vous.

Regardez-le avec un esprit d'amour et de reconnaissance, et voyez ce que vous devez lui rendre pour tant de faveurs dont il vous a prévenu. 11 vous aime jusqu'à l'excès, ne mettez point de bornes à votre charité ; il vous donne son sang, n'épargnez point vos sueurs ni vos peines pour son service; il meurt pour vous, vous devez mourir pour lui; commencez donc à mourir vous-même pour vivre à lui, et selon son esprit.

Regardez-le avec un vif sentiment de douleur et de regret de lui avoir causé tant de maux, après avoir reçu de lui tant de biens.

Regardi^z-le avec un esprit de crainte , et considérant comme toute la nature s'elTrHie à ce tiiste spectacle dun Dieu mourant, témoignez, avec ces créatures insen^ibjps, que vous en avez du senlmienl. Craignez d être sévèrement puni, si vous ne correspondez à un si partait amour, et si \ous ne fHiles un bon usage d'un moyen >i prérieux. </e>t la croix qid sé()are les réprouvés d'a\ec les préde^tuiés; c'est elle qui fait tt)us les élus; c'est elle qui sera la cause infaillilile (le notre salut, si nous vivons bien; mais si nous vivons mal. elle sera l'oceasiou induluiable de notre ruine, et l iiis- Iruinenl <ie la justice di\iae pour tirer veugeauce de nos désoidres (1).

Fiifin, regRrd»^z-le avec un désir gt^néreuxde limiter dans le dénûtnent absolu de toutes choses, dont il vous fait une si haute hç<ui. Souvenez-vous que toutfs les grâces que Dieu vous donne, sont des giâces de la croix, nun-seulemtntparce

(1) D. Ansel. lib. 2. Cur Deus homo, c, 20.

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qu'elles viennent des plaies de Jésus-Christ, qui nous les a méritées; mais encore parce qu'elles nous conduisent à la croix, au détachement du cœur, à l'anéantissement, à la mort de tous les vices et de toutes les convoitises déréglées, qui est le seul chemin pour arriver à la vie.

QUINZIÈME LEÇON

Jésus-Christ a paru aux yeux du monde comme un ver, et non pas un homme.

« Je suis un ver de terre, et non un homme; l'opprobre des hommes et l'abjection du peuple. » Psal. 21. 7.

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