II. CONSIDÉRATION
La seconde est son étendue, dont personne n'est exclu, s'il ne veut. Si Notre-Seigneur dispensait quelques-uns de porter la croix en le suivant, les autres auraient sujet de se plaindre; mais, remarque saint Augustin, Notre-Seigneur dit à tous : Venez après moi, qui que vous soyez, hommes et femmes, maîtres et serviteurs ; si vous voulez vous sauver, il faut marcher par ce chemin (1). Il ne faut pas s'imaginer que cet avertissement regarde seulement les vierges et non pas les mariés, ou que les veuves y soient obligées et non pas celles qui ont encore leur mari, ou que les religieux y soient tenus et non pas les séculiers, ou bien enfin que les ecclésiastiques doivent y obéir et non pas les laïques ; mais toute l'Église, mais tout le corps mystique de Jésus-Christ et tous les membres qui ont chacun leur emploi qui les distingue, sont obligés d'écouter ces paroles : Si quelqu'un veut venir après moi, s'il veut être mon disciple, s'il veut assurer son salut, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix tous les jours et qu'il me suive (2). Voilà la voie sûre, la voie droite, la seule voie que chacun de nous doit tenir pour se sauver.