I. CONSIDÉRATION
Il ne faut jamais manquer de respect devant Dieu, sur quelque sujet que Ton médite en sa présence; mais il me semble que l'âme ne doit être en aucune occasion dans un plus profond anéantissement, que lorsqu'elle est au pied de la croix, et qu'elle contemple la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Chri-^r.
Premièrement, parce que le Fils de Dieu nous en a laimême donné l'exemple. Car jamais il ne pria son Père avec tant de marques de soumission, d'humilité et de révérence que sur la montagne des Oliviers, où il commença par la prière le sanglant sacrifice de la croix, et sur celle du Cal-
vaire où il le consomma. Quel besoin avait-il de prier son Père la face contre terre, avec une constance si respectueuse, et un si profond anéantissement de sa grandeur? dit un saint prélat (1). C'est le désir quil a de pardonner un jour comme juge, qui lui a fait prendi'e la qualité de criminel. C'est pourquoi il oulDlie la gloire qui lui est naturelle, pour se couvrir de la confusion de nos crimes, et de Thumiliation qui nous est due, nous montrant par là le respect que nous devons lui rendre, si nous voulons obtenir miséricorde. Car si le Saint des saints s'est humilié de la sorte pour demander à son Père le pardon de nos offenses, nous qui sommes les criminels, que ne devons-nous pas faire, lorsque nous nous présentons à lui pour être arrosés et lavés du sang de son bien-aimé Fils?