‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 88 sur 229 · III. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

III. CONSIDÉRATION

Nous devons combattre, vaincre et triompher sous les auspices de la croix.

Saint Ambroise dit que les saints qui sont bien expérimentés au fait de la milice spirituelle, ne vont jamais au combat que sous ce signe salutaire. Une âme bien aguerrie sait de qui elle doit se servir pour achever la bataille, de quelles armes elle doit les munir, et sous quels drapeaux il faut les conduire; elle ne se sert point des aigles ni des dragons pour

(1) S. Cyrill. Hieros , Gatech. 13. — (2) S. Ambr., Serm. 43.

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ses enseignes. Elle va au combat sous le nom de Jésus et sous réleiidard de sa croix. Cet étendard lui donne de la force et du courage. Ce signe la rend fidèle à son roi; rien ne peut ébranler sa conslance, rien ne peut corrompre sa foi (1). En effet, quiconque est armé de la croix, ne doit point craindre le combat, ni douter de la victoire et du triomphe. La croix, dit saint Jean Dainascène, est son bouclier, ses armes et son trophée tout ensemble (^2). 11 ne doit point craindre le combat, parce qu'il est impénétrable à tous les traits de la mort et de l'enfer (3). Eusèbe (4) assure que celui qui portait la bannière de l'empereur Constantin, où Ton voyait le signe de la croix, n'était jamais blessé des ennemis, mais que son enseigne lui servait de bouclier qui recevait tous les traits. Et nous lisons dans l'histoire d'Espagne, qu'en cette fameuse bataille que les chrétiens donnèrent contre les Maures, celui qui portait la croix devant Roderic, évêque de Tolède, passa deux fois à travers des troupes ennemies, sans être atteint d'un seul trait, quoiqu'on tirât sur lui de toutes parts, et que le bâton de la croix fût percé de plusieurs flèches. Si telle est la vertu de la croix contre tous les dangers qui menacent la vie du corps, que sera-ce des périls qui attaquent celle de l'âme? Ne devonsnous pas en bannir la crainte, si nous portons fidèlement cet étendard; et bien loin d'appréhender le succès du combat, n avons-nous pas sujet de tenir la victoire indubitable? Saint Chrysologue, considérant la fuite de cette légion de démons que le Fils de Dieu chassa du corps d'un possédé, s'écrie avec admiration : Faut-il une légion de démons pour tourmenter un seul homme, dénué d'armes et de force? Que fussent devenus ces esprits lâches et ténébreux, si dès lors ils eussent vu la bannière de la croix? Courage, chrétien, va

(1) s. Ambr., 1. 2 de Abarh., c, 7. — (2) S. Daraasc, 1. 4, orth. fidei, c. 12. — (3) S. Cypr , serm, deNativ. — (4) Eusebius, 1. 2 de vita Constant, c. 9.

sans aucune crainte au combat, si cette troupe si nombreuse redoute un homme qui est sans armes, ne doute point qu'elle ne s'enfuie quand elle le verra et le sentira armé (1). L'empereur Léon remarque que les soldats chrétiens allant au combat, avaient coutume de crier, ci^ucis Victoria, victoire de la croix, et dans le cinquième concile de Constanliuople, l'acclamation commune des pères assemblés après la condamnation des hérétiques , fut , crux vicit , la croix a vaincu C^). C'est la pensée que nous devons prendre dans toutes nos tentations, et quelque difficulté qui se présente, le souvenir de la croix doit nous remplir d'espérance. C'est elle qui a vaincu les démons, qui a détruit la tyrannie du monde, qui a mis en fuite tous les ennemis de notre salut, crux vicit. C'est elle qui a rendu les martyrs victorieux de la puissance des tyrans, qui a triomphé dans les vierges de toutes les délices de la terre, qui a confondu par des pêcheurs toute la sagesse du siècle, crux vicit. C'est elle qui a arraché les pécheurs de Tesclavage du péché, et qui a introduit cette armée triomphante des publicains et des pénitents par une sainte et religieuse pénitence dans le royaume des cieux, crux vicit. C'est elle qui vous rendra participant de leur victoire et de leur triomphe, si vous avez le courage de les suivre. La croix, dit saint Chrysostôme, est la clef du ciel ; la croix de Jésus-Christ a ouvert le paradis. N'est-il pas dit que le royaume des cieux souffre violence, et que ceux qui font de généreux efforts sur eux-mêmes l'emportent? Je dis bien plus, celui qui est dans la croix emporte le ciel sans effort. Entre le ciel et la croix il n'y a poiut de milieu. Après la croix suit aussitôt le paradis (3).

(1) s. Chrysol., serm. 17.— (2) Act. 1.— (3) S. Chrysost., horail. (3e divite.

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VINGT-DEUXIEME LEÇON

Il faut recevoir la croix avec foi, respect, action de grâces, et avec la résolution d'en faire un bon usage pour la gloire de Dieu.

« Il ne s'attrista point contre Dieu, parce que Dieu l'affligeait en le privant de la vue. Mais il demeura ferme dans la crainte de Dieu, lui rendant grâce tous les jours de sa vie. » Tob., 2. 13.

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