‹ Le chrétien a l'école du calvaireChapitre 91 sur 229 · IV. CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

IV. CONSIDÉRATION

Mais pour rendre votre reconnaissance plus parfaite, en recevant la croix de sa main comme un^ bienfait, il faut en même temps former une sainte résolution d'en faire un bon usage pour votre salut et pour sa gloire. Vous accomplirez en cela les desseins qu'il a eus sur vous de toute éternité, unissant si inséparablement son honneur et son service à votre félicité, que l'un ne peut être sans l'autre ; car c'est une maxime constante parmi les théologiens, qu'il appartient à celui qui règle et ordonne la fin, de préparer aussi les moyens pour y arriver. Or, les moyens les plus propres pour atteindre au salut et procurer la gloire de Dieu, sont les diverses afflictions dont cette vie est traversée; par conséquent il faut les prendre dans cet esprit, et tenir à grande gloire de souffrir quelque chose pour Dieu, et d'avancer son honneur à nos dépens; car si Notre-Seigneur faisait tant d'état de mourir pour nous qui sommes si misérables, qu'il appelait sa gloire, non d'être assis sur le trône de son Père et adoré des anges, mais d'être cloué à la croix, accablé de douleurs et couvert d'infamie pour l'amour de nous, quel état devonsnous faire d'endurer quelque chose pour lui?

(<) Tobia, 2, 13.

i98 LE CHRÉTIEN

PRATIQUES ET ASPIRATIONS

1. Quand donc Dieu vous offrira quelque occasion de souffrir ou par maladie, ou par disgrâce, ou par quelque ppine d'esprit, pensez que c'est à dessein que vous puissiez le glorifier par votre patience et par la tranquillité de votre âme. Considérez qu'il vous met dans Taffliclion comme un parfum sur le feu, afiu de répandre une douce odeur de vertu, qui édifie voire prochain, et lui donne sujet de bénir le Père céleste, qui est Tauteur de votre patience.

2. Lorsque les apôtres virent Notre-Seigneur qui marchait sur les eaux durant la tempête, et venait les secourir, au lieu de prendre courage, ils furent troublés, le prenant pour un fantôme qui les effraya- mais il leur dit pour les assurer : Ne craignez point, c'est moi. Prenez ces paroles pour vous, et vous fiant à sa bonté, marchez courageusement avec lui sur les eaux. Dites avec saint Jean : Dominus est, c'est le Seigneur qui me visite. Toutes les afflictions du corps et de l'esprit, et même la perte de la vie ne doivent point entrer en considération, quand il s'agit du bon plaisir de Di^u, qui veut en être honoré : Dominus est, il e>i le maître. Nous ne faisons point de difficullé d'ôter la vie aux animaux pour notre nourriture, ni de l^s charger de pesants fardeaux, ou de les taire souffrir pour noire service, parce qu'ils ne sont que pour cela; si nous disposons si librement de leur vie et de leur mort pour nos usages, il est juste que Dieu ait autant de pouvoir sur nous, pour en disposer selon sa sainte volonté : Dominus est.

A l'jécole du calvaiue. 100

VlNGT-TPxOISlEME LEÇON.

Nous devons porter la croix avec courage, allégresse et persévérance.

« Je suis comblé de joie parmi toutes mes souffrances. » 2. Cor., 7. 4.

Page 1