VINGT-CINQUIEME LEÇON
Un chrétien ne doit point rougir de suivre Jésus-Christ crucifié et de marcher sous l'étendard de la croix.
« Pour moi, à Dieu ne plaise que je me glorifie en autre chose qu'en la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ. »
Gal., 6. 14.
Considérez aujourd'hui que le premier devoir du chrétien, s'il veut être disciple de Jésus-Christ, est de mépriser le mé-
(1) S. Cypr., ep. 9 ad raartis et conf.
pris, et de n'être point honteux de porter, à l'exemple de son maître, l'ignominie de la croix (1). C'est la première leçon que l'on enseignait autrefois aux catéchumènes avant de les admettre au baptême. On commençait , dit saint Augustin, à les instruire par le signe de la croix que l'on faisait sur leur front, qui est le siège de la pudeur, pour leur apprendre à ne point rougir du nom chrétien, ni de la profession qu'ils faisaient de suivre Jésus-Christ crucifié. C'était comme leur première conception, selon la pensée de ce grand saint, parce que l'Eglise commençait par là à les former dans son sein avant de les enfanter par le baptême (2). Celait la marque de leur foi, qu'ils portaient sur la plus haute et la pluséminente partie de leur corps; et quand on leur demandait s'ils croyaient en Jésus-Christ, en répondant qu'oui, ils formaient aussitôt le signe de la croix sur leur front, pour montrer qu'étant disciples d'un Dieu crucifié, ils n'avaient point de honte de s'humilier comme lui, de souffrir les opprobres comme lui, et de mourir même comme lui, s'il était nécessaire, entre les bras de la croix (3). Voilà quelle doit être la disposition dun chrétien qui veut parfaitement accomplir tous les devoirs de sa condition. Il ne doit point tenir à déshonneur de vivre comme le Fds de Dieu, puisque c'est en cela que consiste l'essence du christianisme, et s'd donne lieu à cette huite criminelle , il est in<ligne du nom qu'il porte ; il ne mérite pas d'être rais au rang des fidèles, il n'en a pas l'esprit.