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Il est vrai cependant que Notre-Seigneur n'a que })L'U ou point acquis par l'enseignement d'autrui. De cet enseignement, l'Evangile ne nous dit rien, et nous en sommes réduits à des conjectures vraisemblables sur ce qw'il put à ce titre recevoir de sa mèr; ou de Joseph. D'ailleurs, comme l'observe saint Thomas, il convenait à réminenoe de son génie d'apprendre surtout par lui-même. Celui qui sait écouter est un bon esprit ; celui qui découvre juste à lui tout seul est un esprit excellent. Il est évident que le Christ devait posséder au plus haut degré cette excellence des inventeurs ; c'est par sagesse et discrétion qu'il ne la manifesta point. Aussi bien, il était venu pour enseigner, et non pour être enseigné ; c'est à lui que l'Eglise applique ce texte de Joél : « Uéjouisscz-vous dans le Seigneur votre Dieu : il vous a donné un docteur de justice (1). »
Cette connaissance expérimentale qui se fait de jo.ir en jour plus large et plus profonde trouve encore de la place dans l'esprit du Christ, bien qu'il soit tout rempli des idées de la science infuse. Car autre chose est de se tourner passivement vers des lumières supérieures pour les recevoir, et autre chose de se tourner activement vers les réalités de la nature et de la société pour observer, pour mé-
diter et pour s'instruire. Il y a là deux formes de vie mentale parfaitement compatibles. Le Christ peut recevoir de Dieu des révélations directes sur tous les mystères de la terre et du ciel, il peut dans ces révélations entendre et penser d'une façon purement intellectuelle à la façon des anges, — et il peut en même temps penser en homme dont l'esprit est attentif en face de tout ce qui l'entoure dans le monde. Et ainsi, quoiqu'il possède dès le premier instant une science infuse à l'état parfait, rien ne l'empêche de se faire d'année en année des réserves de science acquise et d'en augmenter en lui l'habitude.
Les théologiens se sont posé bien des questions à propos de cette science acquise du Christ. Toutes se meuvent dans un même ordre d'idées conjecturales empruntées à des raisons de convenance. Nous ne sommes plus ici dans la structure fondamentale du système théologique de saint Thomas ; nous sommes en présence d'ornementations bien d'accord sans doute avec le style de l'œuvre, mais qui peuvent se modifier ou se retrancher sans rien lui ùter d'essentiel. C'est ainsi qu'on peut discuter cette omniscience absolue des choses naturelles que le Docteur Angélique déclare acquise par Notre- Seigneur, et trouver également trop radicale l'in^ convenance qu'il voit à ce que le Christ, docteur
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universel, ait jamais rieu reçu d'un autre homme. La doctrine qui tient que Notre-Seigneur n'a rien appris des anges se fonde sur sa primauté hors de pair dans l'ordre des révélations divines. Elle n'a rien de contraire au texte de saint Luc où il est dit « qu'un ange lui apparut du ciel, le réconfortant (1). » Cet ange n'avait rien à lui apprendre sur l'heure de sa passion : il connaissait cette lieure beaucoup mieux que tous les anges ensemble ne pouvaient la connaître. Mais comme le Christ avait résolu de se montrer véritablement homme parles douleurs de l'agonie et par la tristesse et le dégoût qui envahissaient son àme, il voulut aussi nous montrer que les anges sont au service de quiconque agonise en son corps ou en son àme. Ce n'était pas se montrer inférieur aux anges, sinon dans cette faculté de souffrir qu'il avait voulu garder. L'ange lui apporta seulement un secours physique et des paroles de consolation. C'est ce que semble indiquer saint Luc qui place sa venue immédiatetement après la prière où le Sauveur demande l'éloignement du calice, et immédiatement avant la sueur de sang.