‹ Le Christ d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 41 sur 48 · SUJÉTION DE LA NATURE HUMAINE DU CHRIST · texte numérisé non relu

SUJÉTION DE LA NATURE HUMAINE DU CHRIST

afin que Dieu soit tout en tous(l). » Cette soumission de toutes choses au (Christ n'est pas encore réalisée de nos jours; la parole de l'Epitre aux Hébreux est toujours vraie : « Nous ne voyons pas encore maintenant que toutes choses lui soient soumises (2). » Le Christ ne sera totalement soumis à Dieu en son corps mystique que lorsque ses membres élus seront tous à Dieu et pénétrés de Dieu par les clartés de la vision béatifique et les joies de l'immortalité. C'est alors que Dieu sera « tout en tous «. car l'être de la création entière, anges, bienheureux, cieux nouveaux et terre nouvelle, sera pénétré du rayonnement divin qui mettra dans les esprits et dans les cœurs Dieu tout entier tel qu'ils le peuvent contenir, et dans les corps tout ce qu'ils peuvent contenir aussi de céleste dans une matière humaine spiritualisée, en un univers adapté à la vie de ces corps glorieux.

Le Christ est-il son propre serviteur (31 ?

Puisque tout est commun entie le Père et le Fils, au point de vue de la nature divine, le Fils est aussi

(1, I Cor., XV, 28 - (2) II, 8. — . (3) Suni. Theol., III 'I' , q. XX, ait. 2.

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bien que le Père le maître de sa nature humaine. Il s'ensuit qu'il est à la fois son propre serviteur et son propre maître.

Cette question a soulevé de graves débats au temps des controverses avec Xestorius. L'hérésiarque concevait le Christ comme un homme moralement uni au Verbe de Dieu par un amour incomparable, en sorte que le Verbe et Jésus constituaient deux personnes physiquement distinctes : une personne divine, celle du Seigneur, et une personne humaine, celle de l'honïmé du Seigneur.

L'Eglise n'a jamais admis cette manière d'entendre la sujétion du Christ par rapport au Verbe. Aussi le Concile d'Ephèse, 3" œcuménique (431), déclare-t-il dans son 6* canon : « Si quelqu'un ose dire que le Verbe, procédant de Dieu le Père, est le Dieu ou le Seigneur de Jésus-Christ, au lieu de confesser que le même est tout ensemble Dieu et homme, en tant que le Verbe a été fait chair, selon les Ecritures, qu'il soit anathème (1) ! « Le mot « Christ » est, en effet, une désignation personnelle : les Ecritures indiquent par là toute la personne du Verbe fait chair. Dire que le Christ est soumis au Verbe, c'est donc en faire une personne distincte du Verbe, et par conséquent sortir de la foi de

(1) Denz., doc. XII, 78.

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