‹ Le Christ d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 43 sur 48 · SUJÉTION DE LA NATURE HUMAINE DU CHRIST · texte numérisé non relu

SUJÉTION DE LA NATURE HUMAINE DU CHRIST

personne de Verbe Incarné le modèle de la maîtrise que nous devons exercer sur nous-mêmes, et de la sujétion correspondante que nous devons nous imposer. De même que dans l'unité de sa personne divine, il renferme à l'état parfait la nature humaine et la nature divine, de même, nous, dans l'unité de notre personne humaine, nous renfermons la réalité de la nature humaine et la réalité d'une participation de la nature divine. Et de même que le Verbe gouvernait l'homme dans le Christ, l'élément divin doit gouverner en nous l'élément humain. Dans le Christ, comme en nous, l'homme dispose de luimême par la souveraineté de son libre-arbitre sur sa sensibilité et sur toute son âme. Dans le Christ, toutefois, la sainteté impeccable du libre-arbitre et la toute-puissance miraculeuse rendent ce domaine incomparablement étendu. Mais, de ceci, il ne résulte pas que le Christ soit d'une autre nature que nous; il est placé seulement au sommet de la hiérarchie des saints qui se dominent et se soumettent en euxmêmes. Au-dessus de cette domination parfaite de l'âme sur tout l'homme, il y a, dans le Christ, la maîtrise parfaite du Verbe sur toute l'âme cl sur le corps. Le Christ est ainsi son propre maître et son propre serviteur.

Il faut observer, avec saint Thomas, la règle de prudonce qui s'impose au langage lorsqu'on parle

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de soumission, d'infériorité, de servitude, à pr(»pos du Christ, et réciproquement lorsqu'on parle de 6on domaine, de sa maîtrise Quand on dit : Le Christ est son maître à soi-même, le Christ est tout ce qu'il y a de plus grand, ou sous-euteud que celte maîtrise et cette grandeur lui viennent de sa nature divine ; et il est à peine nécessaire, d'ajouter un terme explicatif. Le nom de « Christ », comme celui de « Fils », ou de « Jésus », est un nom de personne. Or la personne de Jésus, qui est celle du Verbe, est éternelle et divine. Tout ce qu'on lui attribue sous le nom de « Christ » ou de « Jésus » s'entend donc naturellement de sa divinité, et il n'est pas nécessaire de l'indiquer, cela compliquerait le discours. Au contraire, quand nous attribuons au Christ la sujétion et l'infériorité de l'obéissance, il est bon d'ajouter : selon sa nature humaine, afin qu'il soit bien précisé que nous ne portons pas atteinte à la divinité du Verbe. Néanmoins, dans certaines expressions très usuelles comme « les souffrances de Jésus » ou « la mort de Jésus », le sens orthodoxe est tellement connu, et l'allusion à sa nature humaine est tellement visible, que la précaution indiquée devient superflue.

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