‹ Le Christ d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 6 sur 48 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

L'âme du Christ a-t-elle été dotée de la grâce sanctifiante ? (1)

Il est nécessaire d'affirmer, dit saint Thomas, que l'âme humaine du Christ fut dotée de la grâce sanctifiante ou grâce habituelle. Cette nécessité, comme l'observe Cajetan (2), n'est pas toutefois uue nécessité d'ordre logique ou métaphysique, en sorte qu'il soit impossible de concevoir ou de réaliser l'union du Verbe avec une nature humaine sans la grâce sanctifiante. L'union hypostatique, en effet, n'inclut la giàce sanctifiante ni à titre essentiel, ni comme une propriété spécifique, ni comme un effet nécessaire. Mais dans l'ordre surnaturel

(1) Sum. Thcol., m» P., q. VII, ail. 1. — (2) Comment, in art. !•, q. VII, III- I'., Suiii. Theol.

tel que Dieu l'a fondé et révélé à nous, dans l'ordre des communications sans mesure de sa bonté et de ses perfections à l'homme, cette grâce devient moralement nécessaire à la nature humaine qui est honorée de l'union hypostatique (1).

Saint Thomas donne trois raisons de celte nécessité morale de la grâce sanctifiante dans le Christ.

La première est tirée de l'intimité d'union qui existe entre l'âme du Christ et le Verbe. Cette union, en effet, est la plus étroite qui se puisse concevoir entre une âme humaine et l'être divin. Ce n'est pas seulement une union passagère, adventice, comme l'union que la pensée de Dieu dans notre intelligence peut établir entre nous et Dieu, c'est une union d'ordre substantiel. La substance même de l'âme du Christ ne subsiste que par son annexion à la personnalité du Verbe ; au-delà d'une pareille union, il n'y a plus d'union possible, (au-delà la confusion commencerait), puisque dans cette union la subsistence d'une personne divine se communique directement à la substance même de l'âme du Christ. Or, plus celui qui reçoit est proche de celui qui donne, plus il participe de ses dons. Dès lors le Christ doit plus que tout autre participer du don de la grâce sanctifiante.

(1) Cf. Billuart, de Incarn., di>s. VIII, ait. 2,

LA CnACH SANCTiriANTli Dl' CIIUIST .)/

On peut objecter ici : la grâce sanctifiante (]ui est l'union h Dieu par une qualité de ressemblance avec lui, qui est par là mùme une union d'ordre accidentel j ne fait-elle pas double emploi, ou tout au moins ne deviertt-elle pôs Superflue, là on se trouve réalisée une union supérieure d'ordre sul)stantiel ? — Non; eii réalité il n'y a là ni double emploi ni superfluitéj car la grâce de l'union hypostatique unil la nature humaine à la personne dù Ybrbe dans une communauté de personnalité; tandis que la grâce sanctifiante unit la nature humaine à la nature divine dans une participation de son fonds essentiel et de ses opérations vitales; Par la grâce sanctifiante, le Christ est capable dfe connaître et d'aimer Dieu en lui-même comme Dieu se connaît et s'aime ; par la grâce de l'union hypostatique, il subsiste dans la personne du Yerbe.

Cette considération nous amène à la deuxième

raison de saint Thomas en faveur du don de la grâce habituelle fait au Christ (1). Le Christ, Fils de Dieu par nature, ne peut être, àelon-sa natufê huniainfe, qiie prédestiné à la béatitude, c'est-à-dire à la vision de Dieu et à sa suprême possession. Or si la grâce d'union siiiïit à le rendre digne de la béatitude, elle ne sufîît pas à lui faire exercer dans son intelligence l'acte déiforme de la vision'

(1) Cl". Ouaesl. disjiiil., XXIX, art. 1 et 2.

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divine, ni dans sa volonté l'acte déiforme d'amour parfait de Dieu connu tel qu'il est. Il faut donc qu'après avoir reçu communication de la personne divine du Verbe pour subsister divinement, Notre- Seigneur reçoive communication de la vie divine dans sa nature humaine pour opérer divinement en chacune de ses facultés. Sans doute, l'état d'union à la personne du Verbe divinise les actes humains du Christ : ce sont les actes d'un sujet divin ; mais il s'impose encore que chacune des facultés du Christ soit déifiée dans son essence particulière, et non seulement par son enracinement dans une personne divine. Et c'est précisément la grâce sanctifiante qui opère cette déification spéciale des facultés.

Voici la troisième raison de saint Thomas. Le Christ n'est pas seulement admis en partage de la personnalité du Verbe et de la nature divine, il participe encore à notre nature à nous ; touchant ainsi les deux extrêmes, il est Pontife, médiateur entre Dieu et les hommes. Ceci n'est pas uniquement chez lui une fonction sociale, c'est une perfection individuelle et d'ordre intime, car, pour être médiateur entre la sainteté divine et la misère humaine, il faut une éminente perfection. Cette perfection est évidemment un bien que possède Tàme du Christ et dont elle jouit en propre, de même que tout homme capable, doué d'influence sur ses sem-

LA GlUCE SANCTIFIANTE DU CIIHIST 5*J

blables, possède d'abord pour soi cl jouit des qualités d'esprit et de cœur par lesquelles il agit. Ainsi donc, le Christ, en tant que médiateur des hommes, doit posséder éminemment cette grâce sanctifiante par laqueHe il leur mérite le salut et leur donne l'exemple idéal de toutes les vertus. Assurément, il n'a pas besoin, en toute rigueur, de la grâce sanctifiante pour être en état de mérite : il y est par naissance, dès là même qu'il est uni à la personne du Verbe; mais ce mérite radical doit être complété par des mérites acquis résultant des actes, afin qu'il ait, à tous égards, cette « plénitude de grâce » dont parle saint Jean (1), afin que la grâce découle, non pas de sa personne toute seule, mais encore de tous les actes qui en procèdent et de toute manière. 11 fallait que les opérations du Christ ne fussent pas seulement attribuables aune personne divine, mais aussi qu'elles en procédassent vitalement. Cette procession vitale est une loi de notre activité humaine, ce devait être aussi la loi de l'activité humaine du Christ ; il fallait donc qu'elle eût la vitalité divine que la grâce sanctifiante donne aux principes prochains de ces opérations,

A l'occasion de cette thèse, d'illustres thomistes comme Jean de Saint-Thomas et Billuart traitent la

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question de la double sanctification du Chrisl. T.a discussion de cette questioii est fort utile poùi mieux comprendre les effets respectifs de sanctifilion attribuablcs à l'union personnelle et ceux attribuables à la grâce habituelle dans le Christ ; elle est fort utileaussi pour établir la supériorité de la sainteté du Christ sur toute autre sainteté.

Ce n'est pas seulement une différence de degré qui existe entre la grâce dans le Christ et la grâce en nous. A cette différence s'ajoute chez lui une grâce de nature diverse, au-dessus de laquelle ne peut se concevoir ni se réaliser aucune autre grâce.

En quoi consiste cette grâce absolument originale et transcendante du Christ? — Elle consiste en ce que sa nature humaine tout entière, le corps aussi bien que l'âme, subsiste soutenue et comme envahie par la personnalité du Verbe. Nous l'avons déjà dit d'ailleurs. Tout ce que notre personnalité naturelle communique d'être permanent a notre moi, la personnalité du Verbe le communique à la nature humaine du Christ, sans pourtant confondre l'essence divine avec elle. Il y a là plus qu'un contact, plus qu'une assistance du dehors, il y a là une pénétration profonde, substantielle, de tout l'être humain par le Verbe : c'est pourquoi THomme-Dieu s'appelle Christ, c'est-à-dire Oint, l'homme pénétré d'une onction. La grâce de l'union est dans son

humanilé comme « l'huile précieuse qui, rppandue sur la tète, [descend sur la barbe, sur la barbe d'Aaron ; qui descend sur le bord de ses vêtements (1). » Cette métaphore n'est même pas assez expressive : l'onction du Christ est to^it Intérieure. C'est pourquoi Notre-Seigneur, ouvrant le livre d'Isaïe dans la synagogiie de Nazareth, s'applique ay^c simplicité etvérité Ip texte du prophète : « L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres » ; et il ajoute tout de siptc : v- Aujourd'hui cette parole de l'Écriture que vqus venez d'entendre est accomplie (2) » Cette pénétration totale d'une nature humaine par la personne du Verbe la rend en vérité substantiellement sainte. C'est ce qui nqus expliqua les fortes expressions de la lettre du Concile 4^ Francfort aux évêques d'Espagne : « Le Christ pst oint par nature, nous par grâce (3) » ; ou bien encore ces mots de sf^int Grégoire de Nazianzc : « Le Chrjst est tout baigné, tout imprégné par la divinité (4) f.

La sainteté de Jésus est donc bien plus absolue et plus intimjs que colle des saints. Ceux-ci, quels qu'ils soient, ne possèdent en somme, comme toutes les âmes justes, que la sainteté de la grâce habi-

(1) Ps. CXXX, 3. — {2} Luc, IV, 18-21. — (3) « Chrislus nalurâ unclus, nos pcr graliam ». — (4) Orat. XXXVI, 7. — Cf. Joan a S. Th.,(/e Incarn., q. VI|, (Jisp. VIII, art. 1, n» K.

tuelle. Or la grâce habituelle n'est rien de plus qu'une qualité de ressemblance avec Dieu, insérée, greffée sur la substance de l'âme ; ce n'est pas, comme la grâce d'union, une communication de la subsistence du Verbe qui lui est faite. La nature d'un saint subsiste dans sa personnalité humaine, substantiellement humaine, — tandis que la nature humaine du Christ, tout en restant bien humaine, reçoit substantiellement quelque chose de divin puisqu'elle subsiste dans la personne du Verbe.

A la vérité, nous recevons tous substantiellement Dieu par suite de la grâce sanctifiante, puisque, dans les justes, la Trinité tout entière habite comme objet de pensée, comme objet d'amour, comme principe immédiatement présent de nos vouloirs et de nos pensées surnaturels. Mais dans le Christ, Dieu n'estpas seulementl'hôte del'âmésanctifiée : il est, de plus, par son Verbe, le suppléant de la personnalité humaine, le constituant d'une personnalité divine en laquelle la nature humaine subsiste comme le fer rouge dans le feu qui rayonne.

Le Christ possède ainsi une grâce éminente, que nul ne peut surpasser, ni même égaler. C'est elle qui fait de son âme l'objet unique des préférences divines. C'est cette grâce sans doute que le Père céleste, ravi de sa splendeur et de son charme, attestait solennellement lorsqu'il disait au-dessus

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du Jourdain où le Précurseur baptisait Jésus: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui jai mis toute mon affection (1). »

Donc, dans le Christ, grâce d'union et grâce sanctifiante. Par la grâce d'union, le Christ vient à nous du plus liaut des cieux ; et par la grâce sanctifiante, il remonte jusqu'au plus haut des cieux, atteignant Dieu avec une perfection de vue et d amour dont l'union hypostatique exige mora lement, mais impérieusement, l'éminence. Grâce d'union, qui n'a pas sa pareille, et en vertu de laquelle le Christ nous dépasse infiniment, et grâce sanctifiante au plus haut degré : sous ce rapport du moinsil se rapproche de nous puisque nous pouvons tous en posséder quelque degré, quelque image plus ou moins parfaite.

Remarquons-le à nouveau, La sanctification spéciale qui provient de la grâce d'union rend Pâme du Christ formellement sainte, et sans qu'il soit besoin à cet effet de recourir à la grâce sanctifiante. Ce n'est pas assez dire, cette sainteté de l'union hypostatique s'étend aussi formellement au corps même du Christ. La sainteté dit essentiellement l'union àDieu. Or l'âme et le corps du Christ sont unis à lapersonne divine ; à ce titre, en d;<i;iors même de la présence et de l'action de la grâce sancti-

(1) Mallh., III, 17.

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fiante, ils sont saints et sacrés. Et comme ils le sont intimement, au plus profond de leur substance, par annexion au Verbe, ils sont saints et sacrés d'une manière formelle- Il n'y a pas de sainteté formelle que celle des justes en possession de la grâce habituelle : la grâce d'uiiion sanctifie formellement Tàme et le corps du Ghrist en les faisant participer à une personnalité divine. L'effet premier de toute sainteté c'est, sans doute, de rendre qui la possède agréable à Dieu. Mais la sainteté de l'union hypostatique confère au Christ un titre à part et sans égal aux complaisances divines. Par l'union, en effet, la nature humaine de Jésus est une nature qui appartient au Fils de Dieu, non point à un fils adoptif de Dieu, comme nous pouvons être fils adoptifs, mais au Fils consubstantiel du Père « Dieu engendré de Dieu, rayon de lumière où passe toute la splendeur du soleil divin (1). » La sainteté de l'union hypostatique a donc un effet d'attirr,nce sur Dieu, si l'on ose ainsi parler, que ne peut avoir aucune autre sainteté : et cet effet assurément unique e?t le signe d'une sainteté unique. Quand nous disons que Pâme du Christ, est formellement sanctifiée par son union à la personne du Verbe, nous le disons dans un sens rigou» reux. Par cette union l'âme du Christ, n'est pas

(1) Symb. Nicaen. I

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souloluout OU état de mérite et comme en puissance à la grâce sanctifiante, elle est actuellement sainte parce qu'elle est déjà acluellenient assumée par la personne du Verbe qui est toute sainteté. Cette sainteté n'est donc pas seulement, comme la sainteté de la grâce habituelle, une sainteté formelle au sens d'une qualité informant la nature humaine mais au sens d'un acte suprême de subsistence en une personne divine intimement communiqué au corps et à l'àme de l'Homme-Dieu.

Les vertus et les dons du Saint-Esprit dans le Christ (1).

De même que l'àme n'opêie pas iminêdialcmcnt par elle-même, mais par l'intermédiaire de ses facultés, la grâce sanctifiante, qui est dans l'ordre surnaturel ce qu'est l'âme dans l'ordre naturel, n'opère pas non plus immédiatcmcntpar elle-niênic, mais par l'intermédiaire de ([ualités surnaturelle:^

(1) Sum. Theol. 1II« P., q. VI'., art. ?, 3, -1, 5, 6.

LE CHRIST. — -j

G6 LE CHRlbT d'aPRLS SAINT THOMAS OAOLlN

qui lui tiennent lieu de facultés. La grâce sanctifiante est dès lors, comme le principe radical et lointain des opérations saintes ; les qualités surnaturelles ou vertus en sont les principes immédiats et prochains (1).

Saint Thomas se demande si Notre-Seigneur possédait des vertus surnaturelles. Et il répond, avec une ampleur qui dépasse de beaucoup l'énoncé de la question : Notre-Seigneur possédait toutes les vertus, et à un degré incomparable. Pour l'établir, il part de ce principe : la grâce sanctifiante du Christ est absolument parfaite. Cette formule concise est très expressive ; il suffit d'en dégager toute la valeur.

Une grâce absolument parfaite ne peut souffrir aucune défaillance ni aucune diminution de ses effets. Or ce serait une défaillance de la grâce dans le Christ et une diminution de ses effets de demeurer comme prisonnière dans Icssence de l'âme et empêchée d'envahir ses puissances. Une atteinte préjudiciable serait également portée à cette grâce si, parmi les puissances du Christ, une seule de celles qui sont capables par nature d'être ornées de vertus en était privée. Atteinte préjudiciable encore, et la plus contraire de toutes à la perfection souveraine de cette grâce, si, communiquée à toutes

(1) Cf. s. Th., qq. disp. de Verit., q. XXVII, art. 5, ad 17-.

t.A GRACE SANCTIFIANTE DU CllIîlST 67

les puissances du Christ, elle ne l'était point sous la forme idéale, sous la forme héroïque.

Quand nous disons que Jésus eut toutes les vertus, cela s'entend évidemment de toutes celles que requiert et qu'admet Télat du Verbe Incarné, c'està-dire d'un être tout à la fois en marche vers Dieu (pendant sa vie terrestre, l'humanité du Christ n'était point encore glorifiée), et au terme delà voie qui mène à Dieu (dès sa vie terrestre, le Christ jouissait de la \:ision béatifîque). 11 ne s'agit donc pas de la plénitude numérique de toutes les vertus. Parmi celles-ci, il en est, en efîet, qui supposent l'imperfection inhérente à notre état d'àmes en route, par exemple la foi au Dieu qu'on ne contemple pas encore, ou l'espérance au Dieu qu'on ne possède pas encore. D'autres, en plus des imperfections de l'état d'acheminement vers Dieu, supposent les actes et l'état antérieur du péché, par exemple la pénitence. 11 est bien certain que le Christ ne fut pas pénitent au sens propre de la dette de justice à acquitter, qui est l'essentiel de cette vertu de pénitence pour nous, bien que, par une substitution de son infinie charité, il voulut être l'expiateur chargé de notre dette et souffrant pour nous.

Quant aux vertus morales qui modèrent les passions de l'âme, il est évident que le Verbe fait chair ne les eut pas sous la forme militante qui leur

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est propre dans notre vie où « la chair convoite contre l'esprit (1). « Il neut pas à se contenir; mais cependant il se dominait, il se possédaitdans un parfait empire de sa raison sur ses sens. — Il n'eut pas non plus à exercer certains actes et certaines formes de vertus que requièrent divers états de la vie humaine, et qui ne furent pas les états de sa vie à lui. Par exemple, il n'eut pas à faire acte de magnificence. La magnificence est la vertu des riches qui savent grandement et généreusement dépenser : lui, il fut pauvre. Et néanmoins, observe linement Cajetan. dans cette pauvreté même, il fui souverainement dégagé de toute servitude de lor, ttt n'est-ce pas là le principe même de la magnificence (2) ?

Avec la grâce sanctifiante et les vertus surnaturelles, Dieu apporte encore dans l'âme où il vient se fixer comme hôte et comme ami le « septénaire sacré » dont parle la liturgie de la fête de la Pentecôte, les dons du Saint-Esprit. Les dons du Saint-Esprit sont des qualités permanentes (jui perfectionnent l'âme et la disposent à obéir avec facilité aux inspirations et mouvements de Dieu lui-même (3). Sous l'influence des vertus, le juste agit bien surnaturellement, mais d'une manière

(1) 1 Pierre, II, 11. - (2) Comment, in art. 6, q. VII, III-P. Sum. Theol. — (3) Cf. S. Th., I» II», q. LXVIII, arl. 3.

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