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358 LE CHRIST DANS SES MYSTÈRES aimé soit en eux, et que je sois moi aussi en eux SE
Comment ces sublimes vérités de notre foi ne feraientelles pas naître en nous une inébranlabie confiance ? Ames de peu de foi, que pouvons-nous craindre ? Que ne pouvons-nous pas espérer ? Jésus prie pour nous, toujours ! « Quoi, disait S. Paul, jadis, ie sang imparfait des victimes d'animaux purifiait la chair de ceux qui en étaient aspergés ; et le sang du Christ, qui s’est offert lui-même sans tache à Dieu, ne purifierait pas notre conscience des œuvres du péché, afin que nous puissions servir le Dieu vivant »°?
Ayons donc une confiance absolue dans le sacrifice, les mérites et la prière de notre pontife. Il a pénétré aujourd’hui dans les cieux ; il inaugure, avec son triomphe, son incessante médiation ; il est le Fils bien aimé en qui le Père met ses complaisances; comment ne serait-il écouté, après avoir manifesté à son Père, par son sacrifice, un tel amour ? Exauditus est pro sua reverentia *.
O Père, regardez votre Fils; regardez ses plaies : Respice in faciem Christi tui ; et par lui, en lui, donneznous d’être un jour où il est, afin que par lui aussi, en lui et avec lui, nous vous rendions tout honneur et toute gloire !
Lorsque vous communierez durant ces saints jours, laissez aller votre âme à ces pensées de joie et de confiance.
En vous unissant à Jésus-Christ, vous vous incorporez à lui ; il est en vous, et vous en lui ; vous êtes en face du Père. Sans doute vous ne voyez pas ; mais, par la foi, vous vous savez devant Dieu avec Jésus qui vous présente à lui ; vous êtes avec lui dans le sein du Père, dans
1. Joan. XVII, 9, 11, 13, 24, 26. — 2. Hebr. IX, 13-14. — 3. Ibid. NUE
le sanctuaire de la divinité. C’est là, pour nous, la grâce profonde de l’ascension : de participer, dans la foi, à l'intimité ineftfable que le Christ Jésus possède au ciel avec son Père.
Il est raconté dans la vie de sainte Gertrude qu’un jour, en la solennité de l’ascension, lorsqu'elle reçut la sainte hostie de la main du prêtre, elle entendit Jésus lui dire: « Me voici; je viens, non pour te dire adieu, mais pour {emmener avec moi au ciel, et te présenter à mon Père »'. — « Appuyée sur Jésus, notre âme est puissante, parce que le Christ lui fait part de toutes ses richesses et de tous ses trésors » : Quae est ista quae ascendit de deserto, deliciis affluens innixa super dilectum suum°? Ne craignons donc jamais, malgré nos misères et nos faiblesses, de nous approcher de Dieu ; par la grâce du Sauveur, et avec lui, nous pouvons être toujours dans le sein de notre Père des cieux.
Appuyons-nous sur le Christ Jésus, non seulement dans la prière, mais dans tout ce que nous faisons. Et nous serons forts. Si « sans lui nous ne pouvons rien » : Sine me, nihil potestis facere*, « avec lui, nous pouvons tout »: Omnia possum in eo qui me confortat*. Nous trouvons en lui, avec la source d’une grande confiance, le motif le plus efficace de la fidélité et de la patience au milieu des tristesses, des contrariétés, des épreuves, des souffrances que nous devons subir ici-bas jusqu’à la fin de notre exil.
Au moment de terminer sa vie mortelle, Jésus adresse à son Père pour ses disciples qu’il quittera bientôt, une prière touchante : « Père saint, lorsque j'étais avec eux je les gardais moi-même ; maintenant que je vais retourner auprès de vous, je vous prie, non de les enlever de ce monde, mais de les garder du mal » : Cum essem cum eis, ego servabam eos ; nunc autem ad te venio ; non rogo ut tollas eos de mundo, sed ut serves eos a malo*.
Quelle sollicitude toute divine se traduit dans cette
1. Le Héraut de l’amour divin. L. IV, ch. XXXVI. — 2. Cant. VIII, 5. —13.. Joan. XV, 5. — 4. Philipp. IV, 13. — 5. Joan. XVII, 12-13, 15.
prière! Notre-Seigneur l’a dite pour nous tous. Et l'Église, qui entre toujours dans les sentiments de son Époux, s’en est inspirée dans la « secrète » de la messe de l’ascension. « Recevez, Seigneur, les dons que nous vous offrons en mémoire de l’ascension glorieuse de votre Fils, daignez nous délivrer des périls de la vie présente, et nous faire parvenir à la vie éternelle, par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur »". Pourquoi cette prière de Jésus, reprise par l’Église ?
Parce qu'il y a des obstacles qui nous empêcheni d'aller à Dieu ; et ces obstacles se résument tous dans le péché qui nous détourne de Dieu. Notre-Seigneur demande que nous soyons délivrés du mal, c’est-à-dire du péché qui, en nous éloignant de son Père des cieux, est le seul mal véritable : Ut serves eos a malo. Laissés à nous-mêmes, à notre infirmité native, nous ne pouvons éviter ces obstacles ; mais nous le pourrons, si nous nous appuyons sur le Christ. Il monte aujourd’hui au ciel, victorieux de Satan et du monde : Confidite, ego vici mundum”*... Princeps mundi hujus in me non habet quidquam*. Il entre, comme un pontife tout-puissant, dans le sanctuaire divin : Per hostiam suam apparuit*. Par la communion, Notre-Seigneur nous donne part à sa puissance et à son triomphe. C’est pourquoi nous devons loue nous appuyer sur lui.
Avec le Christ, offrant pour nous ses mérites à son Père, il n’y a pas de tentation que nous ne puissions vaincre, pas de difficulté que nous ne puissions surmonter, pas d’adversité que nous ne puissions supporter, pas de joie insensée dont nous ne puissions nous détacher. En attendant que nous rejoignions Jésus dans les cieux, ou plutôt qu’il nous y attire lui-même, puisqu'il « nous y prépare une place », vivons-y, par la foi en la puissance illimitée de sa prière et de son crédit, par l’espé-
1. Suscipe, Domine, munera quae pro Filii tui gloriosa ascensione deferimus ; et concede propitius ut a praesentibus periculis liberemur, et ad vitam perveniamus aeternam. Per eumdem D. N. J. C. — 2. 1e XVI, 33. — 3. Ibid, XIV, 30. — 4 Hebr. IX, 26. *
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rance de partager un jour sa félicité, par l'amour qui nous livre joyeusement et généreusement au fidèle et entier accomplissement de sa volonté et de son bon plai- # sir’: c’est ainsi que nous participerons pleinement à cet admirable mystère de la glorieuse ascension de Jésus : Ipsi quoque mente in caelestibus habitemus. ee à | CU É PT el « Ÿ > ns Darerar nos tibi semper et devotam gerere voluntatem et majestati tuae , RAT | sincero corde servire. Oraison du dimanche dans l’octave de l’Ascension. . r "+ ) É ; Ë Nr tal | | LPS E : 1 0 + a [ “42h 4 , NA "à à Bts " # 4 n vs €:
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(Pentecôte)
SOMMAIRE. — En quoi la mission visible du Saint-Esprit aux apôtres rentre dans le cycle des mystères de Jésus. — L Ce que le Saint-Esprit est dans la Trinité. — II. Raisons pour lesquelles la descente de l’Esprit-Saint sur les
disciples n’a lieu qu'après l’Ascension. — IIL L'œuvre du divin Paraclet dans l’âme des apôtres : il les remplit de vérité, d'amour, de force et de consolation. — IV. L’as-
semblée des disciples au cénacle représente l’Église tout entière ; action merveilleuse et incessante de l’Esprit- Saint dans l’Église : la Pentecôte dure toujours. — . V. Opérations de l'Esprit dans nos âmes ; nos devoirs envers lui.
« Si vous m'aimiez, disait le Christ Jésus à ses apôtres, vous vous réjouiriez de ce que je vais à mon Père » : Si diligeretis me, gauderetis utique quia vado ad Patrem. À
Pour ceux qui aiment le Christ, l'ascension est, en effet, une source inépuisable de joie. C’est la glorification suprême de Jésus au plus haut des cieux : c’est la réalisation de cette prière du Christ : « Père, glorifiez-moi, de cette gloire que j'ai eue en vous avant que le monde fût »: Clarifica me, tu, Pater, apud temetipsum, claritate quam habui, priusquam mundus esset, apud te? Nous sommes dans l’allégresse en contemplant Jésus, Fils de Dieu, notre rédempteur et notre chef, assis à la droite de son Père, après avoir rempli ici-bas, dans les abaissements de son incarnation et les humiliations de sa mort, sa mission de salut.
D LOaN XIV SE NT bi. RATES:
Mais Notre-Seigneur ne disait pas seulement à ses disciples : « Mon ascension doit vous réjouir » ; il ajoutait : « Elle doit aussi vous être utile ». Veritatem dico : expedit vobis ut ego vadam ; si enim non abiero, Paraclitus non veniet ad vos; si autem abiero, mittam eum ad vos': « Je vous dis la vérité : il vous est bon que je m’en aïlle ; car si je ne m'en vais pas, le Consolateur ne viendra pas à vous ; mais si je m'en vais, je vous l’enverrai ».
Toutes les paroles du Verbe incarné sont, comme il le dit lui-même, « esprit et vie »: Verba quae ego locutus sum vobis, spiritus et vita sunt*. Elles sont graves et profondes, parfois mystérieuses ; il y en a qui sont difficiles à comprendre .et qu'on n’approfondit bien que dans la prière. La parole de Jésus que nous venons d'entendre au sujet de son départ de la terre est de celles-là.
Expedit vobis ut ego vadamm : « I1 vous est utile que je m'en aille ». — Quoi donc! comment peut-il être bon aux apôtres que Jésus s’en aille, qu’il les quitte pour remonter à son Père? N’est-il pas pour eux la source de tous les biens, la cause de toute grâce ? N'est-il pas « la voie, la vérité, la vie »°? N'a-t-il-pastdit :netPer-sonne ne peut venir au Père si ce n'est par moi >‘? Comment donc peut-il être utile aux apôtres que Jésus les quitte ?
N'auraient-ils pas pu lui répliquer en toute vérité : O divin Maître, ne parlez pas ; nous n'avons besoin de personne d'autre que de vous, vous nous suffisez ; Ad quem ibimus 2 Avec vous n’avons-nous pas toutes les grâces ? « Demeurez donc avec nous ». Mane nobiscum "
Mais la parole du divin Maître est formelle : « Je vous dis la vérité »: Veritatem dico ; « je ne puis demeurer davantage, il est temps que je retourne à mon Père, et il vous est avantageux que je vous quitte ». Pourquoi cela ? « Pour que je puisse vous envoyer l'Esprit-Saint ».
C'est ici le mystère, et c'est ce mystère que nous allons
1. Joan. XVI, 7. — 2. Ibid. VI, 64 — 3. Ibid. XIV, 6. — 4. Ibid. — $. Ibid. VI, 69. — 6. Luc. XXIV, 29.
contempler, pour autant que cela nous est possible ; car tout en ceci est surnaturel, et la foi seule peut nous guider.
Bien que dans cet entretien, il soit constamment question du Saint-Esprit, nous allons voir que la mission visible de cet Esprit aux disciples — mission qui constitue l’objet propre de la solennité de la Pentecôte, — appartient à Jésus, dans sa nature divine, (comme elle appartient aussi au Père), et qu’elle rentre, de ce chef, dans le cycle de ses mystères.
D'abord parce que le Christ Jésus a prié pour cette mission ; il en fait l’objet d’une demande toute particulière. — Notre-Seigneur disait à ses disciples à la dernière cène : « Je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, l'Esprit de vérité, pour qu’il demeure toujours avec vous » :.
Ensuite, Jésus a promis à ses apôtres de leur envoyer cet Esprit. — « Lorsque le Consolateur que je vous enverrai d’auprès du Père sera venu, l'Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage de moi »... « Si .je m'en vais, je vous enverrai le Consolateur »?
Il a de plus mérité cette mission. — Par sa prière comme par son sacrifice, le Christ Jésus a obtenu de son Père que l'Esprit de vérité, d'amour, de force et de consolation leur fût donné. Toute grâce est le prix de la prière et de l’immolation du Sauveur ; comme cela se vérifie admirablement dans la venue de cet Esprit, si puissant et si plein de bonté que Jésus lui-même le proclame son égal, en qui les apôtres trouveront un autre lui-même !
Enfin et surtout l'envoi de l'Esprit-Saint aux apôtres n'a d'autre but, comme vous le savez, que d'achever l'établissement de l'Église. — Jésus avait fondé cette Église sur Pierre, mais il a voulu laisser à l'Esprit-Saint (nous verrons tantôt pourquoi) le soin de la perfectionner. Avant son ascension, en effet, se trouvant à table