‹ Le Christ dans ses mystèresChapitre 106 sur 134 · Antienne des Il*s Vêpres de l’Ascension · texte numérisé non relu

Antienne des Il*s Vêpres de l’Ascension

Jérusalem » ; envoyez-le en nous, in nos, pour qu’il demeure éternellement !

L'Église prie comme si la Pentecôte devait se renouveler pour nous ; elle répète cette prière chaque jour de l’octave de l’Ascension ; puis, au jour de la solennité de la Pentecôte, elle multiplie ses louanges à l’adresse de l'Esprit en un langage plein de poésie et de richesse : elle l’invoque avec une insistance sans pareille et les plus émouvants accents : « Venez, Esprit-Saïint, remplissez les cœurs de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour‘. Venez, et lancez sur nous du haut du ciel un rayon de votre lumière ! O lumière toute bienheureuse, remplissez de vos clartés jusqu’au plus intime des cœurs de vos fidèles * ! Fontaine vive, feu ardent, amour, onction toute spirituelle, venez ! Versez la lumière dans nos esprits, répandez la charité dans nos cœurs, affermissez de votre force incessante notre faiblesse »* !...

Si l’Église, notre mère, met ces désirs dans nos âmes et ces prières sur nos lèvres, ce n’est pas seulement pour commémorer le souvenir de la mission visible qui se fit au Cénacle, mais encore pour que ce mystère se renouvelle en nous tous d’une manière intérieure.

Répétons avec l’Église ces ardentes aspirations. Demandons surtout au Père céleste de nous envoyer cet Esprit. Par la grâce sanctifiante, nous sommes ses enfants ; or, c’est cette qualité d'enfants qui pousse le Père à nous combler de ses dons. C’est parce qu'il nous aime comme ses enfants qu'il nous donne son Fils ; la communion est « le pain des enfants » : Panis filiorum* ; c'est encore parce que nous sommes ses enfants qu’il nous envoie son Esprit, qui est un de ses dons les plus parfaits : Donum Dei altissimi”. Que nous dit, en effet, S. Paul? Quoniam estis fili, misit Deus Spiritum Filii sui in corda vestra® : « Parce que vous êtes ses enfants, Dieu a envoyé dans vos cœurs l'Esprit de son Fils » ; il

r. Verset de l’Alleluia de la messe. — 2. Séquence Veni Sancte Spiritus. — 3. Hymne Veni Creator. — 4. Séquence Lauda Sion. — 5. Hymne Veni Creator. — 6. Gal. IV, 6.

est l'Esprit du Fils, parce qu’il procède du Fils comme du Père, et que le Fils l'envoie en même temps que le Père. C’est pourquoi, dans la Préface de la Pentecôte, nous chantons : « Il est vraiment digne et juste... que nous vous rendions grâces, Seigneur saint, Père toutpuissant, Dieu éternel, par le Christ Notre-Seigneur, qui, étant monté au-delà des cieux et s'étant assis à votre droite, répand en ce jour sur les enfants de l’adoption l'Esprit-Saint qu’il avait promis » : Promissum Spiritum Sanctum hodierna die in filios adoptionis effudit.

Ainsi donc, c’est à tous les enfants d'adoption, à tous ceux qui sont les frères de Jésus par la grâce sanctifiante que l’Esprit-Saint est donné. Et parce que ce don est divin et contient tous les dons les plus précieux de vie et de sainteté, son effusion en nous, — effusion qui s’est manifestée si abondante au jour de la Pentecôte — est « une source de joie qui remplit d’allégresse le monde entier » : Quapropter, profusis gaudiis, totus in orbe terrarum imundus exsultat”.

Vous me direz peut-être : « N’avons-nous pas déjà reçu l’Esprit-Saint au baptême, et plus spécialement encore dans le sacrement de confirmation » ?

Assurément ; mais nous pouvons toujours le recevoir plus abondamment ; nous pouvons toujours recevoir de lui des lumières plus vives, des forces plus puissantes ; il peut toujours faire jaillir en nos cœurs des sources plus profondes de consolation, les embraser d’un amour plus ardent.

Et cette opération féconde de l'Esprit en nous peut se renouveler non seulement durant les saints jours de Pentecôte, mais. encore chaque- fois que nous recevons un sacrement, une augmentation de la grâce, car il ne fait qu’un avec le Père et le Fils : Ad eum veniemus, et mansionem apud eum faciemus *. à

Page 1