‹ Le Christ dans ses mystèresChapitre 112 sur 134 · Symbole attrihué à S. Athanase. — 2. Prov. XXIII · texte numérisé non relu

Symbole attrihué à S. Athanase. — 2. Prov. XXIII

tère de Jésus, tant il était ébloui des richesses incommensurables qu’il renfermait. Il aurait pu en dire autant de l'amour du cœur de Jésus pour nous ; il l’a dit d’ailleurs, quand il a proclamé que « cet amour surpassait toute science » ‘.

Et, en effet, nous n’épuiserons jamais les trésors de tendresse, d’amabilité, de bienveillance, de charité dont le cœur de l Homme-Dieu est l’ardent foyer. Nous n’avons qu’à ouvrir l'Évangile ; nous verrons à chaque page éclater la bonté, la miséricorde, la condescendance de Jésus à l'égard des hommes. J'ai tâché, en vous exposant quelques aspects de la vie publique”, de vous montrer ce que cet amour a de profondément humain, d’'infiniment délicat.

Cet amour du Christ n’est pas une chimère, il est bien réel, car il se fonde sur la réalité de l’incarnation ellemême. La Vierge Marie, S. Jean, Madeleine, Lazare le savent bien. Ce n’était pas seulement un amour de volonté, mais aussi de sentiment. Quand le Christ Jésus disait : « J'ai pitié de la foule »*, il a senti réellement la compassion remuer les fibres de son cœur d'homme ; quand il voyait Marthe et Madeleine pleurer leur frère, il a pleuré avec elles : larmes bien humaines, jaillissant de l’émotion qui étreignait son cœur. C’est pourquoi les Juifs témoins de ce spectacle se disaient : « Voyez donc à quel point il l’aimait »°!

Le Christ Jésus ne change pas. Il était hier, il est aujourd'hui, il demeure dans le ciel le cœur le plus aimant et le plus aimable qui se puisse rencontrer. S. Paul nous dit en propres termes que nous devons avoir pleine confiance en Jésus parce qu’il est un pontife compatissant qui connaît nos souffrances, nos misères, nos infirmités, ayant lui-même épousé nos faiblesses, — sauf le péché. Sans doute, le Christ Jésus ne peut plus souffrir : Mors ülli ultra non dominabitur* ; mais il reste celui qui a été ému de compassion, qui a souffert, qui a

1. Ephes, III, 14-19. — 2. Voir plus haut, p. oo0o sq. — 3. Matth. XV, 32; Marc. VIII, 2 — 4. Joan. XI, 36. — 5. Rom. VI, 0.

racheté les hommes par amour : Dilexit me et tradidit semetipsum pro me.

Cet amour humain de Jésus, cet amour créé, où puisaitil sa source ? d’où dérivait-il ? De l’amour incréé et divin, de l'amour du Verbe éternel auquel la nature humaine est indissolublement unie. Dans le Christ, bien qu’il y ait deux natures parfaites et distinctes, gardant leurs énergies spécifiques et leurs opérations propres, il n’y a qu’une personne divine. Je vous l’ai dit : l'amour créé de Jésus n’est qu’une révélation de son amour incréé. Tout ce que l’amour créé accomplit, ce n’est qu’en union avec l'amour incréé et à cause de lui : le cœur du Christ allait puiser sa bonté humaine dans l’océan divin‘.

Sur le calvaire, nous voyons mourir un homme comme nous, qui à été en proie à l’angoisse, qui a souffert, qui a été brové sous les tourments, plus qu'aucun homme ne le sera jamais : nous comprenons l’amour que cet homme nous montre. Mais cet amour qui, par ses excès dépasse notre science, est l'expression concrète et tangible de l'amour divin. Le cœur de Jésus percé sur la croix nous révèle l'amour humain du Christ ; mais derrière le voile de l'humanité de Jésus se montre l’ineffable et incompréhensible amour du Verbe.

Quelles larges perspectives nous ouvre cette dévotion ! Comme elle est de nature à attirer l’âme fidèle ! Car elle lui donne le moyen d’honorer ce qu’il y a de plus grand, de plus élevé, de plus efficace dans le Christ Jésus, Verbe incarné : l'amour qu’il porte au monde et dont son cœur est la fournaise.

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L'amour est actif : de sa nature, il est débordant. En Jésus, il ne pouvait être pour nous qu’une source intarissable de dons.

1. « Dans le Sacré-Cœur vous trouverez le symbole et l’image sensible de la charité infinie de Jésus-Christ, de cette charité qui nous porte à laimer en retour ». Léon XIII, Bulle Annum sacrum, 25 mai 1890.

Dans l’oraison de la fête du Sacré-Cœur, l’Église nous invite à « repasser par la pensée les principaux bienfaits que nous devons à l’amour du Christ Jésus » : Praecipua in nos caritatis ejus beneficia recolimus. Cette contemplation est un des éléments de la dévotion au Sacré- Cœur. Comment honorer un amour dont nous ignorons les manifestations ?

Cet amour, avons-nous dit, est l’amour humain de Jésus, révélation de.l’amour incréé. À cet amour incréé, qui est commun au Père et à l’Esprit-Saint, nous devons tout. Il n’est pas de don qui ne trouve en lui son principe le plus profond. Qui a tiré les êtres du néant ? L'amour. Nous le chantons dans l’hymne de la fête’ : « la terre, la mer, les astres sont l’œuvre de l’amour » :

Ille amor almus artifex

Terrae marisque et siderum.

Plus encore que la création, l’Incarnation est due à l'amour. « C’est lui qui a fait descendre le Verbe des splendeurs des cieux pour l’unir à une nature faible et mortelle » :

Amor coegit te tuus Mortale corpus sumere.

Mais les bienfaits que nous devons surtout nous rappeler, c’est la rédemption par la passion, l'institution des sacrements, surtout de l’Eucharistie. C’est à l'amour humain de Jésus autant qu’à son amour incréé que nous les devons.

Nous avons vu, en contemplant ces mystères, quel amour profond et ardent ils traduisent. Notre-Seigneur disait lui-même : « Il n’y a pas de plus grand acte d’amour que de donner sa vie pour ses amis ». Il est allé jusque-là ; bien des vertus éclatent dans cette passion bénie, mais nulle n’y atteint l'apogée comme l'amour. Il

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