‹ Le Christ dans ses mystèresChapitre 12 sur 134 · Ê III · texte numérisé non relu

Ê III

Cette contemplation des mystères de Jésus ne produira pourtant en nous de si grands fruits que si nous y apportons certaines dispositions, qui peuvent se ramener à trois : La foi, la révérence et l'amour.

La foi est la disposition primordiale pour nous mettre en contact vital avec le Christ.

Ce sont des mystères que nous célébrons, c’est-à-dire des signes humains et visibles d’une réalité divine et cachée. Pour comprendre, pour toucher cette réalité, il

1. Voir, à la fin de cette conférence, une citation, trop longue pour être donnée ici, d’un des maîtres de la vie spirituelle.

faut la foi. Le Christ est en même temps Dieu et homme ; en lui l'humain est toujours à côté du divin.

Dans chacun de ces mystères, nous verrons apparaître l'homme et le Dieu ; souvent même, comme dans la nativité, dans la passion, la divinité se cache plus que d’ordinaire ; pour la saisir, pour percer le voile et parvenir jusqu’à elle ; pour voir Dieu dans l'enfant couché dans la crèche, dans le « maudit >‘ suspendu au gibet du Calvaire, sous les apparences eucharistiques, il faut la foi : Praestet fides supplementum sensuum defectui*.

Sans la foi nous ne pénétrerons jamais dans le fond des mystères de Jésus ; mais, avec elle, nous n’avons rien à envier aux contemporains du Christ. Nous ne voyons pas Notre-Seigrreur comme le voyaient ceux qui vivaient avec lui, mais la foi nous donne de le contempler et de demeurer avec lui, unis à lui d’une façon non moins efficace que pour ceux qui étaient ses contemporains. Nous disons parfois : Oh! si j'avais vécu de son temps, si j'avais pu le suivre avec la foule, avec les disciples, le servir comme Marthe, l’écouter à genoux comme Madeeine ! — Mais il a dit : BEATI qui non viderunt et crediderunt*, « Bienheureux ceux qui ne m'ont pas vu et qui ont cru en moi ». Pourquoi « bienheureux » ? Parce que le contact avec le Christ dans la foi n’est ni moins fécond pour nos âmes ni surtout moins glorieux pour Jésus, à qui nous rendons cet hommage de croire en lui sans l'avoir vu. Nous n’avons rien à envier aux disciples qui ont vécu avec lui. Si nous avons la foi, nous demeurerons aussi unis à Jésus que pouvaient le faire ceux qui l'ont vu de leurs yeux et touché de leurs mains.

J'ajouterai même ceci : c’est la mesure de cette foi qui fixe, quant à nous, le degré de notre participation à la grâce de Jésus contenue dans ses mystères. — Voyez ce qui se passait durant sa vie terrestre : ceux qui vivaient avec lui, qui avaient avec lui un contact matériel, comme les bergers et les mages à la crèche, les apôtres et les Juifs durant les années de sa vie publique, S. Jean et

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