I Thess, IV, 3 — 2, Matth, V, 48 — 3; Isa, XIV
jusqu’à Dieu même ; c’est uniquement par vous que nous pouvons arriver à ce divin sommet. J'aspire, de toutes les énergies de mon âme, à cette sublimité à laquelle votre Père nous a prédestinés ; je désire ardemment, comme vous lavez demandé pour nous, partager votre gloire elle-même, participer à notre propre joie de Fils de Dieu ; j'aspire à cette suprême félicité, mais uniquement par vous ? je désire que mon éternité se passe à chanter vos louanges et à répéter sans cesse avec les élus: Redemisti nos, Domine, in sanguine tuo. Oui, Seigneur, c’est vous qui nous avez sauvés, c’est votre sang précieux répandu sur nous qui nous a fait ouvrir les portes de votre royaume et préparé une place dans l’incomparable société de vos saints ; à vous louange, honneur et gloire, à jamais » |!
Une âme qui vit toujours dans ces sentiments d’humilité et de confiance donne une grande gloire ‘au Christ Jésus, parce que toute sa vie est l’écho de la parole même du Sauveur: « Sans moi vous ne pouvez rien faire >; parce qu’elle proclame qu’il est la source de tout salut et de toute sainteté, et qu’elle lui rapporte toute gloire.
« O Dieu, dirons-nous avec l’Église, dans une de ses plus admirables prières, je crois que vous êtes tout-puissant, que votre grâce est aussi efficace pour m'élever, tout misérable que je suis, à un haut degré de sainteté ; je crois que vous êtes également la miséricorde infinie, et que, si je vous ai quitté souvent, votre amour plein de bonté ne m'abandonne jamais ; c’est de vous, Ô mon Dieu, Père céleste, que descend tout don de perfection ; c'est votre grâce qui fait de nous des serviteurs fidèles qui vous sont agréables par des œuvres dignes de votre majesté et de votre louange ; faites que, détaché de moi-même et des créatures, je puisse courir sans obstacle dans cette voie de la sainteté, où votre Fils, comme un géant, nous précède ; afin que par lui et avec lui, je parvienne à la félicité que vous nous avez promise »’!
1. Ommnipotens et misericors Deus, de cujus munere venit ut tibi a
Les saints vivaient de ces vérités ; c’est pourquoi ils sont parvenus au sommet où nous les contemplons aujourd’hui. La différence qui existe entre eux et nous ne naît pas de la plus grande somme de difficultés que nous avons à vaincre, mais de l’ardeur de leur foi dans ja parole de Jésus-Christ et dans la vertu de sa grâce comme aussi de leur plus ardente générosité. Nous pouvons, si nous le voulons, recommencer l'expérience : le Christ demeure toujours le même, aussi puissant, aussi magnifique dans la distribution de sa grâce ; ce n’est qu’en nous-mêmes qu’il trouve des obstacles à l’effusion de ses dons.
Ames de.peu de foi, pourquoi doutons-nous de Dieu, de notre Dieu ? .
Quelles conclusions pratiques tirerons-nous de ces bienfaisantes vérités de notre foi ?
D'abord nous devons -célébrer de tout notre cœur les solennités des saints. — Honorer les saints, c’est proclamer qu’ils sont la réalisation d'une pensée divine, des chefs-d’œuvre de la grâce de Jésus. Dieu met en eux ses complaisances, parce qu’ils sont les membres déjà glorieux de son Fils bien-aimé ; ils font déjà partie de ce royaume resplendissant conquis par Jésus pour la gloire de son Père : Et fecisti nos Deo nostro regnum:.
Nous devons ensuite les invoquer. Sans doute, le Christ Jésus est notre unique médiateur : « Un Dicu, un médiateur de Dieu et des hommes »°, dit S. Paul ; nous n'avons d'accès au Père que par lui. Le Christ pourtant, non pour diminuer sa médiation mais pour l’étendre, veut que les princes de la cour céleste lui offrent nos vœux, que lui-même présentera à son Père.
fidelibus tuis digne et laudabiliter serviatur, tribue qguacsumus mnobis : ut ad promissiones tuas sine offensione curramus. Oraïison de la messe du XIIe dimanche après la Pentecôte,