Ps. CIX, 3 — 2. Marc. I, xx ; Luc. III
quoi il est un avec son Père : Ego et Pater unum sumus*.
Enfin ce Fils bien-aimé, égal au Père, distinct pourtant de lui, et comme lui, personne divine, ne quitte point le Père. Le Verbe vit toujours dans l'intelligence infinie qui le conçoit ; le Fils demeure toujours dans le sein du Père qui l’engendre : Unigenitus Dei Filius qui EST in sinu Patris. Il y demeure par l’unité de nature Ii y demeure aussi par l’amour qu’ils se portent mutuellement et d’où procède, comme d’un principe unique, l’Esprit-Saint, amour substantiel du Père et du Fils.
Vous voyez quel est l’ordre mystérieux des communications ineffables de la vie intime de Dieu dans la Trinité. — Le Père, plénitude de toute vie, engendre un Fils ; du Père et du Fils, comme d’un seul principe, procède l’'Esprit d'amour. Tous trois ont la même éternité, la même infinité de perfection, la même sagesse, la même puissance, la même sainteté, parce que la nature divine est unique pour les trois personnes. :
Maïs chaque personne possède des propriétés exclusives — « être Père, être Fils, procéder du Père et du Fils >» — qui établissent entre elles d’ineffables relations et les distinguent les unes des autres. Il y a un ordre d’origine, sans qu’il y ait ni priorité du temps, ni supériorité hiérarchique, ni relation de dépendance.
Tel est le langage de la Révélation ; nous n’eussions pu arriver à la connaissance de ces choses, si elles ne nous avaient pas été dévoilées ; mais le Christ Jésus a voulu, pour l’exercice de notre foi et la joie de nos âmes, nous les faire connaître”. Quand, dans l'éternité, nous contemplerons Dieu, nous verrons qu’il est essentiel à la vie infinie, qu’il est naturel à l’Être divin d’être un en trois personnes. « Le vrai Dieu qu’il nous faut connaître
1. Joan. X, 30. — 2. « Pourquoi se jeter dans ces abîmes ? Pourquoi Jésus-Christ nous les a-t-il découverts ? Pourquoi y revient-il si souvent ? Et pouvons-nous ne pas nous arrêter à ces vérités, sans oublier la sublimité de la doctrine chrétienne ? Mais il faut s’y arrêter en tremblant, il faut s’y arrêter par la foi: il faut en écoutant Jésus-Christ, et ses paroles toutes divines, croire que c’est d’un Dieu qu’elles viennent ; et
pour avoir la vie éternelle »* est celui dont nous adorons la trinité de personnes dans l’unité de nature.
Venez ! adorons cette merveilleuse société dans l'unité, cette admirable égalité de perfection dans la distinction des personnes. — O Dieu, Père d’une incommensurable majesté, Patrem immensae majestatis, je vous adore ; j'adore votre Fils, car il est comme vous digne de toute révérence, étant votre vrai Fils unique, Dieu comme vous: Venerandum tuum verum et unicum Filium ; Ô Père, Ô Fils, j'adore votre commun Esprit, votre éternel lien -— d'amour : Sanctum quoque Paraclitum Spiritum. Bienheureuse Trinité, je vous adore !
Arrêtons maintenant les regards de notre foi sur le Verbe, le Fils, pour connaître et admirer quelques-unes de ses propriétés. C’est le Fils qui, né éternellement du Père, doit naître dans le temps d’une vierge pour devenir l'Homme-Dieu et réaliser les mystères de notre salut. Comment l’imiter, lui demeurer uni, sans d’abord le connaître ?
Dans la Trinité sainte, le Fils se distingue du Père par sa propriété d’ « être Fils ».
Quand nous disons d’un homme qu’il est tel fils, nous établissons deux choses différentes : sa nature humaine individuelle et sa qualité de fils. Il n’en est pas ainsi dans la Trinité. Le Fils est réellement identifié avec la nature divine (qu’il possède d’une façon indivisible avec le Père et l’Esprit-Saint) ; ce qui le distingue de la personne du Père, ce qui constitue proprement sa personnalité, ce n’est pas d’être Dieu, maïs d’être Fils ; et en tant que personne divine, il n’est que Fils, tout entier Fils, et cela
croire aussi en même temps que ce Dieu d’où elles viennent, vient luimême de Dieu, et qu’il est Fils ; et à chaque parole que nous entendons, il faut remonter jusqu’à la source, contempler le Père dans le Fils, et le Fils dans le Père ». Bossurr, Méditations sur l'Évangile, la Cène, 1° partie, 86e jour.