‹ Le Christ dans ses mystèresChapitre 21 sur 134 · Ps. CXLVIIL · texte numérisé non relu

Ps. CXLVIIL

54 LE CHRIST DANS SES MYSTÈRES ; qui nous rend enfants de Dieu se réalise par le Fils, par le Verbe.

Cette vérité est une de celles sur lesquelles S. Paul revient le plus fréquemment. Comme saint Jacques, il proclame que toutes les bénédictions viennent du Père et qu’elles se ramènent au décret de notre adoption en Jésus-Christ, son Fils bien-aimé. Dans le plan éternel, nous ne devenons enfants de Dieu qu’en Jésus-Christ, Verbe incarné : Elegit nos in ipso’. Le Père ne nous reconnaîtra pour ses enfants que si nous portons en nous les traits de son Fils Jésus : Praedestinavit [nos]... conformes fieri imaginis Filii sui”. En sorte que ce n’est qu’en qualité de cohéritiers du Christ que nous devons être un jour én sinu Patris.

Voilà le décret divin. — Regardons maintenant la réalisation, dans le temps, de cet éternel dessein, ou plutôt la manière dont a été restauré le plan divin, que le péché d'Adam avait traversé.

Le Verbe éternel se fait chair. Le Psalmiste dit de ce Verbe « qu’il s’est élancé comme un géant pour accomplir sa course : Exsultavit ut gigas ad currendam viam. C’est du plus haut des cieux qu’il surgit : À summo caelo egressio ejus ; et c’est jusqu’à ce sommet sublime qu'il remonte »: Ef occursus ejus usque ad summum ejus*. Cette egressio a summo caelo, c’est la naissance éternelle au sein du Père : Exivi a Patre ; son retour, c’est son ascension vers le Père : Relinquo mundum, et vado ad Patrem*.

Mais il ne remonte pas seul. Ce géant s’est mis à la recherche de l'humanité perdue ; il l’a ressaisie ; et, dans une étreinte d'amour, il l'emporte avec lui dans sa course pour la placer près de lui in sinu Patris : « Je remonte à mon Père, qui est aussi votre Père ; et je m’en vais vous préparer une place dans la maison de mon Père ».

Telle est l’œuvre de ce géant divin : râmener dans le sein du Père, à la source divine de toute béatitude, l’hu-

r. Eph. I, 3-4 — 2. Rom. VIII, 2x = 3. Pa.XVIIL,: 6-7. — 4 Joan XVI, 28.

manité déchue, en lui rendant, par sa vie et son sacrifice, la grâce d'adoption. | |

Oh ! dirons-nous avec l’Apôtre, que soit béni le Père de Notre-Seigneur Jésus de ce qu’il nous a comblés par son Fils, en son Fils, de toute bénédiction spirituelle ; de ce qu’il nous a fait asseoir avec lui dans ces splendeurs célestes où il engendre, au milieu d’une félicité éternelle, le Fils de sa dilection ! Consedere fecit nos in caelestibus’. Oui, qu’il soit béni ! Qu'il soit aussi béni le Verbe divin, fait chair pour nous, et qui par l’effusion de son sang nous a rendu l’héritage céleste. O Jésus, Fils bienaimé du Père, à vous soient toute louange et toute gloire !

Quelles sont maintenant pour nous les conséquences pratiques de ces doctrines ?

Si le Père éternel a décrété que nous serions ses enfants, mais que nous ne le serions qu’en son Fils : Praedestinavit nos in adoptionem filiorum PER JESUM CHRIS- TUM° ; s’il a décidé que nous n’aurions de part à l’héritage de sa béatitude que par son Fils, — nous ne pouvons réaliser le plan divin sur nous, et par conséquent, assurer notre salut, qu'en demeurant unis au Fils, au Verbe. Ne loublions jamais : il n’y a pour nous d'autre voie que: celle-là pour aller au Père: Nemo venit ad Patrem, nisi per me*. Personne, nemo, ne peut se flatter de parvenir au Père autrement que par le Fils. Et aller au Père, parvenir jusqu'à lui, n'est-ce pas tout le salut et toute la sainteté ?

Or, comment demeurerons-nous unis au Verbe, au Fils?

D'abord par la foi. — « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était Dieu. Tout par lui a été fait. I est venu dans le monde fait par lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais il a donné à tous ceux qui l'ont reçu, le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à eux qui croient en son nom, et ainsi, sont nés de Dieu ».

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