Epistola (28) dogmatica ad Flavian
. Le Christ dans ses Mystères. s
qui n’enlève rien des perfections divines et laisse intacte la réalité de la nature humaine : l’Incarnation est une union ineffable *.
O Sagesse éternelle, que vos pensées sont profondes et vos œuvres admirables !
Ce qui achève de rendre ce mystère étonnant, c'est la manière dont l’union des natures est réalisée.
La nature divine et la nature humaine sont unies dans une seule personne qui est la personne éternelle du Verbe, du Fils. à
En nous, l’âme et le corps unis ensemble forment une personne humaine. Dans le Christ, il n’en est point de même. La nature humaine, tout intégrale, toute parfaite dans son essence, dans ses éléments constitutifs, n’a pourtant d'existence que par le Verbe, dans la personne divine du Verbe. C’est le Verbe qui donne à la nature humaine sa réalité d'existence, ce qui, en l’occurrence, veut dire : sa « subsistance » personnelle. Il n’y a donc en Jésus qu’une seule personne, celle du Fils unique de Dieu.
Cependant, vous le savez, si intimement unies qu’elles soient, les deux natures gardent leurs énergies particulières et leurs opérations spécifiques ; entre elles, il ny a ni mélange ni confusion: Non commixtionem passus ; inséparablement unies dans l’unique personne du Verbe, elles conservent chacune leur activité propre.
Enfin, la nature humaine est enracinée dans la divinité. C'est une activité humaine, bien humaine, bien authentique, qui se manifeste en Jésus ; mais elle a son principe ultime dans la divinité. La personne divine du Verbe est la source de toutes les perfections du Christ. Dans la sainte Trinité, le Verbe exprime les perfections du Père
1. Agnosce mediatorem Dei et hominum qui ab ipso nativitatis suae
exordio divinis humana sociat, ima summis. S. Bernard. Sermo I de Circumcisione.