Apoc. V, 9-10.0— 2, Hebr, I, 1-2, — 3, Joan. I
nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs la délivrance, aux aveugles le retour à la vue, pour publier à tous que le temps de la rédemption est arrivé »°.
Il est donc, par excellence, l’envoyé, le légat de Dieu, qui prouve, par des miracles opérés de sa propre autorité, la divinité de sa mission, de sa parole et de sa personne. Aussi entendons-nous la foule, après le prodige de la multiplication des pains, s’écrier en désignant Jésus : «IL est vraiment le prophète, il est vraiment celui qui doit “venir »°
Le Verbe incarné réalisera surtout la signification de son nom de Christ par sa qualité de pontife et de médiateur, pontife suprême et médiateur universel.
Mais ici il nous fait unir au nom de Christ celui de Jésus. Le nom de Jésus signifie Sauveur : « Vous l’'appellerez ainsi, dit l'ange à Joseph, parce qu’il doit racheter son peuple de toutes ses iniquités »°. C’est là sa mission essentielle : Venit salvare quod perierat*. Or, en fait, Jésus ne réalise pleinement la signification de son nom divin que par son sacrifice, qu'en accomplissant son œuvre de pontife: Venit Filius hominis dare animam suam redemptionem pro multis*. Les deux noms se com-— plètent donc et sont désormais inséparables. Le « Christ Jésus » c’est le Fils de Dieu, établi pontife suprême et qui, par son sacrifice, sauve l'humanité entière.
C’est pourquoi, en contemplant le sacerdoce et le sacrifice du Christ, nous achèverons de comprendre, dans la mesure du possible, l’adorable personne du Verbe incarné
Nous allons voir, en effet, que c’est par son Incarnation : même que Jésus a été consacré pontife et que c’est dès son entrée en ce monde qu’il inaugure son sacrifice ; toute son existence porte le reflet de sa mission de pontife et ést marquée des caractères de son sacrifice.
Ainsi, nous saisirons mieux également la grandeutf et
1. Luc. IV, 18-10 ; cf. Isa. LXI, 1. — 2. Joan. VI, 14 — 3. Matth, L'2x% — 14" Tpid. XVIIT, 11 ; cf, Luc. XIX,/r0. —5.1Cf. Matth. XX 1287, Marc. X, ,45.
SAUVEUR ET PONTIFE à 83
l'ordonnance des mystères du Christ ; nous verrons quelle
unité profonde les relie tous entre eux : le sacrifice de Jésus, parce qu’il est son œuvre essentielle, est le point culminant vers lequel convergent tous les mystères de sa vie terrestre, et la source où tous les états de sa vie glorieuse puisent leur éclat ; nous verrons aussi de quelles grâces abondantes il est le principe pour toutes les âmes qui désirent s’abreuver en lui de vie et de joie.
C’est surtout dans sa lettre aux Hébreux que S. Paul expose en termes pleins d’ampleur et de puissance les ineffables grandeurs du Christ comme Pontife : De quo .nobis grandis sermo, et ininterpretabilis ad dicendum: ; nous y voyons marquées sa mission de médiateur, la transcendance de son sacerdoce et de son sacrifice sur le sacerdoce d’Aaron et les sacrifices de l'Ancien Testament : -Sacrifice unique, consommé au Calvaire et dont l’offrande se continue avec une efficacité inépuisable dans le sanctuaire des cieux.
S. Paul nous révèle cette vérité que le Christ Jésus pos- -sède son sacerdoce dès l'instant de son Incarnation.
Qu'est-ce que le prêtre ? — C’est, dit l'Apôtre, un médiateur entre l’homme et Dieu : le prêtre offre à Dieu les hommages de la créature, et donne Dieu, « le saint », “aux hommes, « sacrum dans » ; de là le nom de sacerdos.
« Il est choisi parmi les hommes, consacré à Dieu, afin d’être médiateur »: Omnis pontifex ex hominibus as- Sumptus, pro hominibus constituitur in iis quae sunt ad Deum”. Jadis, cette consécration se faisait ordinairement par une « onction » spéciale qui signifiait que l'Esprit du Seigneur était sur l'élu, le marquant ainsi d’une façon particulière pour sa mission de pontife. Dans le sacerdoce humain, ce caractère sacerdotal est une qualité qui s'ajoute pour ainsi dire à la personne de l’homme.
Mais dans le Christ, ce caractère est tout à fait trans-