Hebr. V, 11. — 2. Ibid. V
cendant, comme est unique la médiation dont”il s’est chargé. Jésus est devenu pontife dès le moment de son Incarnation et par son Incarnation.
Pour pénétrer ce profond mystère, il ne faut écouter que la foi, car l'intelligence humaine est confondue devant de telles grandeurs. Transportons-nous à Nazareth pour assister au colloque céleste qui a lieu entre l’ange et la Vierge. Le messager de Dieu dit à Marie, pour lui expliquer le prodige qui doit s’accomplir en elle : « L’Es- prit-Saint viendra sur vous, la Vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre ; c’est pourquoi le saint qui naîtra de vous sera appelé Fils de Dieu ». La vierge répond : « Voici la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon votre parole »”.
A ce moment, le Verbe s’est fait chair ; le Verbe s’est uni pour toujours, par une ineffable union, à une humanité. Par l’Incarnation, le Verbe entre dans notre race, il devient authentiquement l’un des nôtres, semblable à nous en tout, sauf le péché. Il peut donc devenir pontife, médiateur, puisque étant Dieu et homme il peut relier l'homme à Dieu : Ex hominibus assumptus.
Dans la Trinité sainte, en effet, la seconde personne, le Verbe, est la gloire infinie du Père, sa gloire essentielle : Splendor gloriae et figura substantiae ejus*. Mais, comme Verbe, avant l’Incarnation, il n'offre pas à son Père de sacrifice. Pourquoi cela ? Parce que le sacrifice suppose l’hommage, l’'adoration, c’est-à-dire la reconnaissance de notre propre abaissement en présence de l'Être infini; le Verbe étant en tout égal à son Père, étant Dieu avec lui et comme lui, ne peut donc lui offrir de sacrifice. Le sacerdoce du Christ n’a pu commencer qu'au moment où le Verbe s'est fait chair ; dès l'instant où le Verbe s’incarna, il unit en lui deux natures : la nature divine, par laquelle il pouvait dire : Ego et Pater unum sumus*: « Mon Père et moi nous sommes un », un dans l'unité de la divinité, un dans l’égalité des perfections ; l’autre, la nature humaine, qui lui faisait dire :