Antienne Alma Redemptoris Mater. — 2. Apoc. XII, r
Elle est, cette humble vierge, la reine des patriarches, puisqu'elle est de leur lignée sainte, et que l'enfant qu’elle doit mettre au monde est le fils qui résume en sa personne toute la magnificence des antiques promesses.
Elle est aussi la reine des prophètes, puisqu'elle enfantera le Verbe par qui parlaient tous les prophètes, puisque son Fils accomplira toute prophétie et qu’il annoncera lui-même à tous les peuples « la bonne nouvelle de la rédemption »:.
Demandons-lui humblement de nous faire entrer dans ses dispositions. Elle écoutera notre prière ; nous aurons l'immense joie de voir le Christ naître de nouveau dans nos cœurs par la communication d’une grâce plus abondante, et nous pourrons, comme la Vierge, quoique dans une moindre mesure, goûter la vérité de ces paroles de S. Jean : « Le Verbe était Dieu... Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous ; nous l'avons vu plein de grâce, et à sa plénitude nous avons puisé tous, — grâce sur grâce »*.
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VIL — O ADMIRABILE COMMERCIUM !
(Temps de Noël)
SOMMAIRE. — Le mystère de l’Incarnation se ramène à un admirable échange entre la divinité et l'humanité. — I. Premier acte de l'échange : le Verbe éternel nous demande une nature humaine pour se l’unir par une union personnelle : Creator. animatum corpus sumens. — II. Deuxième acte de cet échange : en s’incarnant, le Verbe nous apporte, en retour, une participation à sa divinité : Largitus est nobis suam deitatem. — III. Cet échange nous apparaît plus admirable encore par la manière dont il s’opère. L’Incarnation rend Dieu visible pour que nous puissions l’écouter et l’imiter. — IV. Elle rend Dieu passible, capable d’expier nos péchés par ses souffrances et de nous guérir par ses abaissements. — V. Nous devons participer à cet échange par la foi : « Ceux qui ont. reçu le Verbe fait chair en croyant en lui ont le pouvoir de devenir enfants de Dieu ».
La venue du Fils de Dieu sur la terre est un événement si considérable que Dieu a voulu le préparer pendant des siècles ; rites et sacrifices, figures et symboles, il fait tout converger vers le Christ ; il le prédit, l'annonce par la bouche de prophètes qui se succèdent de générations en générations.
Voici qu'à présent, c’est le Fils même de Dieu qui vient nous instruire : Multifariam multisque modis olim Deus loquens patribus.…. novissime locutus est nobis in Filio”. Car le Christ n’est pas seulement né pour les Juifs de Judée qui vivaient de son temps : c’est pour nous tous, pour tous les hommes, qu’il est descendu du ciel : Propter
T1. Hebr. I, 1-2.
nos et propter nostram salutem descendit-de caelis. La grâce qu’il a méritée par sa nativité, il veut la distribuer à toutes les âmes.
C’est pourquoi l’Église, guidée par l’Esprit-Saint, s’est approprié, pour les mettre sur nos lèvres’et en remplir notre cœur, les soupirs des patriarches, les aspirations des anciens justes, les vœux du peuple choisi : elle veut nous préparer à l'avènement du Christ, comme si cette nativité allait se renouveler sous nos yeux.
Aussi voyez comment, quand elle commémore la venue de son Époux divin sur la terre, elle déploie la splendeur de ses pompes, comment elle fait briller l'éclat des lumières pour célébrer la naissance du « Prince de la Paix »‘, du « Soleil de justice »*, qui se lève « au milieu de nos ténèbres afin d'éclairer tout homme », venant en ce monde ; elle accorde à ses prêtres le privilège, presque unique dans l’année, of trois fois le saint sacrifice de la messe.
Ces fêtes sont magnifiques, elles sont aussi pleines de charme : l’Église évoque le souvenir des anges qui chantent dans les airs la gloire du nouveau-né ; des bergers, âmes simples, qui viennent l’adorer à la crèche; des mages qui accourent de l'Orient pour lui rendre leurs adorations et lui offrir de riches présents.
Et pourtant, comme toute fête ici-bas, cette solennité, même avec le prolongement de son octave, est éphémère; elle passe. Était-ce donc pour une fête d’un jour, si splendide soit-elle, que l’Église réclamait de nous une si longue préparation ? — Non certes! — Pourquoi dès lors ? — Parce qu’elle sait que la contemplation de ce mystère contient pour nos âmes une grâce de choix.
Je vous ai dit au commencement de ces entretiens, que tout mystère du Christ ne constitue pas seulement un fait historique qui s’est réalisé dans le temps, mais contient une grâce propre dont nos âmes doivent se nourrir pour en vivre.
Or, quelle est la grâce intime du mystère de la Nati-