Oraison de la fête de l’Épiphanie. — 2. Matth. II, zx
Enfin, ils avaient été inspirés de lui apporter de la myrrhe. Que veulent-ils marquer par cette: myrrhe, qui servait à panser les blessures, à embaumer les morts ? Ce présent signifiait que le Christ était homme, mais un homme passible, qui mourrait un jour; la myrrhe symbolisait aussi l'esprit de pénitence et: d’immolation. qui doit caractériser la vie des disciples d’un crucifié.
Ainsi donc la grâce avait inspiré aux Mages d’apporter des présents à celui qu’ils cherchaient. Il doit en être de même pour nous. « Nous qui entendons le récit de l’offrande des Mages, dit S. Ambroise’, ;sachons tirer: de nos trésors .ét présenter des oïffrandes semblables ». Chaque fois que nous approchons du Christ, apportonslui, comme des Mages, des présents, mais des présents qui soient magnifiques, qui Soient, comme les leurs, dignes de celui auquel nous les offrons. à
Vous me direz peut-être : « Nous n’avons ni or, ni encens, ni myrrhe ». — Cela est vrai; mais nous avons bien mieux, nous avons des trésors bien plus précieux, [les seuls, d’ailleurs, que le Christ, notre Sauveur et notre Roï, attende de nous. N'’offrons-nots pas de l’or au Christ quand, par une vié pleine d'amour et de fidélité à ses commandements, nous proclamons qu’il: est le Roi de nos cœurs ? Ne lui présentons-nous pas de l’encens, lorsque nous croyons à sa divinité, et la reconnaissons par nos adorations et nos prières ? En unissant nos humiliations, nos souffrances, nos douleurs et: nos larmes aux siennes, ne lui apportons-nous pas de la myrrhe ?
Et si, par nous-mêmes, nous sommes dépourvus de ces biens, demandons à Notre-Seigneur de nous enrichir des trésors qui lui sont agréables ; il les possède pour nou les donner. | | rat
C’est ce que le Christ Jésus faisait entendre lui-même un jour d'Épiphanie à sainte Mechtilde, après qu’elle eut reçu la communion. « Voici, disait-il, que je te donne l'or, c’est-à-dire mon divin amour ; lencèns, c’est-à-dire