Luc. II, 52. — 2. Matth, XIII, 54-56. Cf. Marc. VI
était pour eux une pierre d'achoppement, car jusqu'alors, ils n'avaient vu en lui qu'un ouvrier.
Ce mystère de la vie cachée contient des enseignements que notre foi doit recueillir avec avidité.
D'abord, il n’y a de grand aux yeux de Dieu que ce qui est fait pour sa gloire, avec la grâce du Christ ; Dieu ne nous agrée que dans la mesure où nous sommes semblables à son Fils Jésus.
La fliation divine du Christ donne à ses moindres actions une valeur infinie; le Christ Jésus n’est pas moins adorable ni moins agréable à son Père quand il manie le ciseau ou le rabot que quand il meurt sur la croix pour sauver l’humanité. — En nous, la grâce sanctifiante, qui nous fait enfants adoptifs de Dieu, divinise, dans sa racine, toute notre activité, et nous rend dignes, comme Jésus, quoique à un titre différent, des complaisances de son Père.
Vous le savez : les talents les plus précieux, les pensées les plus sublimes, les actions les plus généreuses et les plus éclatantes sont sans mérite pour la vie éternelle dès que cette grâce ne les vivifie point. Le monde, qui passe, peut les admirer et les applaudir ; l’éternité, qui seule demeure, ne les reçoit ni ne les compte. À quoi sert, disait Jésus’, la Vérité infaillible, à quoi sert de conquérir le monde par la force des armes, par le charme de l'éloquence ou l'autorité du savoir, si, n’ayant pas ma grâce, on est exclu de mon royaume, le seul qui n’a point de fin ? KE
Voyez, au contraire, ce pauvre ouvrier qui gagne péniblement sa vie, cette humble servante ignorée du monde, ce miséreux dédaigné de tous : leur existence vulgaire n’attire ni ne retient l'attention de personne. Mais la grâce du Christ les anime ; et voici qué ces âmes ravissent les anges, et sont pour le Père, pour Dieu, pour l'Être infini qui seul subsiste, un continuel objet d'amour: ces Âmes portent en elles, par la grâce, les traits mêmes du Christ.