‹ Le Christ dans ses mystèresChapitre 56 sur 134 · Job. VII, 1. — 2. Eccli XXXI, 10. — 3. Matth, XXV · texte numérisé non relu

Job. VII, 1. — 2. Eccli XXXI, 10. — 3. Matth, XXV

de la tentation, et, par son libre choix, en demeurât victorieux afin de nous apprendre à l'être. C’est une des raisons de ce mystère.

Il existe une raison plus profonde, raison qui relie intimement ce mystère à celui du baptême.

Que disait, en effet, Jésus au Précurseur, quand celui-ci se refusait à remplir son ministère de pénitence à l’égard du Christ ? « Permets pour le moment, car il nous convient d'accomplir ainsi toute justice »'. — Cette justice, nous l’avons vu, consistait pour Jésus à subir la somme d’expiations décrétées par son Père pour la rédemption du genre humain : Dare animam suam redemptionem pro multis®, Depuis le péché d'Adam, la race.humaine est esclave de Satan, et c’est des mains du prince des: ténèbres que le Christ Jésus doit la sauver ; c’est « pour détruire le règne du diable qu’il est apparu ici-bas » : In hoc apparuit Filius Dei, ut dissolvat opera diaboli*. — Voilà pourquoi, dès qu’il a reçu le baptême, par lequel il est marqué comme « l’Agneau de Dieu qui doit enlever le péché du monde »“ et arracher tout le troupeau au pouvoir du démon, le Verbe fait chair entre en lice avec « le prince de ce monde »°; voilà pourquoi l’Esprit-Saint le pousse aussitôt dans le désert, comme jadis on y chassaïit le bouc émissaire chargé de tous les péchés du peuple : Ut tentaretur a diabolo.

Contemplons maintenant notre chef divin aux prises avec le prince des esprits rebelles.

Vous savez que Jésus demeura dans le désert quarante jours et quarante nuits, « au milieu des fauves, dans une solitude complète et un jeûne absolu » ; c’est le témoignage même de l'Évangile : Nihil manducavit in diebus illis®.. Eratque cum bestiis”.

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