Matth. IV, 3-4: Luc. IV," 3-4 —"2 Joan. IV
devancera pas le moment fixé par le Père pour montrer sa puissance ; quand le Père parlera, il écoutera sa voix.
Se voyant repoussé, le démon comprend qu’il a devant lui, sinon le Fils de Dieu, du moins un être d’une grande sainteté. Aussi va-t-il employer une arme plus dangereuse. Il connaît merveilleusement la nature humaine ; il sait que ceux qui sont parvenus à un haut degré de perfection et d’union à Dieu, sont au-dessus des atteintes de l’appétit grossier des sens, mais peuvent se laisser séduire par les suggestions plus subtiles de l’orgueil et de la présomption ; ils peuvent se croire au-dessus des autres, et penser que, même s'ils s’exposent volontairement au danger, Dieu leur doit, à cause de leur fidélité, une protection toute spéciale. — Le démon essaye donc de pousser le Christ dans cette voie. Usant de sa puissance spiritueile, il transporte Jésus sur le pinacle du Temple et lui dit : « Si vous êtes le Fils de Dieu, jetezvous en bas ; pour vous, en effet, il n'y aura point de péril, car Dieu a commandé à ses anges de vous porter dans leurs mains, pour que vous ne heurtiez point contre une pierre »”. « Si Jésus est le Fils de Dieu », apparaître d'en haut et descendre ainsi au milieu de la foule qui encombrait les parvis, quel signe merveilleux de sa mission messianique, quelle preuve évidente que Dieu était avec lui ! Et pour rendre sa suggestion plus séduisante, le démon l’appuie à son tour sur la parole divine. — Mais Jésus réplique, d’une façon souveraine, par un autre texte sacré : « Il est aussi écrit : Tu ne tenteras pas, par une vaine présomption, le Seigneur ton Dieu »°. Cette fois encore, le démon est défait; le Verbe de Dieu triomphe de ses pièges.
Dans un dernier assaut, l'esprit des ténèbres tâche de vaincre le Christ. L’emportant sur une haute montagne, il lui montre tous les empires du monde, il déroule à ses yeux toutes leurs richesses, toute leur splendeur, toute leur gloire. Quelle tentation pour l'ambition de celui qui se croirait le Messie! Mais il fallait y mettre le prix.