‹ Le Christ dans ses mystèresChapitre 64 sur 134 · Symbole attribué à S. Athanase · texte numérisé non relu

Symbole attribué à S. Athanase

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risien aurait parlé de la sorte; mais Jésus agit tout autrement. Il prend occasion de ce qui l'entoure pour lier conversation : Da mihi bibere, « Donnez-moi à boire ».

La femme le regarde, étonnée ; elle vient de reconnaître que celui qui lui parle est Juif ; or, les Juifs méprisaient les Samaritains, et ceux-ci détestaient les habitants de la Judée : entre eux, « aucun commerce » : Non coucuntur. « Comment donc me demandez-vous à boire » ? dit-elle à Notre-Seigneur. Et lui, cherchant à exciter en elle une sainte curiosité, lui répond : « Si vous connaissiez le don de Dieu » ! Si scires donum Dei ! « Si vous saviez qui est celui qui vous demande à boire, vous-même lui auriez fait cette demande, et il vous aurait donné de l’eau vive ».

Cette pauvre créature, enfoncée dans la vie des sens, ne saisit rien des choses spirituelles ; elle s'étonne de plus en plus, elle se demande comment son interlocuteur pourrait lui donner de l’eau, n’ayant pas le moyen d’en puiser, et quelle eau pourrait être meilleure que celle de ce puits où le patriarche Jacob venait se désaltérer, lui, ses fils et ses troupeaux. « Seriez-vous plus grand que notre père Jacob » ? demande-t-elle au Christ. Jésus insiste sur sa réponse : « Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; il aura en lui une source d’eau vive jaillissant jusqu’à la vie éternelle ». — « Oh! Seigneur donnez-moi de cette eau » ! répond la femme.

Le Sauveur lui fait comprendre alors qu’il connaît la vie déréglée qu’elle mène. Cette pécheresse, que la grâce commence d'éclairer, voit qu’elle est en présence de quelqu’un qui lit au fond des cœurs : Propheta es tu. Et tout de suite, son âme touchée monte vers la lumière. « Faut-il adorer Dieu sur la montagne voisine ou bien à Jérusalem »? Vous savez que c'était un perpétuel sujet de dispute entre Juifs et Samaritains.

Le Christ Jésus voit surgir en cette âme, au milieu de sa corruption, une lueur de bonne volonté : c'en est assez pour lui accorder une grâce plus grande ; car dès qu’il

voit de la droiture et de la sincérité dans la recherche de la vérité, il apporte la lumière, il se plaît à récompenser ce désir du bien et de la justice.

Aussi va-t-il faire à cette âme une double révélation. Il lui enseigne que « l’heure est venue des vrais adorateurs en esprit et en vérité recherchés par le Père » : Pater tales quaerit qui adorent eum ; il se manifeste à elle comme étant « le Messie envoyé par Dieu » : Ego sum qui loquor tecum, révélation qu’il n’avait encore faite à personne, pas même à ses disciples.

N'est-il pas remarquable que ces deux grandes révélations ont été faites tout d’abord à une misérable éréature de péché, qui n’avait d’autre titre, pour être l’objet d’un tel privilège, que son besoin de salut et un peu de bonne volonté ?...

Cette femme s’en retourna justifiée ; elle avait reçu la grâce et la foi. « Laissant là sa cruche », elle s’en alla dans la ville prêcher le Messie qu’elle avait rencontré ; son premier geste est de faire connaître le « don divin » qui s’est communiqué à elle avec tant de libéralité.

Sur ces entrefaites, les disciples étaient de retour avec des vivres. Ils en offrirent à leur maître : Rabbi, manduca. Que leur répond Jésus ? « J'ai une nourriture que vous ne connaissez pas, qui est de faire la volonté de - celui qui m'a envoyé » : Meus cibus est ut faciam voluntatem ejus qui misit me’. Et quelle est la volonté du Père ? « Que toutes les âmes parviennent à la vérité qui conduit au salut » ?.

C’est à cela que s'emploie le Christ Jésus ; la volonté de son Père est que Jésus lui amène les âmes que le Père veut sauver, qu’il leur montre la voie, qu’il leur révèle la vérité et les conduise ainsi à la vie : Omne, quod dat mihi Pater, ad me veniet, et eum qui venit ad me non ejiciam foras. C’est toute l’œuvre de Jésus.

La pécheresse de Sichar n’avait rien qui la distinguât des autres, si ce n’est la profondeur de sa misère ; mais elle était attirée au Christ par le Père ; alors le Sauveur la

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