‹ Le Christ dans ses mystèresChapitre 70 sur 134 · Matth. XVII, o ; Marc. Xe · texte numérisé non relu

Matth. XVII, o ; Marc. Xe

sion « d’affermir ses frères dans la foi »', annonce que « la majesté de Jésus lui a été révélée ; que Jésus a reçu de Dieu le Père honneur et gloire sur la sainte montagne »”. Pierre, pasteur suprême, se réclame de cette vision pour exhorter ses fidèles et nous en eux, à ne pas vaciller dans leur foi.

Car c’est aussi pour nous que la Transfiguration s’est opérée. Les disciples choisis pour en être les témoins, dit S. Léon, représentent l’Église entière ; c’est à elle, aussi bien qu'aux apôtres, que le Père s'adresse, en proclamant la divinité de son Fils Jésus et en ordonnant de l’écouter *.

L'Église, dans l’oraison de la fête, a résumé parfaitement les précieux enseignements de ce mystère. Pour nous, comme pour les apôtres, la Transfiguration « confirme notre foi »: Fidei sacramenta patrum testimonio roborasti ; — ensuite, « notre adoption d'enfants de Dieu y est signifiée d’une manière admirable .» : Et adoptionem filiorum perfectam, voce delapsa in nube lucida, mirabiliter praesignasti ; — enfin, l’Église demande « que nous devenions un jour cohéritiers du Roi de gloire et que nous ayons part à son triomphe » : Ut ipsius Regis gloride nos coheredes efficias, et ejusdem gloriae tribuas esse consortes. )

La Transfiguration confirme notre foi.

Qu'est-ce, en effet, que la foi ? C’est une mystérieuse participation à la connaissance que Dieu a de lui-même. Dieu se connaît comme Père, Fils et Saint-Esprit. Le Père en se connaissant, engendre de toute éternité un Fils semblable, égal à lui, Hic est Filius meus dilectus in quo mihi bene complacui. Ces paroles sont la plus . grande révélation que Dieu ait faite à la terre, elles sont comme un écho même de la vie du Père. Le Père, en tant que Père, vit d’engendrer son Fils ; cette génération

1. Luc. XXII, 32. —. 2. IL Petr. I, 16-18. Épître de la fête, — 3. Haec, dilectissimi, non ad illorum tantum utilitatem dicta sunt, qui ea proprus auribus audierunt, sed in illis tribus apostolis universa Ecclesia didicit yuidquid ecrum et aspectus vidit et auditus accepit, 1. c.

qui n’a ni commencement ni fin constitue la propriété même du Père. Dans l'éternité, nous verrons avec étonnement, admiration et amour, cette procession du Fils engendré dans le sein du Père. Cette procession est éternelle : Filius meus es tu, ego hodie genui te *. Cet « aujourd’hui », ce hodie, est le présent de l'éternité.

Quand il nous dit que Jésus est son Fils bien-aimé, le Père nous révèle sa vie; et quand nous croyons à cette révélation, nous participons à la connaissance de Dieu même. Le Père connaît le Fils dans les splendeurs sans fin ; nous, nous le connaissons dans les ombres de la foi en attendant les clartés de l'éternité. Le Père déclare que l'enfant de Bethléem, l'adolescent de Nazareth, le prédicateur de Judée, le supplicié du Calvaire est son Fils, son Fils bien-aimé ; notre foi, c’est de le croire.

C'est une chose excellente, dans la vie spirituelle, d’avoir toujours pour ainsi dire présent aux yeux du cœur, ce témoignage du Père. Rien ne soutient si puissamment notre foi. Quand nous lisons l'Évangile, ou une Vie de Notre-Seigneur, quand nous célébrons ses mystères, quand nous allons le visiter au Saint-Sacrement, quand nous nous préparons à le recevoir dans notre cœur par la communion, ou que nous l’y adorons après l’avoir recu, dans toute notre vie enfin, tâchons d’avoir habituellement devant nous cette parole : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis mes complaisances ».

Et disons alors : « Oui, Père, je le crois, je veux le répéter après vous : ce Jésus qui est en moi par la foi, par la communion, est votre Fils ; et parce que vous l'avez dit, je le crois ; et, parce que je le crois, j’adore votre Fils, pour lui rendre mes hommages ; et par lui, ‘en lui, pour vous rendre aussi, à vous, Ô Père céleste, en. union avec votre Esprit, tout honneur et toute gloire ».

Une telle prière est extrêmement agréable à notre Père des cieux ; et quand elle est vraie, pure, fréquente, elle nous rend l’objet de l’amour du Père ; Dieu nous enveloppe dans ces complaisances qu’il prend en son propre

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