‹ Le Christ dans ses mystèresChapitre 74 sur 134 · Matth. XXVI, 38; Marc. XIV, 34 — 2. Marc. XIV · texte numérisé non relu

Matth. XXVI, 38; Marc. XIV, 34 — 2. Marc. XIV

3. Matth. XXVI, 37. — 4. Ps. XXI, 7. — 5. Marc. XIV, 61; cf. Matth. XXVI, 63. — 6. Matth. XXVI, 64; Marc. XIV, 62.

nelle qui ait jamais été faite de la divinité du Christ : Jésus, roi des martyrs, meurt pour avoir confessé sa divinité, et tous les martyrs donneront leur vie pour la même cause.

Pierre, le chef des apôtres, avait suivi de loin son divin Maître ; il lui avait promis de ne l’abandonner jamais. Pauvre Pierre ! Vous savez comment, trois fois, il renia Jésus. Ce fut là, sans aucun doute, pour notre divin Sauveur, une des peines les plus profondes de cette nuit terrible.

Les soldats gardent Jésus et le comblent d’injures et de mauvais traitements ; ne pouvant supporter son regard si doux, ils lui bandent les yeux, par dérision ; ils lui donnent d’insolents soufflets ; ils osent souiller vilement de leurs crachats impurs cette face adorable que les anges ne contemplent qu'avec ravissement.

L’Évangile nous montre ensuite comment Jésus, dès le matin, fut ramené devant le grand-prêtre, puis traîné de tribunal en tribunal ; traité par Hérode en insensé, lui, la Sagesse éternelle ; flagellé par ordre de Pilate ; les bourreaux frappent sans pitié leur innocente victime, dont le corps n’est bientôt plus qu’une plaie. Et cependant cette cruelle flagellation ne suffit pas à ces hommes qui ne sont plus des hommes ; ils enfoncent une couronne d’épines sur la tête de Jésus, et l’accablent de moqueriés.

Le lâche gouverneur romain s’imagine que la haine des Juifs sera satisfaite en voyant le Christ dans un si pitoyable état; ïl le présente à la foule : Ecce homo, « Voilà l’homme » !... Regardons en ce moment notre divin Maître plongé dans cet abîme de souffrances et d'ignominies, et pensons que le Père, lui aussi, nous le présente et nous dit: « Voici mon Fils, la splendeur de ma gloire, — mais frappé à cause des crimes de mon peuple »: Propter scelus populi mei percussi eum°.….

Jésus entend les cris de cette populace en fureur qui lui préfère un brigand et qui, en retour de tous ses bienfaits, réclame sa mort: Crucifige, crucifige eum *.

TToan. KIX UE MiTS:. ET SE" Aou 6, 18,

La sentence de mort est donc prononcée, et le Christ prenant sa lourde croix sur ses épaules meurtries, s'achemine vers le Calvaire. Que de douleurs lui sont encore réservées ! La vue de sa mère qu’il aime si tendrement et dont il comprend mieux que personne l'immense affliction ; le dépouillement de ses vêtements, le percement des mains et des pieds ; la soif brûlante. Puis les sarcasmes haineux de ses plus mortels ennemis : « Toi qui détruis le temple de Dieu, sauve-toi toi-même, et nous croirons en toi... Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même ». Enfin l'abandon de son Père dont il a toujours fait la sainte volonté : « Père, pourquoi m'avez-vous abandonné » * ?

Il a bu vraiment le calice jusqu’à la lie, il a réalisé jusqu’au dernier iota, c’est-à-dire jusqu'au moindre détail tout ce qui était prédit de lui. Aussi, quand tout est accompli, qu'il a épuisé le fond de toutes les douleurs et de toutes les humiliations, peut-il proférer son Consummatum est. Oui, « tout est consommé » ; il n'a plus qu’à #remettre son âme à son Père : Et inclinato capite, tradidit spiritum *.

Lorsque l’Église, durant la semaine sainte, nous lit le récit de la passion, elle l'interrompt en cet endroit pour adorer en silence.

Comme ‘elle, prosternons-nous ; adorons ce crucifié qui vient de rendre le dernier soupir ; il est vraiment le Fils de Dieu : Deus verus de Deo vero“. — Prenons part surtout, le Vendredi-saint, à l’adoration solennelle de la Croix qui doit, dans l'esprit de l’Église, réparer les outrages sans nombre dont la divine victime fut accablée par ses ennemis au Golgotha. Durant cette touchante cérémonie, l’Église met sur les lèvres du Sauveur innocent d'émouvantes apostrophes ; elles s'appliquent en toute lettre au peuple déicide ; nous pouvons les écouter dans

1. Matth XXVII, 40-42; Marc. XV, 29-32; Luc. XXIII, 35 — 2. Ibid. XXVII, 46 ; Marc. XV, 34 — 3. Joan. XIX, 30. — 4. Credo de la messe.

(11° Dimanche du Carême.)

SOMMAIRE. — I. Le récit évangélique de la Transfiguration. — IL. Signification de ce mystère pour les apôtres qui en furent témoins : le Christ veut, par la manifestation de sa divinité, les prémunir contre le « scandale » de sa passion. — IIL Triple grâce que ce mystère contient pour nous : il affermit notre foi; il marque d’une façon spéciale notre adoption surnaturelle ; il nous rend -dignes de partager un jour la gloire éternelle du Christ. — IV. Moyen de parvenir à l’état glorieux présagé par la Transfguration : « Écouter Jésus, le Fils bien-aimé du Père » : Ipsum audite.

La vie du Christ Jésus sur la terre a dans ses détails mêmes une telle portée que nous ne pouvons en épuiser toutes les profondeurs ; une seule parole du Verbe incarné, de celui qui est toujours In sinu Patris’, est une révélation si grande qu’elle peut suffire, comme une source toujours vive d’eau salutaire, à féconder toute une vie spirituelle. Nous le voyons dans la vie des saints: un mot de lui a souvent suffi pour convertir totalement l'âme à Dieu. Ses paroles viennent du ciel: de là leur fécondité.

Il en va de même de ses moindres actions, elles sont pour nous des modèles, des lumières, des sources de grâces.

J'ai tâché, dans le précédent entretien, de vous montrer quelques-uns des aspects de sa vie publique, assez pour vous faire entrevoir ce qu’il y a d’ineffablement divin et aussi d’'inexprimablement humain dans cette période de

Page 1