Joan XX, 24-27.0=— 2. Tbid. 26. — 3. Rom. VE "ro
Sans doute nous verrons le Christ ressuscité toucher encore la terre ; par amour pour ses disciples, par condescendance pour la faiblesse de leur foi, il consent à leur apparaître, à converser avec eux, à partager leurs repas ; mais sa vie est avant tout céleste: Vivit Deo.
Nous ne savons presque rien de cette vie céleste de Jésus au lendemain de sa résurrection : mais pouvonsnous douter qu’elle ait été admirable ?
Il a prouvé à son Père combien il l’aimait en donnant sa vie pour les hommes ; maintenant, tout est soldé, tout est expié ; la justice rassasiée ne réclame plus de lui d'expiation ; l'amitié est rétablie entre les hommes et Dieu ; l’œuvre de rédemption est accomplie. Mais la religion de Jésus pour son Père, elle, continue, plus vive, plus entière que jamais. L'Évangile ne nous dit rien de ces hommages d’adoration, d'amour, et d’action de grâces, que le Christ rendait alors à son Père; mais S. Paul résume tout en disant : Vivit Deo, « il vit pour Dieu ».
C’est le second élément de la sainteté : l'adhésion, l'appartenance, la consécration à Dieu. Nous ne saurons qu'au ciel avec quelle plénitude Jésus vivait pour son Père en ces jours bénis ; ce fut certainement avec une perfection qui ravissait les anges ; maintenant que sa sainte humanité est libre de toutes les nécessités, affranchie de toutes les infirmités de notre condition terrestre, elle se livre, comme elle ne le fit jamais, à la gloire du Père. La vie du Christ ressuscité devient une source infinie de gloire pour son Père ; il n’y a plus en lui aucune faiblesse ; tout en lui est lumière, force, beauté, vie ; tout en lui chante un cantique ininterrompu de louange.
Si l’homme ramasse en son être tous les règnes de la création pour y résumer aussi l’hymne de toute créature, que dirons-nous du cantique incessant que chante à la Trinité l'humanité du Christ glorieux, pontife suprême triomphant de la mort ? Ce cantique, expression parfaite de la vie divine qui désormais enveloppe et pénètre de
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toute sa puissance et de toute sa splendeur la nature humaine de Jésus, est ineffable…..
Telle-est la vie du Christ ressuscité. Elle ést le modèle de la nôtre, et le Christ a mérité pour nous la grâce de vivre comme lui pour Dieu, d’être associés à son état de ressuscité. Il l’a méritée, non certes par sa résurrection ; en rendant le dernier soupir, le Christ a atteint le terme de son existence mortelle, il ne peut plus dès lors mériters tout ce qu’il a acquis pour nous, l’a été par son sacrifice, inauguré dès l’Incarnation et consommé par la mort sur la croix.
Mais ses mérites nous demeurent après sa sortie glorieuse du tombeau. Voyez comment le Christ Jésus a voulu garder les cicatrices de ses plaies : il les montre à son Père dans toute leur beauté, comme des titres à la communication de sa grâce : Semper vivens ad interpellandum pro nobis”.
Comme vous le savez, c’est dès le baptême que nous participons à cette grâce de la résurrection. S. Paul nous l’affirme : « Par le baptême, nous avons été ensevelis avec le Christ dans la mort ; dès lors, comme le Christ est ressuscité par la puissance du Père, ainsi faut-il que nous marchions dans une vraie nouveauté de vie » *.
L'eau sainte dans laquelle nous sommes plongés au baptême est, d’après l’Apôtre, la figure du sépulcre ; en en sortant, l’âme est purifiée de toute faute, de toute souillure, affranchie de toute mort spirituelle, et revêtue de la grâce, principe de vie divine : tout comme en sortant du tombeau, le Christ s’est dépouillé de toute infirmité, pour vivre désormais d’une vie parfaite. C’est pourquoi, dans la primitive Église, le baptême n’était administré que dans la nuit pascale, et à la Pentecôte qui clôt le temps de Pâques. Nous ne comprendrons presque rien à la liturgie de la semaine de Pâques, si nous n'avons