‹ Le ChristChapitre 23 sur 27 · IX DOC · texte numérisé non relu

IX DOC

Arrêtes*

Ywis iifitts privez du f mit de vos feUlûs ?

Vous n'y p^drez rieu, je vais io^oviser.

Improviser? Tons sava ce valause pair eœar ?

Remeltez-voiis de vetre siiri»jse, lieasieuns» Tandis que je m'appHqnais, trois j^mrs dwant, k sauver la Teligioa et la société curpeme catamù^ wbl autre moyen de salut se puéseuta à siofi esfurit, moyen ù faarài que je le rcfetai; msis vme fois quitte de mon travail, e'était tiier soir, je tomb» dans tme médils^a entrecoupa «te sommeiis q^i dura jusqu^à ce n^din. C'est aitts qne j'appréciai l'inspiratioB supârieun que j'avais repoussée; j'y '^de, dùt^o» me taser de t^érité, et je prraife en ^^ain mon fiiorceau d'éloquence sans proportion pratique. Il font des actes et non des mot& Et œ ii*est pais par des expédients mesqntts qu'on fem prévadoir te génie de Ikndre ; aux grands mamt les grands remèdes. Je va^ dire cMiiaettt M esl aisé lie précipiter l'esprit révolutimmaire dans le puits et de soenc»* le puits par une piera«« Je Irâitemi du temporel d'abord, du «pMtwl ensuite.

Encore un eonp de la gitcet

mmàm.

HUssieurs. fntftriictie ferme les fenx«a<daii«ef et

se croit en sûreté; soyons hommes et regardons. Qu'es^ce qui met la société en péril? l'ntopie. Voilà le Delenda Carthago. Mais que faire contre ces chimères qui cadrent si bien avec les instincts humains que ni la force ni le raisonnement ne nous en délivrera? Les cheveui des hommes d*État ont blanchi sur cette question; le moyen est si simple que personne ne s'en avise. Il faut essayer de faire de Tutopie une réalité. Qu*on se récrie, il n'y a pas autre chose ; moi, je* suis las de tout le temps perdu. Je dors paisiblement sur les faits accomplis; ce qui me donne le cauchemar, c'est ridée« Fantôme, tu ne m'obséderas plus, tu veux un corps, tu l'auras. Oui, voilà tout bonnement l'expérience que nous devons aborder, en retenant entre nos mains l'utopie au. lieu de l'abandonner à la gaucherie des utopistes. Division de travail nécessaire. Mais ne dormons pas. La pensée prend prétexte de l'inertie des hommes d'exécution pour enrôler une multitude de bras capables seulement de renverser, et nous savons ce qui sort de cet accouplement de la force brutale et de l'idée créatrice, le chaos. £n un mot, ce qu'il y a d^épottvantable, c'est la fin; qu'on ose m'en croire, le monde rerommracera sans avoir fini.

CHABDEVEL.

Allons ! avec vous c'est l'imprévu qu'il fout prévoir.

MICHAUD

Monsieur Ghardevel, votre approbation m'opprime; je ne pactise point avec le radicalisme àémocrati* que qui invective l'égoïsme de la bourgeoisie. 11 ne nous manque que d'élever noire philanthropie privée

à la hauteur de la philanthropie sociale ; mais quoi? tout ne peut se faire à la fois, et charité mal ordonnée commence par soi. Après la révolution de Juillet, * tandis que nous avions assez de calme au dehors et au dedans pour donner des gages de sollicitude aux masses 9 nous nous bornions à faire fonctionner le mécanisme de la monarchie constitutionnelle ^ en graissant les ressorts du pays légal. Nous nous amu« sions à grossir nos petites querelles de libéraux à libéraux pour en faire des scènes à eiTet; un beau jotir le théâtre de la charte fut enfoncé parn^ux qui n'y gagnaient rien. Oui, nous avons en dix-huit ans deux révolutions à notre xohipte ; 1830 à Tactif, I8/18 au passif. Une partie de la bourgeoisie, qui devait arrêter le torrent populaire, de digue se fit écluse, et tout fut brisé. Alors, d'un bout de la France à l'autre, rêveries, systèmes, idées, etc., tourbillonnèrent à Tébahissement des sots qui se demandèrent d*oii cela sortait et qui, à celte heure, s'imaginent qu*il n'en reste plus rien ; tout cela s'est rencogné dans les cervelles pour en sortir une seconde fois si nous n'y veillons pas. Nous y veillerons. Ah I mes bons amis, vous voulez des nouveautés; hé bien 1 on vous en donnera plutôt que d'eu recevoir, nous ne vous demandons que du temps. On peut rebâtir Paris en un jour, tant bien que mal ;*mais ceci est plus gros que Paris, c'eslun monde. C'est nous qui nous chargerons des intérêts de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre, c'est notre devoir envers elle, envers ;DOus*mêmes qm sommes véritablement les rois des Mnps modernes {disons-nous donc» royalement, que

les peuples nesoot pas fûts pour les Ixmi^eois, mais que les bourgeois sent faits pour les peuples»

Je vous serre entre mes bras...

Monsieur Ghardevel, il n^y a rien de comtoHU e&« tre vous et moi. Ah ! si nous ne notis étions pas réduits à trembler devaul la foudre démagogique. Bons nous passerions du paratonueire des goirveroe* mcnts forts ; c'est pour u'avoir pas été les tuteurs prévoyants des masses que nous avons été lieureux de remettre nos barbes grises en tutelle. Travaillons donc a mériter la liberté par notre respect de la jus-* tice. Or, il est souverainement inique de dire que la misère est une plaie incurable, éternelle. En vérité, il faudrait ne pas avoir dans sa poitrine un cœur de chrétien pour ne pas sentir ses épaules se soulever de dédain à ces propos dignes des sophistes de raB**tiquîté ; arrière ces courtisans des mauvaises passions de raristocratie bourgeoise I Mes gens à mot, sont ceux qui ont si Men compris à posteriori^ c'està-dire depuis ravertts^ment de 18/18, que là condi** tion économique et morale du grand nombre est le problème politique capiital des temps modernes, qu^i^ luder ce problème, te taire, f ajourner, c'est finbiessB et impmdence. Mes gens à moi sont ceux qui ont si bien vu qu'tY y a aujoun^kui, won pas nn CAriê^ taphe Ceiûmby mais 4es mittkms tt hommes qu4 S9M à lu reckercke d'un monde nouveau^ ainsi q*e Mé 4e due TOUS le rappelait naguère, et que tombes dlM^ ehcurs tf^un nouveau monde ont en fwpe te

de ilM souvent assoupi , jamais épuisé. Quoi de plus éfident? Nous sortons du monde ancien pour aller à un monde nouveau , de Tâge de la misère pour aller à Tâge d*or; et cela étonne, cela effraie I Est-ce que nous sommes gens à prendre dans la pocbe des uns pour mettre dans la poche des autres? Imbécile terreur qui suppose une ignorance honteuse des procédés de TéconiNnie politique et. des ressources du travail mieux combiné I

AKDRIEUX.

Très-bien.

MICHA¥D

D'accord .. . mais sachez que rien n'est niodiGé dans ma répugnance aux plans systématiques de la secte saint-dmonienne; je m'attache au développement naturel des clioses, moi, et c'est par mon plat bon sens que je résous toutes ees questtons que vous perchez sur des échsfêses. Qu'est-ce qui fait notre privilège, à nous? c'est l'instruction, c'est rinstrument de travail; hé bien! il faut mettre à la portée des masses l'instruction par les écoles, riostrament de travail par des banques, 6st-cc donc la mer à boire ? D'ail^ leurs, les peuples ne s'aideront-ils pas quand ils se verront aidés, quand ils se sentîroirt aimés? Mes* sieurs, noos ne nous aimons pi». Je vois encore deux camps, nous avons à les foodre en un, et, à foroB de rêver à cette fusion» j*ai eu l'idée de foudOT WÊ^Seciàé pour l'aboUtian ibi paupérisme moral êl phyùqui; société qui aidera à la création des insti* ttnions de crédit^ des associations ouvrières, du vé^ giflie de kl liberté i&dustrielle et comioerdale, des

Invalides du travail, etc., et qui aura la faveur de tant de bonnes âmes voulant Taire le bien sans savoir comment s*y prendre ; société véritablement apostolique, qui ne se propose pas de digniGcr la pauvreté, d'ennoblir la besace — pour cela il suffisait d*ap6tres pauvres, de prolétaires éloquents — mais d'abolir le paupérisme,. • d*après nos statuts, personne ne sera reçu apôtre à moins d*être millionnaire.

LE DUC

Vous êtes heureusement inspiré.

MICHAUD

Pardon, Monsieur le Duc, c'est à vous qu'il arrive de rôlre, avec votre esprit amoureux des nobles cbimères ; ce n'est pas mon tempérament, à moi* Je tournerais le dos au Pérou si je ne savais comment y aller. J'ai l'horreur d'un but dont j'ignore le chemin. Mon fort, c'est la transition. Maintenant que la voie est tracée, il faut marcher. Est-ce qu'il y a à s'alarmer d'un avenir dans lequel, grâce à l'industrie qui multipliera les ressources dans des proportions incalculables, grâce à une distribution équitable des produits, il n'y aura plus un seul homme, voulant travailler, qui n'échappe à la misère, à l'abrutissement pire que la misère? Quoi ? nous reculerions devant un monde dont tous les habitants connaîtront les douceurs du bien-être, les délicatesses de la dignité intellectuelle, les joies sympathiques de la fraternité? Mais rien que d'en parler, j'en ai la larme à rceil... Comme si ce paradis terrestre n'avait pas été assez ciièrement acquis par nos rudes épreuves; comme

si ce n'était pas ]à ce royaume de Dieu où nous entrons enCn sous les auspices du Cbrlst I

MONTEMAYOR

Du Christ... voilà la question.

LE DUC

Vous avez été le digne interprète des principes de 89, mon cher Monsieur.

CHARDEVEL,

Non. Toutes ses concessions ne sont faîtes qu'en haine de la révolution ; entre M. Micbaud et moi la guerre est éternelle.

mCHAUD.

Ouï, guerre entre nous ! Je ne fais rien, pour la révolution ; tout pour Tordre. Passons au spirituel.

CHARDEVEL.

Ceci est plus curieux ; malgré vos soubresauts, je ne sais comment vous vous en tirerez.

Vous avez aussi découvert une transition ?

MICHAUD

Halte-là ! Je ne souscris pas aux nouveautés dans l*ordre religieux, je veux les pulvériser; mais,, au milieu de la multitude des esprits révoltés, égarés, iudiiïérents, comment faire triompher le vieux chris* tianisme? Armez aujourd'hui la vérité du sceptre de Constantin, des tortures de Tinquisition; demain les peuples raseront les églises comme ils rasèrent la Bastille. Soyons francs ; le souvenir des tyrannies et des persécutions pèse sur les âmes et les détourne de Dieu; Messieurs, le remède est indiqué, c'est par la liberté quMI faut restaurer la religion. Liberté

pour tous ; que chacun puisse enseigner sa doctrine et avoir sa chapelle. Si ratbéisme veut avdr un temple» je ne m'y oppose pas. Il est temps que la philosophie soit terrassée par nos aspii^tions dégagées de toute contrainte, qu^cIle perde T honneur de paraître défendre rindépendance de la pensée. C'est alors que le christianisme rentrera dans les cœurs aussi aisément quMl y entra au temps des apôtres, quand il n'avait d'armes que la vérité.

CHABDETEL.

Fausse monnaie que ce libéralisane des dévots I

MICHAUD

Eh I Monsieur, je sais comme vous qu'il n'y aura de vraie liberté que par la séparation absolue du spirituel et du temporel, c'est ce que je veux. Les Églises matériellement protégées sont moralement aiTaiblies, et l'État usurpe quand il se mêle de leurs affaires l Plus de clergés fonctionnaires au licou du budget, l'obole spontanée des fidèles les Tera libres et riches. L'Église libre dans l'État libre ! Peut-être y aura-t-il d'abord une foule de petites religions privées,^ d'autels domestiques, de cultes entre paravents; mais tôt ou tard la vérité chrétienne l'emportera sur cette concurrence illimitée ; la vertu du centre rappellera irrésistiblement tous ceux qui s'en seront écartéa. Peut-être plus d'une commune s'arrogera le droit d'élire ses prêtres, puisqu'elle les paiera; pourquoi s'effrayer de ce retour à nos temps primitifs, âge d'or du christianisme? Sans toucher à ses dogmes, TËgliae de Rome ne renouvellera-t-elle pas sa hiérarchie qui commença parie suffrage universel? Quant au

patriaiokie de saint Pierre, il a été pris suc T Italie qni le reprend» et nul n'y perd ; le temporel exigu dti pape en fait un roitelet, le patrimoine de Tapôtre KaiqK)rte moins que son denier.

CHARDEVEL.

Vous sauvez la religion en la remettant au concours T

MICHAUD

Vous Favez dit* Je yenx que toutes les opinions soient mises en demeure de se donner la réplique, au lieu de s'attaquer à distance ; j'appelle de tous mes vœux des congrès et des meetings où Torthodoxie et le rationalisme soient aux prises, pied contre pied, face à face ; les questions seront bien vite éclaircies. Nous verrons comment les philosophes seront accueillis lorsqu'ils diront, coram poputOj pourquoi ils ne veulent pas de la religion. Je ne sais si mon zèle m'entraîne trop loin ; mais il y a chez les femmes un sentiment religieux trop prononcé pour qu'il soit sage de leur refu* ser le droit de siéger dans de pareilles assemblées, le droit même de parler... Ah! Monsieur Chardevel, vous les condamneriez au silence dans l'intérêt de votre cause ; pour moi, je ne concevrais pas ^e, dans ub débat qui touche à tous les mystères de la consdence, les femmes ne fu^^nt pas écou^ tées, avec admiration même, si elles avaient l'élo* 4iuence ardente et chaste de Madame fioland. Tins* piration éblouissante de Madame de StaêL N'en douiez pas; les phiiosopties seront confondus par une résurrection du christianisme dans lequel le catho-

lictsme et la réforme se réconcilieront à la majorité des voix, et le génie de la conservation remportera sur le nouveau cbristianisoie pire que la philosophie. L'esprit humain est dévoyé de la vérité par le despotisme, il y retourne par la liberté. Périsse ce manuscrit dont j'abandonne les débris aux vents ou au Teu de la cheminée ! J'ai dit mon dernier mot.

MOKTËMATOR.

Enfin on va s'expliquer sur le Christ.

LE DUC

Que le débat reste entre nos deux amis.

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