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oui , il a toujours avoué sa dégradation primitive et universelle; oui, il a toujours cherché l'expiation dans le sacrifice; oui, partout et toujours il a cru qu'il n'y a de rémission que par le sang : Sine sanguinis effusione non fit remissioj^ oui, partout et toujours il a cru que l'innocent pouvait payer pour le coupable , et que l'efficacité des sacrifices était proportionnée à l'importance des victimes ; oui, partout et toujours , il a emporté avec lui l'espérance d'une victime parfaite, d'un sauveur, d'un libérateur, d'un révélateur; oui, l'Asie l'a attendu de l'Occident et l'Europe de rOrient, et un jour la grande Rome a parlé de cette attente par la bouche de ses grands écrivains , non à l'âge de sa jeunesse et de sa spontanéité collective, mais à l'âge de sa maturité complète, et elle nous a montré les regards de l'univers fixés sur le même point du monde :
« Tout l'Orient, dit Suétone , était plein du bruit de cette antique et ferme croyance, qu'il était dans les destins que vers ce temps on allait voir sortir de Judée * ceux qui régiraient ' l'univers : Percrebuerat oriente toto vêtus et constans opinio, esse in fatis, ut eo tempor'e Judœa profecti rerum potirentur.*' »
«On était généralement persuadé, dit Tacite, sur la foi d'anciennes prophéties sacerdotales, que Y Orient allait prévaloir, et qu'on ne serait pas longtemps sans voir sortir de la Judée ceux qui régiraient l'univers : Pluribus per-
(i) Uebr. 9. 2S.
(2) La Judée est li Toccident de TAsie , h Torient de TEurope.
(8) Les roattres pacifiques du cinquième empire, l'empire spirituel prophétisé par Daniel. (4) In Vespatian.
DANS l'histoire. 171
suasio ineraty untiquis sacerdotum litteris contineri ex ipso tempore fore ut valesceret Oriens, profectique Judœa rerumpotirenturJ »
Tacite et Suétone ne constatent pas seulement le même fait, n'énoncent pas seulement la même pensée, mais l'expriment par les mêmes paroles : c'est qu'ils étaient l'écho du même oracle devenu populaire à Rome.
Cicéron , malgré son scepticisme , n'a pu s'empêcher de remarquer auparavant cette prédiction , et demande dans son livre de la Divination, à quel homme s'applique l'oracle des Sybilles qui devait s'accomplir bientôt par la venue d'un roi qu'il faudrait reconnaître pour être sauvé : Sybillœ versus observamus, quos illa furens fudisse dici-^ tur. Quorum interpres nuper, falsa quœdam hominum fama dicturus in senatu putabatur, eum quem re vera