JE VIENS COMME UN VOLEUR
. {\) U. Thess. 2. 41. (2) Apoc. 20. 7. (8) Apoc. 46. 43-46«
428 LES ANTECHRISTS.
§iv.
On voit que la grande persécution décrite par saint Jean au chapitre XIII® de sa prophétie , terminera le règne de l'Antéchrist et sera suivie du jugement. La durée de ce règne n'est annoncée nulle part^ mais il n'en est pas de même de la durée de la grande tribtUation, de la grande et dernière épreuve de l'Eglise universelle.
c( II lui fut donné (à la bète ou à l'Antéchrist) une bouche qui se glorifiait insolemment, et qui blasphémait, et elle reçut le pouvoir de faire la guerre durant quarante^deux mm.
» Il lui fut donné aussi le pouvoir de faire la guerre aux saints et de les vaincre, et la puissance lui fut donnée sur les hommes de toute tribu , de tout peuple, de toute langue et de toute nation. Et elle fut adorée de tous ceux qui habitent la terre , dont les noms ne sont pas écrits dès la création dans le livre de vie de l'Agneau qui a été immolé. U
La persécution sera donc universelle, et durera trois ans et demi.
Mais le secours sera proportionné à Tépreuve. La vérité aura des témoins plus extraordinaires encore que les organes du mensonge, et tandis que les gentils, les sujets du nouvel empire idolâtre fouleront aux pieds la ville sainte, c'est-àdire l'Eglise de Jésus-Christ, pendant quarante-deux mois,* (( Je donrœrai à mes deux témoins ^ dit le Seigneur, de
(f) Apoc. 43. — Voir la note relalive k ces prophéties, dans T Appendice. f2)Ibid.4l.2.
LES ANTEGHRISTS. 429
pTùp/iétiser (aussi) durant mille deux cent soixante jours, ^ »
Cette prédication des deax témoins de Dieu sera prodigieuse :
» Ce sont les deux oliviers et les deux chandeliers qui sont devant le Seigneur de la terre. Si cpielqu'un veut leur nuire, il sortira de leur bouche un feu qui dévorera leurs ennemis. Ils ont le pouvoir de fermer le ciel , afin qu'il ne tombe point de pluie pendant le temps qu'ils prophétiseront ; et ils ont le pouvoir de changer les eaux en sang et de frapper la terre de toutes sortes de plaies toutes les fois qu'ils le voudront. Et après qu'ils auront achevé leur témoignage, la bète qui monte de Tabime leur fera la guerre, les vaincra et les tuera;* et leurs corps demeureront étendus dans les places de la grande ville, qui est appelée spirituellement Sodome et Egypte, où leur Seigneur même a été crucifié.' Et les hommes de diverses tribus, de peuples, de langues et de nations différentes , verront leurs corps durant trois jours et demi , sans vouloir permettre qu'on leur donne la sépulture. Les habitants de la terre se réjouiront de les voir eu cet état ; ils feront des festins , et ils s'enverront des présents les uns aux autres , parce que ces deux prophètes auront fort tourmenté ceux qui habitaient la terre (en les pressant avec puissance de
(4) 4i mois de 80 jours , ecloo la eomputsUoD hébraïque , font 4260 joun.
(S; Quoique la prédication des deux témoins doive durer le même espace de temps que la persécution de TAntechrist , il parait cependant qu'elle commencera auparavant. L'efficacité de leur apostolat sur les Juib et les chrétiens qu'ils détourneront du culte de l'Antéchrist , sera l'une des causes de la persécution où les martyrs seront innombrables.
(3) Jérusalem doit redevenir une des grandes cités du monde.
430 I^ES AI^TEGHRISTS.
se coflvwtir). Maïs trois jours et demi après , Dieu répandit en eux lespril de vie, ils se relevèrent, et ceu3^ qui les virent furent saisis d'une grande crainte. Alors ils entendirent une puissante voix qui venait du ciel et qui leur dit : Montez ici; et ils montèrent au ciel dans une nuée à la vue de leurs ennemis. — Le second malheur est passé, et le troisième viendra bientôt.^ »
Le second mallieur est la persécution même de TAntechrist, pendant laquelle, on le voit, Dieu ^assistera son Eglise par un apostolat surnaturel , plus puissant en paroles et en œuvres que l'apostolat du mensonge.* Aussi l'Eglise universelle donnera-t-elle à Dieu , dans cette dernière épreuve , des martyrs de toutes les nations , car la grande apostasie n'aura pas triomphé de la catholicité : «Je vis j dit l'Evangélisle-prophète , une grande multitude que personne ne pouvait compter, de toute nation^ de toute tribu, de tout peuple et de toute langue : ils étaient debout devant le trône et devant l'Agneau, vêtus de robes blanches et ayant des palmes à la main. Et ils chantaient : C'est à notre Dieu et à V Agneau qu'est due la gloire de nous avoir sauves. — (Mais) qui sont ceux-ci qui apparaissent vêtus de robes blanches ? Et d'oïl sont-ils venus J — Ils sont venus ici après avoir passé par la grande tribulation, et ce sont ceux qui ont lavé et blanchi leurs robes dans le sang de l'Agneau.^ »
Le mal triomphera donc du bien , humainement, et le bien ne triomphera qu'en souffrant et en mourant , jusqu'à l'arrivée du souverain Juge qui triomphera divinement.
(4)Âpoc. 41.
(%) Quels seront ces hommes prodigieux, ces puissants témoins de Dieu? Voyez la note m /Iim. (8) Apoc. 7. 9- 4 4.
LES ANTEGRRISTS; 481
«El je vis le ciel ouvert, — et celui qui s'appelle lè Fidèle et le Véritable, qui juge et combat justement. Ses, yeux étaient comme une fls^mme de feu; il avait sur la. tète plusieurs diadèmes, et il portait un nom que nul autre que lui ne connaît. Il était vêtu d une robe teinte de sang ; et le nom qu'on lui donne c'est le Verbe de Dieu. Les armées des cieux le suivaient, et il sortait de sa bouche une épée à deux tranchants. C'est lui qui foule la cuve du vin de la colère du Dieu tout-puissant. Et il porte écrit sur soo. vêtement : Le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs. — Et je vis la bête et les rois de la terre et leurs armées rassemblées. Mais la bête fut prise, et avec elle le faux prophète qui avait fait des prodiges en sa présence, par lesquels il avait séduit ceux qui avaient reçu le caractère de la bête, et qui avaient adoré son image. Ils furent jetés l'une et l'autre dans l'étang de soufre et de feu . w^* • ^ ^^
» Et Dieu fit descendre du ciel un feu^ qui dévora ses ennemis, et le démon qui les séduisait fut jeté dans l'étang, de feu et de soufre où la bête et le faux prophète seront tourmentés dans les siècles des siècles.
» Alors, je vis un trône blanc,* et quelqu'un assis dessus , devant la face duquel le ciel et la terre s'enfuirent; et îl n'en resta pas même la place. Je vis ensuite les morts, grands et petits, qui comparurent devant le trône : et les livres furent ouverts ; et puis on ouvrit encore un autre livre, qui est le livre de vie : et les morts furent jugés sur ce qui était écrit dans ces livres. Car la mer avait rendu les morts qui étaient ensevelis dans les eaux; et la mort et
(t) Cast la conflagration du monde. (S) Cest le jugement.
432 " LES ANTEGHHISTS.
le sépulcre avaient aassi rendu leurs morts ; et chacun fut jugé selon ses œuvres.
» Et l'enfer et la mort furent jetés dans un étang de feu.* C'est là la seconde mort. Et celui qui ne fut pas trouvé dans le livre de vie fut jeté dans Tétang de feu.
» Et je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle ; car le premier ciel et la première terre avaient disparu ; et la mer n'était plus.
» Et je vis la Jérusalem nouvelle qui venait de Dieu et descendait du ciel parée comme une épouse lest pour son époux. Et j'entendis une grande voix qui venait du trône et qui disait : Voici le tabernacle où Dieu demeure avec les hommes; et il demeurera avec eux, et ils seront son peuple; et Dieu sera leur Dieu. Il essuiera toutes les larmes de leurs yeux; et la mort ne sera plus : il n'y aura plus ni pleurs, ni.cris, ni afflictions, parce que le premier état sera passé : Prima abierunt.
» Alors celui qui étais assis sur le trône dit : Je vais faire toutes choses nouvelles : Ecce nova facto omnia.
» Et il dit : Écrivez : ces paroles sont très-certaines et très-véritables. — Il me dit encore : Tout est accompli ; * je suis l'Alpha et l'Oméga , le premier et le dernier , le principe et la fin. — Heureux ceux qui lavent leurs vêtements dans le sang de l'Agneau , afin qu'ils aient droit à l'arbre de vie.
(1) Apoc. c. 20. — La mort, c'est la puissance persécutrice ou la bète : l'enfer , c'est le dragon et ses anges rebelles. (S} Apoc. c. %i .
LES ARTEGHRISTS. 433
y> L'Esprit et l'Époose disent : Venez. — Que celui qui entend dise : Venez.... — Certainement je viens bientôt. Amen. Venez , Seigneur Jésus. ^ »
Quelle sublime poésie I diront ceux qui craignent tie croire. Qu'elle est grande cette image du jugement, et qu'elle répond bien à Yidéal de la justice que rien ne réalise à nos yeux 1 Toutes les âmes méconnues , calomniées , tra*bies, victimes de l'iniquité triomphante, ont rêvé cette manifestation publique des consciences. C'est à ce rêve du malheur que le christianisme donne un corps par le dogme du jugement général, par la foi au grand jour où seront jugées toutes les justices : Cum accepero tempus, Ego jtistitiasjudicabo^
C'est ainsi que cette puissante religion console les douleurs humaines; et tous les politiques sages.... souhaitent qu'elle dure!^
Et voilà comment on croit échapper à la vérité de la fin.
Mais si le souverain Juge laisse traiter de noble rêve la vérité du dernier jour du monde; s'il souffre avec patience les paroles de l'arrogance humaine, jusqu'au lever du soleil de justice; il n'attend cependant pas jusqu'à ce grand jour de sa providence, pour rendre à chacun selon ses œuvres.
Le regard incrédule qui tombe peut-être sur ces lignes, ferait bien de les parcourir jusqu'au bout, car celles qui suivent le regardent lui-même :
(h) Apoc. c a«. (8) Pi. 74. 8. f8} D« la prop. I. 4. c. 7.
434 ÉPILOGUET.
Statutum est hominibus semel mort, post hoc autem judicium. Il est décidé que vous mourrez , et que ce qui suivra votre mort, c'est voire jugement.^ . .
Or, voici le jugement de l'incrédule :
« Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique; afin que tout homme qui croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. Car Dieu n'a pas envoyé son Fils pour juger le monde; mais afin que le monde soit sauvé par lui. Celui qui croit en lui n'est pas condamné : mais celui qui ne croit pas est condamné, parce qu'il ne croit pas au nom du Fils unique de Dieu. Or, voici la condamnation : La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière : parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait le mal, hait la lumière, et ne s'approche point de la lumière, de peur que ses œuvres soient jugées. Mais celui qui vit selon la vérité, s'approche de la lumière, exposant au grand jour Içs œuvres qui ont été faites en Dieu.* »
Rentrez donc dans votre conscience, ç^i jugez-vous vousmême pour ne pas être jugé. ^ Que trouvez-vous au fond de votre âme : est-ce l'amour ou la crainte de la lumière? Si vous aimez la lumière, comment n'aimez-vous pas Jésus-Christ? Comment pouvez-vous méconnaître en lui cette lumière qui est venue dans le monde, et qui seule, luit divinement dans les ténèbres?
(1 ) Hebr. 9. 37. (2) Joan. 8. i 6-22. (3) I. Cor. 1 1 . 81 .
. ComD>ent ferez-vous donc pour échapper à la clarté de Dieu? Elle éclate au dehors , elle vous pénètre au-dedans, elle vous enveloppe de tous côtés.
VouiS vous êtes habitué à nous demander compte de notre foi ; mais en faisant ainsi, vous avez interverti les rôles / et vous avez placé le coupable sur le siège dû juge , car c'est à vous de rendre compte de votre incrédulité.
Quel droit avez-vous d'abord , de douter de Jésus-Christ ou de le méconnaître, après avoir entendu le témoignage rendu à sa Divinité par la miraculeuse harmonie des deux Testaments?
Prouverez-vous jamais qu'un autre que Dieu ait pu prendre à témoin le passé et l'avenir, ait pu faire conspirer ainsi tous les temps à sa gloire?
Quel compte rendrez-vous donc de votre incrédulité?
Etre attendu depuis Tprigine , venir j être reçu par tme postérité qui dure autant que le monde, n'est-ce pas le caractère de Jésus-Christ? N'est-il pas vrai qu'on trouve en lui et qu'on ne trouve qu'en lui, la réalisation d'un des-sein oii tous les siècles sont compris 9
Quel compte rendrez-vous donc de votre incrédulité?
Et quand vous voyez descendre de la croix le seul rayon divin qui luise dans les grandes ombres de l'histoire religieuse du monde , le seul qui éclaire la base sanglante du culte universel, quel droit vous resle-t-il de passer au pied de la croix en secouant la tête? ^
(4) Matth. 87. 89.
Quel moyen de méconnaitre dans les traditions universelles l'altération évidente d'ane même vérité et d'une même foi, de la foi à la vérité de la chute et de la rédemption?
Mais il ne vous a pas fallu chercher la vérité si loin , puisqu'elle est venue à vous la première, et qu'en sollicitant votre foi , elle y avait préparé votre àme.
Comment, en effet, ne pas croire à la chute, quand on en porte les traces , et à la rédemption , quand on est libre d'en goûter les fruits?
Comment ne pas croire à la solidarité de la faute ou de la tache, et à la réversibilité de l'expiation dans la grande famille, dans la grande société du genre humain, quand on y croit déjà dans toutes les autres familles et dans toutes les autres sociétés? N'avez-vous pas reconnu que vous y croyez comme tout le monde , et que vous tenteriez vainement, dans la vie pratique, de vous soustraire à cette double loi universellement et instinctivement admise à tous les degrés de la société humaine?^ Quel droit auriez^vous donc de la rejeter dans la société des sociétés , dans la famille des familles, dans celle-là même qui est l'unique source de toutes les autres?
La foi chrétienne en nous révélant la chute dont nous sentons les suites, et la rédemption que toute âme espère,' est ainsi en plein accord avec la nature, commeelle l'est avec l'histoire. Quel droit avez-vous donc de les rejeter toutes les trois , et quel compte rendrez-vous de votre incrédulité?
(4)Ci-des8U8,p. SOS-210.
(2) Omnù creatura ingemUcit...; et noi gemimui,... $wpieiant$9 r§i»mpiwnêm. (Rom. 8. n.)
Mais je vous entends : vous ne comprenez pas tout? Et parce qae vous ne comprenez pas tout y ne voyez-vous plus rien? Les faits cessentrils d'être des faits, pai*ce que leur dernière raison d'être vous échappe? Le chêne ne sortira-t-il du gland que lorsque vous aurez compris comment il en sort, et pourquoi il en sort chêne plutôt que palmier? La solidarité humaine, et la réversibilité des expiations sont des faits gravés comme la liberté et la responsabilité personnelle au fond de notre nature. De quel droit voulezvous conserver les uns et vous défaire des autres? Encore une fois donc , quand la révélation divii^e éclaire l'homme, elle le trouve si bien préparé à la reconnaître , que pour la renier sciemment il faudrait qu'il se reniât lui-même.
À ce fait divin de l'harmonie de la vraie religion avec la nature et l'histoire, il faut ajouter celui de la perpétuité et de la vitalité constante de la foi chrétienne, fait auquel on ne peut rien comparer dans les annales de l'esprit humain , et qui manifeste avec éclat la source unique de la vérité toujours ancienne et toujours nouvelle , toujours plus jeune que la dernière des erreurs , parce que l'éternité n'a pas d'âge.
Cette perpétuité toujours jeune, comment l'expliquerezvous sans Dieu, en restant fidèle à vous-même? Ck)mment écouterez-vous la voix de la raison, sans que ce grand fait enlève le repos à votre incrédulité?
La catholicité viendra vous troubler à son tour, et si vous cherchez à vous tranquilliser par des comparaisons, vous le chercherez vainement. Quand donc avez-vous rencontré les apôtres du bouddhisme ou de l'islamisme cherchant à répandre la vérité chez nous, je ne dirai pas
au prix de leur sang, mais au prix de leurs peines? — Vous savez bien que Tapostolat de Jésus-Christ est le seul catholique ; que l'Eglise seule a des enfants de toutes les races, en Chine, aux Indes, au^ Japon, en Afrique, en Amérique, dans TAuslralie; qu'elle y a même toujours ses confesseurs et ses martyrs, comme elle les eut dans les Catacombes , quand elle vint à Rome d'Antioche et de Jérusalem. Vous parlez des religions de l'Orient et des religions de l'Occident : mais ignorez-vous que l'Eglise est venue de l'Asie où Dieu l'a fait naître avec la première famille humaine? Ne savez-vous pas que Jésus-Christ la fit renaître là même où elle était née, et que c'est de l'Orient qu'elle a gagné l'Afrique , l'Europe et le Nouveau-Monde appuyée sur le : Docete omnes génies?
Montrez-moi donc hors du symbole des apôtres, un Credo chanté dans toutes les langues. — Ce fait de la catholicité brillait , dès les premiers siècles , d'un éclat si divin , que saint Augustin y voyait la main de Dieu avec la même certitude que les apôtres la virent en Jésus-Christ ressuscité ; et plus de mille ans après saint Augustin , Bossuet voyait dans le même fait le miracle subsistant qui démontre la vérité de tous les autres.
Pourquoi ce qui est clair aux yeux de saint Augustin et de Bossuet, ne l'est-il pas aux vôtres? La faute est-elle du côté de la lumière , ou du côté de l'œil qui n'en jouit plus?
Mais voici Jésus-Christ qui s'approche et vous promet la vue , si vous la voulez. Quid tibi vis faciam? Que voulez-vous que je vous fasse? Que ne répondez-vous, comme TAveugle de l'Evangile : Rabboni, ut videam : Seigneur^ que je voie.
Il ne vous promet pas seulement la vue , mais la guérison de votre àme. f^enez à moi et je vous guérirais II veut même vous donner une vie toute nouvelle, si vous vouiez le pain vivant descendu des deux.
Tous ceux qui ont cherché en lui la lumière et la vie, sont là pour vous dire tous qu'ils l'ont trouvé plein de grâce et de vérité. Pourquoi refusez-vous donc de faire l'épreuve de la fidélité de Dieu?
Auriez- vous peur de voir? Auriez-vous peur de vivre? Serait-ce que cette vie demande la lutte, la lutte contre ce que vous savez bien?
Mais si cette lutte coûte à notre faiblesse, elle est facile à la foi qui prend Jésus-Christ avec elle pour faire la conquête de la paix et de la gloire. Ce qui ne coûte rien vautil quelque chose? Et puis, qu'avez- vous à perdre , sinon le vide, l'ennui, l'amertume que Dieu laisse se répandre sur toutes vos voies , pour vous rappeler à lui?
Pourquoi ne revenez-vous pas?
Est-ce parce qu'il faudra brûler ce que vous avez adoré, et adorer ce que vous avez brûlé? Mais à quoi sert de vouloir brûler ce qui est adorable, et de vouloir adorer ce qui doit être jeté au feu? à quoi sert d'être Gdèle à la cendre et d'être infidèle à la vie?
Le monde vous blâmera, sans doute, puisque vous ne lui sacrifierez plus ; mais le monde passe avec ses ignorances et ses mensonges , et avant même que vous paraissiez devant Celui qui reste et qui vous jugera, ne savez-vous pas de quelle joie est inondée l'âme qui ne demande plus
au monde ce qu'il veut, mais qui veut elle-même ce qu'elle doit y et s'en va , jusqu'à la mort , répétant la parole qui a fait saint Paul i Seigneur , que voulez-vous que je fassef
. Vous craignez peut être ce joug de la loi de Dieu, et pour votre esprit qui veut penser librement, et pour votre cœur qui veut aimer de même ? Mais ne savez-vous pas que ce joug est suave justement parce qu'il rend libre ? La vérité ne délivre-t-elle pas l'esprit de la servitude du mensonge, et le cœur de la servitude des passions ? Ne comprenez-vous pas ce mot : Feritm liberabit vos ? Comment échapper aux doctrines qui changent et qui passent, entraînant avec elles les esprits captifs dans des voies perdues; comment échapper aux caprices de l'opinion , au flux et au reflux de toutes les erreurs, sinon en servant la vérité qui nous fait régner sur tout le reste ? Ne goûtez-vous pas cette parole : Cui servire regnare est ?
Pendant que vous délibérez, vous marchez, et vous marchez vers le terme , vers le jour et l'heure où vous serez jugé sur le choix même qui fait le grand objet de la vie.
Ce qui est, est. Les nuages qui montent de votre cœur et obscurcissent vos regards, n'y changeront rien. La puissance qui vous a créé, l'amour qui vous a racheté, est en même temps la justice qui vous jugera. Or, elle vous jugera selon les lumières que vous aurez reçues. Vous semblez vous inquiéter quelquefois du salut des hommes privés des dons qui vous ont été faits. Laissez-les à la miséricorde de Dieu, et inquiétez-vous de vous-même.
En se révélant à votre âme, Jésus-Christ n'a-t-il pas donné à sa parole et à ses œuvres assez d'ombre et assez
de lumière pour rendre votre foi certaine tout ensemble et méritoire ? La profondeur et la clarté de la révélation n'en prouvent-elles pas toutes les deux la source ? La lumière serait-elle de Dieu si , répandant sur nous ses clartés , elle
ne restait elle-même inaccessible ?
C'est dans cette clarté souveraine que Jésus-Christ vous apparaît comme le maître des temps et le maître des cœurs, comme votre Père, votre Sauveur et votre Juge; et en se révélant à vous , il vous révèle vous-même à vous-même , ce qui n'est pas moins d'un Dieu que tout le reste.
Mais il veut maintenant que vous vous révéliez à votre tour. C'est l'unique moyen de jouir intérieurement de la lumière qui vous inonde. Ouvrez-lui donc votre âme afin qu'elle y entre , mais ouvrez-la-lui tout entière. Faites du moins pour la guérison de votre âme ce que vous feriez pour la guérison de votre corps; découvrez toutes vos plaies, afin que nulle n'échappe au sang de la rédemption ; faites le grand acte de justice que Jésus-Christ vous commande et dont vous sentez vous-même le besoin : Confessez tout ce que vous êtes; et bientôt vous confesserez aussi dans la joie'; d'une vie toute divine, que Dieu est vraiment dans le Christ se réconciliant le monde, * et que le Christ est par-dessus tout le Dieu béni dans tous les siècles.^
(Ijll.Cor. 5. 19. •* (2) Rom. 9. 5.