APPEKOIGK
après sa chute , de la grdce urUvemelhàe (a rédemption , et du salui des
Sur cçs trois question^ , Tauteur des Eludes défigure encore la foi , et prétend faire découler de renseignement de TEglise des conséquences qu*il ne contient nullement et que TEglise a hautement et constamment réprouvées.
(Test ainsi que du dogme du péché originel tel qu^il a éU formulé par l'Eglise {Etudes, tom. I. p. il8.), sortent, selon lui, les horreurs suivantes :
4® «Que les enfants non baptisés sont condamnés atix peines étemdUs (P. 154 et 463.) ; car M. Laurent pense que les définitions et les distinctiens des scolastiques tentent vainement ici de mettre la théologie eo harmonie avec Thumanité. »,
3" « Que par le péché originel, la nature humaine est viciée dans son essence (P. 446.); corrompue dans son essence (P. 448.); qi^elle n'est plus capable que de mal sans le secours de la grdce (P. 446.); gu« tous les membres du genre Humain sont confondus en iine masse qui ne laisse aucvk£ LIBERTE A Vindividu; que la solidarité du péché détruit l'individualité humaine (P. 447.); et que chez les élus, la liberté humaine disparaît dans Vaction toute-puissante de Dieu, » (P. 444 .)
3® <tQue cette corruption (essentielle de là nature) entratne la damnation de immense majorité des hommes (P. 446.), parce que la grdce esi le privilège de q^elque» élus (P. 444 .), d'un petit nombre de saints (Ibid.) ; ' que le péché originel faisant du genre humain une masse damnée que le Séparateur divin peut seul sauver , la conséquence logique de cette doctrine , <fest que toute l'humanité antérieure à Jésus-Christ est avouée à la mort étemelle, car le christianisme antérieur à Jésus- Christ est luxGifxi par saint Augustin! (P. 464-465.) Que toute la gentilité se trouve ainsi exclue de la vie éternelle, puisque tous ceux qui n'ont pas connu le Médiateur sont livrés au feu de l'enfer, en vertu de cette croyanc£ qui a eu un si funeste retentissement: Hors de V Eglise, pas de salut li^ (P. 449.) — Et c'est après avoir agencé toutes ces belles choses , que M. Laurent conclut : Ainsi le dogme du péché originel , tel qu*il a été formulé par TEglise , est en opposition avec la notion de Dieu et de la nature de Thomipe. — Nous
APRENOIGE. ^9
engageons forlemént M. Laurent d*aJoQter k sa nomenclature les chapir tres relatife à Josué , k Galilée et k la Saint*Barthéien)i * afin de fournir au complet à aee lecteurs , le bagage scientifique des commis voyageurs.
Pour nous » pauvres scolastiques , voici ce que nous savonb sur les trois points où M. Laurent vient de tiotfs formuler le dogme de l*EgIise ,
avec toute Tassurance d un pontife. •
4"* Il est faux que l'Eglise enseignlB que les enfants privés de la grâce du baptême soient destinés au feu éternel. Innocent III , pontife qui noqs inspire plus de confiance que le nouveau révélateur-» nous dit' que la peine du péché originel est la siii\ple privation de la vision intuitive, et que le supplice éternel n'est réservé qu aux péchés graves et personnels. Pœna originalis peecati est carentia visionis Dei, actualis vero pœnapeccati est gehenncB œtemœ crudatus. (Gap. Majores^ — De Bapt,)
Saint Grégoire de Nazianze si vénéré dans toute TEglise pour la complète exactitude de sa doctrine , et que saint Jean Chrysostônie appelait . son mattre, dit des enfants décédés avant le baptême :.*i Ils ne seront point condamnés aux supplices par le juste juge; ils ne doivent pas être rangés parmi les méchants, pour n'avoir pas reçu le sceau chrétien, Ctlui qui est indigne d'une récompense ne mérite pas pour cela dCétre puni. — Nec coflesti gloria, nec suppliciis ajusta judice afficientur; utpote qui , licet signati non fuerint , improbitate tamen careant. Neque qui honore indignus est, statim pœnam promeretur. » (Orat. 40.)
Saint Grégoire de Nysse dit de même : ^La mort prématurée des enfants nous donne à entendre qu^Us ne sont, après cette vie, ni dans la douleur ni dans la tristesse* — Immatura mors infantium neque in dolfribus ac miJBstitia esse eum qui sic vivere desiit, intelligendum esse suggerit, » {Orat, de infantibus, etc.) '
Saint Thomas d'Aquin explique avec sa clarté ordinaire pourquoi ees enfonts » loin de souiTrir de la privation de la vie surnaturelle . sont heureux de la possession des biens naturels qu'ils tiennent de la bonté'divine, et jouissent de Dieu lui-même par la connaissiance et Tamour qu'ils en ont naturellement : aSeprivari talibono (sopernaturali) animœ puerorum non cognoscunt, et propter hoc non dolent, sed hoc quod per naturam iwibent , absque dolore possident, » (Qua:stiones. Quœst. 5. De pœna orig, pec.
art . 3 .) -^ « Pueri nunquam fiterunt proportionali ad hoe quod nitam cel/crnam haberent; quia nec eis d^)ebatur ex principiU naturœ, cum ùmnem facultaUm naturœ excédât, nec actus proprias habere potuerunt quitus tantum bonum consequerentur : et ideo nibil omriiio dolebdut de carentia visionis divines , mo magis gaudebdut de hoc quod participabunt muùum divina honitate, et perfectionibus naturalibus, — Deo conjunguntur per particim/tionem naturalium bonorum : et ita etiàm de ipso gaudbeb poterunt naturali cognitione et dilectione. » {In IL Sent. dist. B). q. 2. a. t.)
Cette doctrine de saint Thomas est celle de Pierre Lombard, de saint Bonaventare , de Jean Diins (Scot.) Ce ne sont donc pas seulement les modernes, comme le père Lacordaire , qui traitent ainsi la question de la peine du péché originel , mais ce sont les docteurs du moyen âge et les Pères des premiers siècles.
M. Laurent comprend-il maintenant pourquoi la peine du péché originel n*esl pas à notre égard une peine en soi , et pourquoi elle ne mérite ce nom que relativement k la privation qui a suivi la prévarication d*Âdam ? Comprend-il aujourd'hui qu il n y a rien compris lorsqu'il a adressé cette na!ve semonce au père Lacordaire : « Ou le péché originel n*est rien , ou il mérite une peine ; s'il mérite une peine , quelque douce qu'elle soit , vous infligez un mal k un être innocent. Imputer un pareil acte k Dieu , c'est , pour nous servir de votre expression , de la démence. » {Etud. p. 464.)
Mais j'ai saint Augustin pour moi , c'est-k-dire pour le feu éternel , répondra notre adversaire.
Nous répondons k cela trois choses auxquelles nous prions Taoteur des Etudes de bien faire attention :
En premier lien : il est vrai que saint Augustin suppose en plusieurs endroits que. les enfants morts sans baptême doivent partager nécessairement ou la joie du ciel ou le supplice de l'enfer ; mais ce qu'il avait avancé dans l'ardeur de la prédication ou de la controverse avec les pélagiens (ceux-ci prétendant que sans la grâce sanctifiante on pouvait parvenir au bonheur surnaturel de la vision intuitive) , il l'a corrigé en disant : c Elle sera certainement la plus douce de toutes les peines , celle de ceux qui, outre le péché originel qu'Us ont contracté, n'en ont c<Mnmis aucun
autre : MiHêsima sane omnium pœna erit eorum , qui prcstêr pecoaltum quod originale traxerunt, nuUum inauper addidêrunt,* » {Enehiridion, c. 93.) Il s'exprime d'ailleurs de la même manière dans ses livres contre Julien : c Quis dubilaverit parvules non baptizatos , qui solum habent originale pçocatum , nec ullis propriie aggravantur , in damnatione omnium levissima ftituros T » (L. 5. c. 4 4 .)
Si dans cette correction ou cette rétractation (car les rétractations n'ont jamais rien coûté au grand génie de ce grand saint) , si > disonsnous , dans cette rétractation , saint Augustin entend parler d'une peine dans le sens relatif exposé par les autres docteurs que nous avons cités , et non d'une peine proprement dite et 6n «oi, il a parlé avec la même exactitude que saint Thomas et saint Grégoire de Nazianze. Sinon , il a moins bien vu qu'eux.
En second lieu , il ne s'agit pas des sentiments particuliers de tel ou tel docteur , de tel ou tel Père, il s'agit du dogme tel qu'il a été formulé par VEglise. (Etudes, p. 448.) Or, 1 Eglise n'a jamais rien formulé de semblable à la doctrine que vous lui attribuez. La chose est certaine, indubitable. Il n'est pas moins certain cependant que vous lui attribuez cette doctrine , car après avoir exposé celle de saint Augustin k la manière de Jansenius (P. 439-444.) , et après l'avoir examinée et jugée vous-même (P. 445-447.), vous concluez (P. 448.) en disant : « Ainsi, le dogme catholique du péché originel, tel qu'il a été formulé par VEgliee, est en opposition avec la notion que nous avons de Dieu et de la nature humaine. » — 11 serait donc bien temps de. commencer aussi un livre de rétractations.
En troisième lieu : vous ne vous contentez pas de confondre ici la doctrine de saint Augustin qui doit être expliquée par l'ensemble de ses œuvres , avec le jansénisme qui l'a mise en pièces pour n'en garder que des lambeaux ; mais vous semblez confondre avec le dogme tout ce qu'a écrit le Docteur de la grâce, soit au sujet du péché originel , soit au sujet de la grâce , soit au sujet de la liberté. Or , c'est là une nouvelle erreur , car ceux qui ont avancé que tous les écrits de saint Augustin avaient la
(1) U Cardikul CooMet penw oonme LeIbniU «a i^Jet de certain* (MMagee de Hint Aogutfa , c'eiU dire qne kMiot docteur ttA quelquefois porté à entrer les choses dini U cbslear de ses enfifeoenta. (LcthniU; PriT. ée b rMbd. de. per >. Uwent.)