AFPCNDIGB
sanction ée rE^tse , soat ^en opposition avec la déclaration formelle de Gélestin I*' élevé sur le Saint-Siège en ii%, et avec celle dlnnocent Xli. — En effet , Gélestin 'ayant appris que quelques prêtres ganlois attaquaient la doctrine de saint Augustin après la mort de ce défenseur de la grâce , écrivit aux évéques des Gaules contre ceux qui avaient osé Tattaquer ; en ajoutant néanmoins que rien n'obligeait à s'attacher à tous les raisonnements de ce Père , et à ses diverses manières d^établir les articles reconnus pour vrais dans la matière de la grâce. — Le célèbre cardinal Sadolet avait donc raison de dire que TEglise n*ayant défini que trois vérités de foi contre Pelage , laissait la liberté de penser autrement que saint Augustin sur le reste : Nec tamen, si non cum Augustino , idcirco ab Ëcclesia cathoîica dissentio, quœ, tribus tantum Pelagii capitibus imprf^xUis, cœtera libéra ingeniis disputationibusque reliquit. (Le G. Sadolet au G. Gontarini.)
Ges trois dogmes de foi sont : que la nature humaine a besoin d'une grâce actuelle et intérieure pour commencer et pour finir toute action méritoire de la vie éternelle (du bonheur surnaturel), même pour former de bons désirs dans l'ordre du salut; que par conséquent cetle grâce est purement gratuite, prévenante, et non prévenue ni méritée partes efforts naturels de Thomme ; que c'est le fruit des mérites de Jésus- Ghrist et non des nôtres.
Nous ne méritons donc pas la grâce, puisque c'est la grâce qui nous fait mériter, mais en usant bien de la grâce , en y coopérant libreBMOit et fidèlement jusqu'il la fin,, nous méritons le ciel.
f'Ce que nous avons dit de l'erreur de M. Laurent sar le sort que fait la foi aux enfants morts sans baptême, s'apphque k bien phis forte raison à ses autres erreurs sur la liberté et la grâce, puisqu'il énonce k ce sujet comme dogmes formulés par l'Eglise, non-seulement ce qu'elle n'enseigne pas, mais ce qu'elle réprouve et condamme hautement.
< Qu'il soU an^lhàme, dit le Goncile de Trente, celui qui dit que le libre arbitre de l'homme a été perdu ou éteint depuis le péché <f Adam, et que ce n'est plus qu'un vain noml » (Sess. 6. can. 5.)
M. Laurent, ses maîtres et ses élèves l'entendent-ils? — Qu'ils écoutent encore : « Qu'il soit anathème , celur qui dit que le libre arbitre de
fbooime, mu el excité de Dien, ne coopère en rien,, en coneentant à la grAce qoi Tezcite et rappelle» pour se diaposer et se préparer ï la justification, et qu*i^ne peut refuser sou consentement, s'il le veut, mais que, comme un être inanimé, il ne fait absolument rien, et qu'il est purement passif! » (Ibid. can. i.)
LTgUse a également condamné les propositions suivantes de Jansenius: •
a Dans Fétat de nature tombée, on ne résiste jamais k la grâce inté* rieure : Intmori gratiœ, in statu naturœ lapsœ, nunquam reavstitur, »
a Pour mériter et démériter dans Pétat- de nature tombée , la liberté qui exclut la nécessité n'est point requise dans l'homme ; la liberté qui exclut la coaction suffit : Ad merendum et demerenduni, in statu naturœ lapsce, non requiritur in homine Itberta^ a necessitcUe, Àed sufficit libertas a coactione, »
«Leesemi-pélagiens admettaient la nécessité de la grâce intérieure et prévenante pour chaque acte particulier; mais ils étaient hérétiques en ce qu'ils voulaient' que cette grâce fût telle , que la volonté de l'homme pût lui résister ou lui obéir. — In hoc erant hcfretici , quod vellent eam gratiam ttHem esse, eut posset humana wluntas r^stere vel obtemperare. »
« Tous les Pères de l'Eglise,- en reconnaissant la nécessité de la grâce, proclament en même temps la liberté de l'homme. Qu'il nous suffise de citer saint Augustin , sur Taotorité duquel les jansénistes prétendent pouvoir appuyer leurs erreurs. Voici comment il s'exprime sur ces paroles de saint Paul : Ne vous laissez pas vaincre par le mal : v (Test à la volonté même que s'adresse le précepte de ne pas se laisser vaincre ; il l'avertit qu'elle n'est vaincue que parce qu'elle Veut. Car vouloir et ne •vouloir pas, sont des actes propres de la volonté : Utique cuidicitUr, noli Vinci, arbûrium voluntatis ejus sine dubio convenitur. Velle enim et nolle propriœ voluntatis est. » {De la Grâce et du libre Arbitre, ch. 3.) — Il dit encore « que Dieu nous a créés libres , et que nous ne sommes point ' entraînés par la nécessité, ni%k la vertu ni au vice : Nec ad virtutem nec ad vitia necessitate trahimur; qu'il n'y a pas de récompense où il y a nécessité : Ubi nécessitas, nec corona est (De la Nature et de la Grâce, contre Pelage, c. 55.); que notre libre arbitœ est affranchi de tout lien de nécessité : Abomni vinculo necessitatis. y {Cont. Faust, 1. 8. c. 5.)
«Il est donc constant, ajoute le cardinal Gousset, que selon saint Augustin, rbomme demeure libre sous l*empire de la grâce, quoique, nous le reconnaissons, ce docteur ne se soit pas toujours exprimé avec toute la précision qu^on pourrait désirer sur cette question. Dans ceux de ses écrits où il établit contre les pélagiens les droits de la grâce, il parait quelquefois, déprime abord, nier ce qu'il admet clairement ailleurs. Non, le grand évéque d*Hippone ne pensait point autrement que TEglise sur la grâce et la liberté; et quiconque lira ses écrits, en prenant comme lut pour guide renseignement catholique, le reconnaîtra. » (Gard. Gousset. ThéoLDogm. tom. 8.)
M. Laurent veut que le P. Lacordaire ait fait un hérétique de saint Augustin ! Mais voici ce que saint Augustin dit de l*hérésie : « Je puis errer, mais sans obstination dans V erreur, je ne serai jamais hérétique: Sine pertinacia errare quidem potero; sed hœretictis non ero. [Epist. 46.) Saint Augustin n'a*l-)l pas admirablement prouvé que TEglise , par ses caractères, est le fait permanent qui prouve k tous les siècles la divinité de Jésus-Christ, et ne nous a-t*il pas dît et redit pourquoi il ne croirait pas à TEvangiie si Tautorité de l'Eglise catholique ne Ty déterminait? Supposé donc qu il y ait dans ce qu*a écrit ce grand homme des passages qui n'échappent è Terreur que par Fensemble de ses œuvres, il est évident qu'au lieu de les isoler de la doctrine de l*Eglise, il faut, comme il Ta toujours voulu lui-même, les mettre en harmonie avec elle.
On y est surtout obligé quand en exposant la doctrine de saint Augustin, on prétend formuler cellede V Eglise elle-même. M. Laurent avoue, il est vrai, que saint Augustin a voulu concilier la grâce et la liberté» mais il prétend que Tévéque d*Hippone a échoué dans cette tentative , parce que , selon l'interprétation janséniste , c'est la grâce qui rend \ l'homme la liberté perdue par la chute (!) , et seulement au petii nombre des élus que Dieu relève de la chute! (Etudes, p. 458.)
d^" Nous arrivons donc ë la troisième catégorie des erreurs que M. Laurent confond avec les doctrines catholiques.
Voici ces erreurs : La grâce est le privilège cfun petit nombre (P. 444 ); le péché originel damne la masse du genre humain; la conséquence logique de ce dogme , c'est que Vhumanité antérieure à Jésus- Christ est vouée à la mort éternelle ; qu'il en est de même de toute la gentil
îité, puisque tous ceux qui n'ont point connu (!) le médiateur sonP voués au feu de Venfer en vertu de la croyance : Hors de VEglise pas de salut
Examinoûs donc si la dogmatique catholique est bien celle qu'a imaginée M. Laurent :
< Dieu veut le salut de tous les hommes ;r ot Jésus-Christ est mort pour tous les hommes, pour tous sans exception : Pro omnibus omnino hominibus. Tel est l'enseignement des auteurs sacrés, des Pères et des Docteurs de l'Eglise, des Conciles et des souverains Pontifes ; et TEglise a condamné cette proposition de Jansenius qui affirmait le contraire : Semi-pelagianum est dicere, Christum pro omnibus omnino hominibus mortuum esse aut sanguinem fudisse.
yk Dieu veut, d'une volonté vraie, réelle, le salut de tous les hommes. Il leur donne donc k tous, les moyens nécessaires au salut. Dieu commande à tous les hommes d'observer sa loi , tous les hommes peuvent donc l'observer ; mais ils ne peuvent l'observer qu'avec la grâce : la grâce est donc accordée à tous les hommes : « Dieu ne commande point l'impossible , dit le Concile de Trente ; mais en commandant il avertit de faire ce que l'on peut , et de demander ce que l'on ne peut pas ; et il aide , afin qu'on le puisse : Deus impossibilia nonjubet, sedjubendo monet, et facere quod possis, et petere quod non possis; et adjuvcU ut possis. » (Sess. 6. G. H .) — Le Concile se sert ici des paroles mêmes de saint Augustin. {De la Nature et de la Grâce, c. i3.)
La voilà donc l'admirable et consolante doctrine de la vérité : Dieu impose sa loi a tous les hommes , mais il offre en même temps k tous , la grâce de la prière , grâce de gémissement accordée k notre misère : Postulat gemitibus; grâce d'une nature k part qui ne demande d'abord que la coopération de notre infirmité elle-même ; et c'est par cette première fidélité de notre faiblesse, que nous obtenons la force de la fidélité k tout le reste.
Le plus grand des hommes apostoliques des derniers temps, et en même temps le plus écouté des théologiens pour la direction des consciences , saint Alphonse de Liguori auquel il faudrait donner le nom de Docteur de la prière, a exposé avec lucidité et plénitude cette doctrine
catholique sur la grâce dans son ouvrage dogmatique sur le Concile de Trente, et^ans son Traité sur la prière où il réfute ex profe$80 les doctrines de Jansenius.
HaiS' continuons Fexposé de renseignement de la foi sur la grâce accordée k tous les hommes, justes , pécheurs , juife , païens ,' hérétiques» musulmans, incrédules, etc.
«Ilestdefoi que les commandements de Dieu sontpossibles aux justes, et que la grâce nécessaire et suflSsante pour les observer ne leur manque jamais. Le dernier Concile œcuménique frappe d'anatbème celui qui prétend que les cdmnafandements de Dieu sont impossibles à celui qui est justifié ; ' et le pape Innocent X a condamné avec louto TÉglise , comme impie, blasphématoire, hérétique, celte proposition de Jansenius : a Quelques commandements de Dieu , eu égard à leurs forces présentes , sont impossibles aux. justes qui veulent les accomplir, et font tous leurs efforts pour cela ;.il leur manque la grâce par laquelle ils leur soient possibles. » Il n'est donc aucun précepte c[ue le juste ne puisse accomplir , aucune tentation qu'il ne puisse surmonter. « Dieu est fidèle, dit TApôtre ; il ne permettra pas que vous soyez tentés au-dessus de vos forces ; mais il vous fera tirer avantage de la tentation , afin que vous puissiez persévérer.^» . '
» Secondement, il est certain que la grâce est accordée , non-seulement aux justes,, mais encore à tous les fidèles en.général, môme k ceux qui ont commis les plus grands crimes , et qui ont vécu, des années entières dans le péché. Nous mettons notre espérance dans le Dieu vivant, qui est le Sauveur de tous les hommes, principalement des. fidèles. Ce sont les paroles de saint Paul.' Nous lisons aussi, dans révangile de saint Jean , que Dieu a tellement aimé le monde , qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu'il ait la vie étemelle ; ^ ce qui s'entend de tous ceux qui croierU,
(I ) SI qvto dierit, praoeite Dd «dui JniUtoto tl rab gi^b coBiliUrto , «M ad ohi^ «nathena ait. (fleaa. 6. cariL is.)
()) ridcHa avteo l>eaa eat, qnl non patietar Tot tenUri aapra id qood potoatic, led (adet dian oin lenUdoM provntov ut potaMa anatinara. (I. Car. lO. il.)
(s) Speranna la Dram ti?ui , qui ipt aalvator o
(4)^aBin DeoadlUxitfliiudort, ot FiUom fivm tmlienitiMi terdi nt < pereal, aad habaal tIUbi «lemaBS. (Joaii. s. 16.)
de too8 les fidèles sans exception» des pécheurs, par conséquent, comme des justes. Suivant saint Pierre, le Seigneur agit patiemment k cause de vous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais que tous reviennent à la pénitence. ^ Je le jure par moi- même , disait le Seigneur k son peuple , je ne veux point la mort de Timpie ; mais qu*il se convertisse de sa mauvaise voie ; et qu'il vive. Convertissez-vous , convertissez-vous ; quittez vos voies corrompues. Pourquoi meurs-tu , maison d'Israël?... En quelque jour que l'impie se convertisse, son impiété ne lui nuira point.^ L-Ancien et le Nouveau Testament sont remplis d'exhortations et'de menaces de la part de Dieu à Tégard des pécheurs. Or , ces exhortations et ces menaces ne seraiçnt-elles pas dérisoires , si Dieu ne donnait pas aux pécheurs les forces nécessaires pour se convertir?
» Telle est , d'ailleurs , la doctrine des Pères de FÉglise , de saint Augustin en particulier. Parlant de ceux qui sont tombé3 dans l'aveuglement , il dit qu't2« ne sont pas entièrement prwés de la lumière intérieure de Dieu; ^ que le Seigneur est si plein de miséricorde ,- qu'il y a lieu d'espérer en lui , non-seulement pour les pécheurs qui se convertissent , quels qu'ils soient, mais même pour les impies;^ qu'on ne doit point désespérer du salut d'un homme, tandis quil est en vie; ^ qu'il ne faut désespérer de la conversion de personne, si ce n'est du démon fi Quand donc saint Augustin dit ailleurs que* Dieu abandonne certains pécheurs, il n'a pas voulu dire ajitre chose , sinon que Dieu A'a plus pour eux les regards de complaisance qu'il a pour les justes ; el qu'il ne leur accorde pas les mêmes grâces qu'auparavant. C'est dans le même sens que l'on doit entendre les passages de l'Écriture , où il est dit que le Seigneur s'éloigpe de ceux qui l'abandonnent; qu'il aveugle et endurcit les uns, et fait
(1) DontBiii ptttetar «glt proptor toi, votenstUqaM pcrire . ted oémiM ad pemitcntUn rcruti (a Mr. 1.9.)
(2) f Ito ego, dkft DomiBU Deof : nolo nortcn InpH , Md at eouTcrUtiir • vU •»,«! Tivat. OraTerllnlBi , coBTerUmiBl a Tlia veatrla pcMiaslt : et q«are norlcnfaii, domoa laraBlP... Impletaa iaptt nos nocabU ai, ta ViacinBqitadlaooaTcmiaftieritabliDplaUt«aM.{laeeh.3S. 11,11.)
fi) la oaa (c«dtat«B BCBliB) ^dU^ala «aMaAaMll, ab McrioraDd laea mOnUtu ,aa« nmémpmMitê, cm ta bac Ttta eat. (la Pu 6. B. 8.)
(ONalilamHeaadlpe Bilaarieordha, ut ad ta coBTmia, bcb aaliui qrihMlftal paocatoritan , aad allM iaipiia bob -ait daaparaBdam. (la Pa. 50. a. 18.)
(i) De BttDo Tlraale daapciMdBiB eat (la Pa. 16. a«nii. 3. a. 1 1.)
(<) Ipaonm (dbbetl al aagelonini cjua) UBtaaa daaperaBda eat conacUo. (ta Pi. M. b.'4.)
miséricorde aux autres. Celte manière de parler, qui est coromane ë toutes les langues , n'est point absolue ; elle signifie seulement qu^il laisse les uns t^aveugUr et s^endurcir, en les privant des grâces particulières et non nécessaires qu'il accorde aux autres dans sa miséricorde , et auxquelles le pécheur n*a aucun droit. Ne dites point : Dieu est cause que je me suis éloigné de lui; car c'est à vous à ne pas faire ce qu'il déteste. Ne dites point : C'est lui qui m'a jeté dans régarement ; car les méchants ne lui sont point nécessaires.*
» Troisièmement, il est certain que les Juifs avaient, sous l'ancienoe loi , des grâces suflBsanles pour observer les commandements de Dieu. Le pape Clément XI , et d'après lui TÉglise universelle , ont condamné l'erreur de Quesnel , qui soutient que , dans l'alliance judaïque , Dieu a laissé r homme à sa propre faiblesse, et le pécheur dans son impuissance, tout en exigeant ds lui la fuite du péché et Vaccompliesement de la loi.^ D'ailleurs , en mille endroits , le Seigneur rappelle aux Juife par Hoîse, et les prophètes , l'obligation d'observer ses lois ; ils pouvaient donc les observer ; mais ils ne le pouvaient qu'avec la grâce , qui leur était donnée en vue des mérites de Jésus-Christ. Aussi se plaiût-il amèrement des infidélités d'Israël : «0 habitants de Jérusalem, et vous, hommes de Juda , soyez jugea entre moi et ma vigne : qu'ai-je pu faire pour ma vigne que je n'aie pas fait? J'ai attendu qu'elle produisit des raisins, et elle n'a produit que des grappes sauvages... J'ai attendu qu'Israël Ht des œuvres de justice , et je ne vois qu'iniquité... ^ Jérusalem , Jérusalem , qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois j'ai voulu rassembler tes enfants, comme la poule rassemble ses petits sous ses ailes 1 et tu n'as pas voulu. ^ » Le Seigneur aurait-il pu faire ces plaintes aux Juife , s'il les avait laissés dans leur faiblesse, dans leur impuissance? s'il ne leur avait donné la loi que pour les perdre? Non , personne , dit un auteur sacré , ne peut accuser Dieu de lui avoir manqué , ou de l'avoir jeté dans l'égarement.'
(l)ll<»dlttri*ir«rl»raa abMl;4a««Btai«dllMfk«ii. llwdleiislBsHMlaphMTft;Mi tite Mrtt tuAt d bomioM InpU. fBedL IK. 1 1 , 12.)
(S) In fllo (rcDdera Jadafeo) Dent ciigit Aigno paMti H iB|4enettlMi Itgte a pveeiton, tdiBfM^lo il nu Impolentia. (Propoittfen 6*, eondmmde par la Mb DRMBiiiTpa.)
(S) IM. S, 3, «, 7. («) «fttth. 13. S7. (1) Bcdi ». 1 1. «H^
» Qaatrièmenieot , il est encore certain qoe Dien accorde aux païens et aux hérétiques les moyens nécessaires au salut. Il veut que tous les hommes soient sauvés , et arrivent ï la connaissance de la vérité : Omnes hùmittes vuU salvos (ieri, et ad agnitionem veriiatis vetUreA Le Verbe est la vraie lumière qui éclaire tout homme venant au monde.^ Cest pourquoi FÉglise a solennellement condamné les propositions suivantes : « Il n^est point de gr&ces, si ce n'est par la foi. » — «La foi est la première grftce et la source de toutes les autres. » -^ « Hors de TÉglise , il n'est accordé aucune grâce.'» — Le pape Alexandre VIII a également condamné cette autre proposition : «Les païens, les Juifs, les hérétiques et autres semblables, ne reçoivent aucune influence de Jésus-Christ : d*où vous conclurez fort bien que leur volonté est dénuée de tout secours et de toute grâce suffisante.^ » — D'ailleurs , saint Augustin , 5 saint Prosper, ^ Paul Orose,^ et généralement tous les anciens docteurs qui ont eu Toccasion de parler du salut des infidèles , reconnaissent que Dieu leur donne les grâces nécessaires au salut. «Si quelqu'un, dit saint Thomas, étant élevé dans les forêts parmi les brutes, suivait ce quil connaît de la loi naturelle , en cherchant le bien et en évitant le mal , on doit croire comme une chose très-certaine , Certissime est credendum , ou que Dieu lui ferait connaître , par une inspiration intérieure, les choses nécessaires Il croire , ou qu'il lui enverrait quelque prédicateur de ta foi , comme il envoya Pierre à Corneille.^ » — Ce qui toutefois ne veut pas dire qu'en faisant le bien , autant que possible , d'après la connaissance qu'il en a , l'homme mérite , en aucune manière , la première grâce du salut ; mais qu'en désirant , par un effet de cette grâce qui le prévient , de connaître
(nLadTim.2.4.
(2) Erat lot Tera, qoa Ulumliut oauMB honioea TcalcBlcB In buac Bimdttm. (Jon. l. 9.)
(1) Rolte dantur fniia, uUI per ftdan. — FidM est prima gntfa, et foM OBoim aliaran. — Eilra EedMUn , ■tiUa coMeditnr gratU. {PropotUiomM 16 , 27 «1 29 de ÇmmimI, ctmiamnétê par la MU llaMgaiTDa.)
(4) Nfanl, Jad«l, harelld, alflqm hsjut faaeria nvllini oamino acdpivnt a Jeni-€hrlato iaflaiu: adcoqm bine rccle laferea lu Olia eaac volunUtan nadan et lt«nMB,ilM omni gratla aoiBcieBU. (IMb-al dit 7 ééceitAn 1490.)
(5) ConftuUmê, 1. 10. c. 6; — B^pHeaUen du Pmmim It. a. i. etc. (S) D$ la mmMm dtêgenUlê, 15. 29.
(7) ÀfOlogiê dM Ubrt orMlrt.
(S ) Si alifiuit tttttritua in aylvia rd inter brat» anlmalia ditetiun rationto MianUa aaqnerelur, ta appaifla boal ot Aiga Bitt , certiaaine est crcdendan , quod d Deua Tel per laterDan inapinUoncan revcUrct ea qiM anal ad credanduaa aeceaaark , vél allqneo fldei pnedicatoren ad eun dlrigerat , akat niah Pelnm ad GoncUuBi. (A>r«Htar«,q. I4.art.
570 AprenDiŒ.
la volonté do souverain Maître, il prépare son âme à une grâce plus abondante , ^ui le disposa plus •prochainement à la foi , ç> une pH jJu» ou moins parfaite, plus ou moins explicits dans son objet, mais sufisante pour la justification. Le cœur de Tbomn^ est dans la main de Dieu , et Dieu lui-même éclaire celui qui n est pas éclairé ; il discerne celuLqui ne discerne pas encpre parfaitement la vérité de Terreur, et le bien du mal ; il dirige celui qui ne croit pas encore en lui , celui qui ne le connaît pas :.Nescienlmn dirigit, dit saint Augustin.^ » (Gard. Gousset. TkM. dogm. tom. S.)
En résumé, voici la doctrine catholique sur le salut des infidèles : « Leur infidélité est po«i(it?e,-ou elle est privative, ou elle est négative. Elle est positive dans ceux qui méprisent ou repoussent la prédication de rÉvangile ;' privative dans ceux qui sont dans Tignorance volontaire de la divinité du x:hristianisme ; négative dans ceux qui n'ont point entendu parler de la révélation chrétienne. Or l'Église n excuse point et ne peut excuser ni Tinfidélité positive , qui est directement volontaire ; ni Finfidélitéprtratire, qui est volontaire dans sa cause : Prêches VÉvangile à toute créature; celui que ne croira pas sera condainné. Mais il n en est pas de même de l'infidélité négative; comme elle est lefiet d'une ignorance involontaire , elle ne saurait être criminelle, a Si je n'étais point venu , dit Noire-Seigneur, et que je ne leur eusse point parlé', ils ne seraient point coupables : Peccatum non haberent. > » On n'est point obligé de croire ce qu'on ne connaît pas ; comment croiront-ils à Jésus- Christ, s^ils n'ont point entendu sa parole? Et comment f entendront-ils , si personne ne la leur annonce? ^ Aussi , loin d'imputer Tinfidélité k ceux qui ne croient pas à TÉvangile faute d'en être instruits, l'Église a condamné solennellement cette proposition : ^ Uinfidélité.purement négative en ceux à qui Jésus-Çhrist n'a pas été prêché, est un péché. ^ » Il est donc vrai , en ce qui regarde les infidèles, que l'Église ne damne , pour cause d'infi^délité , que ceux qui, en méprisant les hommes apostoliques, mépriseni Jésus-Christ : Qui vos spemit , mt spemxi.
ri}8rni.9f,«liM,hMB.lj.- '
(2)Jmr. 15.12.
(1) QwBodo eradepi «I qvM bm mdhmt f QmBode raim audlent ilDe pradieaate f (lom. 1 1. 1 4.)
(«} Voycs ks BuUm d« nlni Pia V. da fktitaHn XIU a« d'OrbalD Vltf, eoDin laaVnvan da BdÉa.
> Nous pouvons ajouter , sans craindre de nous écarter des décisions de l'Église /que les infidèles qui n*ont point connaissance de rÉvangile ao&t dans Tétat où se trouvaient les gentils avant la venue du Messie ; ils nont pas d^autres devoirs à remplir, tant en matière de religion qu*en morale , que ceux qu ils connaissent par la loi naturelle et par réducation qui leur a transmis, quoique altérées, les traditions prinûtives sur Dieu , la divine Providence , la promesse plus ou moins confuse d un Rédempteur, et lexistence d'une autre vie. Le Sauveur n*est point venu poui' la perte , mais pour le salut du monde. On ne peut supposer que le salut soit devenu impossible pour des nations entières, k partir du moment oii Jésus-Christ a consommé sur la croix Tceuiure de la rédemption du genre humain. L*infidèle qui croit comme venant de Bieu. tout ce qu*il sait de la vraie religion , désirant sincèrement connaître en tout la volonté divine , croit par là même implicitement ce que nous croyons , et sa foi étant l'effet de la grâce , qui ne manque à personne , quelque imparfaite qu'elle soit, peut absolument suffire au salut. Si donc il observe la loi de Dieu telle qu'il la connaît , il se sauvera ; mais il se sauvera dans l'Église à laquelle il appartient, quant à l'âme, par les dons intérieurs de la grâce.
> Il est vrai qu'on né peut entrer dans le royaume de Dieu que par le baptême. Mais les théologiens distinguent, d'après l'esprit de l'Évangile et l'enseignement des saints Pères , trois sortes de bapléme : le baptême d'eau, le baptême de désir, et le baptême de sang, ou le martyre. Or le baptême de désir, ou le désir du baptême, dans celui qui aime Dieu pour lui-même par-dessus toutes choses, supplée le sacrement. Le Concile de Trente ne regarde le baptême comme nécessaire que quant k la chose ou au désir de la chose , in re vel in voto,* Ce qui peut très-bien s'entendre du désir implicite, tel qu'il se trouve dans celui qui, sans avoir connaissance du baptême, est dans la disposition de faire tout ce que Dieu prescrit comme moyen de salut. Nous pourrions citer k l'appui plusieurs docteurs, entre autres saint Thomas,* saint Alphonse de Liguori, ^ qui , k défaut du baptême d'eau , n'exigent , avec l'amour parfait , que le désir implicite de ce sacrement.
s Nous le répétons : les catholiques n'excluent du. salut, pour défaut d'unité en matière de religion , que ceux qtiî sont formellement, c'est-k-
(1) 8tMiM C. «. - (1) f$A IIK qMHt M. ait 4. - (1) Tnaé Ai
dire volontairement iofidèleB , on /àrmellement hérétiques , en fàrm^Uement schismatiques ; en od mot, que ceux qui, par Of^eil, s élèvent contre la science de Dieu , en repoussant TÉvangiie ou en méprisant renseignement de TÉglise de Jésus-Christ : Quivoa apemit, me spemit, qui me spemit, spemit eum qui misit me. Tel est le sens de la maxime : Hors de CÉglise point de salut. 9 (Gard. Gousset. ThéoL Dogm. Tom. 4 .)
L*auteur des Études etc. , sait maintenant qull n'est pas besoin de faire descendre les anges des cieux {Étud. p. 466.) , pour sauver ceux qui n'ont pas entendu la prédication évangélique , grâce surtout à l'intolérance des puissances de ce monde ; il .sait que l'Église a condamné cette proposition : Linpdélité en ceux à qui Jésus- Christ n'a pas été prêché est un péché ; il sait aussi quelle est la doctrine non-seulement de la théologie moderne , mais de la théologie de tous les siècles de l'Eglise sur le salut des infidèles ; et par conséquent il regrettera profondément , nous ne pouvons en douter, d'avoir écrit les lignes qui suivent :
« La liberté est plus complète dans l'islam que dans la doctrine chrétienne. Mahomet ne connaît pas le dogme révoltant du péché originel , tel qu'il fut formulé par saint Augustin; il ne damne pas l'immense majorité du genre humain par la seule raison qu'elle descend d'Adam , et qu'elle apporte , en naissant , le germe de la mort éternelle ; il ne voue pas aux feux de l'enfer des peuples entiers par la seule raison qu'ils n'ont pu connaître Jésus-Christ. S'il condamne les idolâtres aux flammes, c'est qu'un prophète leur a été envoyé.... L'islam ne consacre pas non plus cette désolante doctrine du christianisme : « Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. » Les infidèles seuls ne trouveront pas grâce lors du dernier jugement [les infidèles à Mahomet) ; quant aux croyants (à Mahomet) , Dieu effacera leurs péchés ; ils seront tous sauvés. > (Coran, XLVIIl, 5. — Etudes de M. Laurent, tom. 5. p. 489.)
On le voit , tous les croyants de i'islam seroût sauvés ; leurs péchés n'y feront rien. C'est le Croyez fermement et péchez hardiment de Luther. Or , voici la parole de Jésus-Christ : Ce n'est pas celui qui dit : Seigneur, Seigneur, qui entrera dans le royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père.
Et M. Laurent préfère, sous ce rapport, Mahomet k Jésus-Christ !
On vieot de voir augsi qu'il fdit un dogme de foi du petit nombre des élus , mais il se trompe encore : c Res duhia egt, » dit Soarez cité par Benott XIV. a Parmi les commentateurs , dit Bergier , point d uniformité sur ce point. Mais le meilleur commentaire de TEvangile est TEvangile lui-même. Dans vingt passages du nouveau Testament, electi désigne évidemment les fidèles , ceux qui croient en Jésus-Christ. ElecUon est la même chose que vocation à la foi.
B La maxime, ilya beaucoup Rappelés et peu ^éius, se trouve deux fds dans saint Matthieu, savoir, chapitre 20, j^. 46, et chapitre SI, j^. 4 4. Ces deux chapitres, et tout ce qui précède, depuis le chapitre 49, j^. 30, se rapportent au même but, à montrer le pelii nombre de Juifs dociles aux leçons de Jésus-Christ, k leur prédire que les Gentils seraient moins incrédules et leur seraient préférés. La comparaison du chameau , les ouvriers de la vigne , les deux enfants du père de famille , l'héritier tué par les vignerons , le festin des noces , sont autant de paraboles qui confirment la même. vérité. La conclusion est que les Gentils appelés les derniers , seront élus ou choisis en plus grand nombre que les Juifs appelés les premiers ; puisque parmi ceux-ci il y en a très-peu qui répondent à leur vocation , chapitre %% , j^. 4 4.
» Jésus-Christ interrogé pour savoir s*il y a peu de gens qui soient sauvés, répondit : «Tâchez d'entrer par la porte étroite, parce que plusieurs chercheront à entrer et ne le pourront pas.^ » La porte étroite était sa morale sévère, p3u de gens avaient le courage de lembrasser. Lorsque la Judée eut été ravagée par les Romains, plusieurs Juifs dispersés se repentirent sans doute de n'avoir pas ajouté foi aux prédictions et aux leçons de Jésus-Christ ; par ces regrets tardifs et peu sincères , ils cherchèrent li entrer et ne le purent.
B Si les paraboles de TEvangile peuvent servir de preuve , on en doit plutôt conclure le grand nombre que le petit nombre des hommes sauvés. Jésus-Christ compare la séparation des bons d'avec les méchants au jugement dernier , à celle que Ton fait du bon grain d'avec l'ivraie.* Or , dans un champ cultivé avec soin , Tivraie n'a jamais été plus abondante que le bon grain. Il la compare II la séparation des mauvais poissons d'avec les bons : b quel pêcheur est-il arrivé de prendre moins de
(1) LW. 1 s. U. (S) lAUh. 11. 94.
bons poissons que de mauvais? De dix vierges appelées aux noces » cinq sont admises à la compagnie de Tépoux. Dans la parabole des talents, deux serviteurs sont ii^mpensés-, un seul est puni ; dans celle du festin , un seul des convives est chassé ; dans celle du jugement dernier, les brebis sont placées à la droite , et les boucs à la gauche : on n'a pas coutume de nourrir plus de boucs dans un troupeau que de brebis.
» Mais supposons qu'il faille absolument prendre le mot peu d^élus dans le sens le plus rigoureux , que s'ensuivra-t-il ? Que le plus grand nombre est de ceux qui n'ont pas voulu être sauvés, qui ont résisté k la grâce , qui sont morts volontairement dans Timpénitence finale , sans contrition et sans remords. L'obstination de ces malheureux peut-elle influer en quelque chose sur le sort de ceux qui désirent sincèrement de se sauver et de correspondre h la grâce? Si le salut était une affaire de chance et de hasard , le grand nombre de ceux qui se perdent serait capable d'effrayer les autres ; mais c'est l'ouvrage de notre volonté aussi bien que de la grâce , et celle-ci ne nous est point refusée. La réprobation ne vient donc jamais du dé&ut de la grâce , mais du défaut de volonté dans l'homme. En quel sens la malice des réprouvés peut-elle ébranler la confiance d'un juste ou d'un pécheur pénitent 7 9 (Traité d$ la vraie religion , part. III". ch. 44. art. %.)
II serait plus commode , sans doute , de faire son salut à la tinanière de Luther et de Mahomet , c'est-à-dire par la foi seule , mais la conscience résiste à cette lâche théorie , parce qde la voix de la conscience de I*homme est l'écho de la justice de Dieu.
Nous ne voulons ni ne pouvons oublier ici que la théologie de la migration des âmes préfère encore Mahomet à Noire-Seigneur Jésus- Christ sous un rapport qui touche li notre sujet ou plutôt qui se confond avec lui , celui de la conception de la vie future :
« Les ennemis de l'islam, dit l'auteur des Etudes, n'ont pas trouvé d'expreÎBsions assez viles pour flétrir le paradis de Mahomet : «C'est , dit un abbé , l'œuvre de ces esprits immondes qui demandent au Christ la permission d'entrer dans des pourceaux. » En vérité, on serait tenté de dire avec Gibbon qu'il y a de l'envie dans cette indignation:* (Tom. 5. p. 60î.)
Cest à Tablée Rofarbachei", à un homme dont la vie sans tache fut toute consacrée 11 Dien et aux âmes, que s'adressent ces indignes paroles. Mais refisons dans Touvrage même de M. Rohrbacher, le passage auquel M. Laurent fait allusion : ;
« Quel est ce paradis que Mahomet promet k ceux qui se font tuer pour sa cause? Voici le tableau que lui-même nous en fait dans plusieurs chapitres de. son Alcoran. I4s seropt introduits dans des jardins de délices, oîi coulent des fleuves d'une eau incorruptible, des fleuves d'un lait inaltérable, des fleuves du miel le plus pur , des fleuves d'un vin qui flatte agréablement le.gosier.^ Ils y reposeront sur des lits de soie bcochés.d'or; ils auront à leur disposition des fruits magnifiques,, des viandes , ^fes oiseaux. Se lèvent^ils de table? ils expirent comme un parfum ce qu ils ont mangé , et peuvent se remettre a un nouveau, festin avec plus d*appétit encore.. Ils y auront ohacun pour compagnes quatrevingt-dix houris aux grands yeux noirs -, belles comme des rubis et des perles i' fraîches comme la rosée du matin ; elleffserpnt leurs épouses et ne cesseront pas d-étre filles. Cest-k*dire que le paradis de Mahomet n*est au fond qu'une honnête maison de débauche i et qu'il consiste dans ' . les sales voluptés du libertinage , exemptes des devoirs de la paternité : ce qui est quelque choée au-dessous de la brute-. Voilà ce que Mahomet fait jurer à Dieu , par l' Alcoran , de donner k ses élus.? A ce trait , comment ne pas reconnaître l'œuvre de ces esprits immondes qui deman- • daient au Christ la permission d'entrer dans des pourceaux?.... A l'âge de* cinquante-quatre ans, il consomma son mariage avec Aîcha , qui n'en avait que neuf , et qui était fille d'Aboubècre. Il n'^cordait h ses disciples que quatre femmes. Pour lui , huit ou .neuf femmes, du rang d'épouses , ne suffisaient point à sa luxure. U devint amoureux de la femme de son fils adoptif , Zaîd . son ancien esclave. Pour lui complaire , Zald répudia sa femme , et Mahomet l'épousa avec une solennité extraordinaire. Quelques-uiTs murmuraient d'un pareil inceste. Aussitôt Mahomet fait descendre du ciel un chapitre de l'Alcoran , oîi Dieu jui fait un reproche d'avoir caché , par respect humain , la. passion qu'il avait pour la femme de son fils , tandis qu.e le ciel lui-même en était l'auteur ; il lui apprend que l'adoption n*est plus un obstacle au mariage , e.t que , par un privilège spécial , W peut épouser toute femme qui se donnerait h
(l)<h.«7. -r2)Ui. it,«4,»5.7s,*Teclef etemeaUlmdehSoBuctdM i
Itti.i II défend enfin à tool musulman d'entrer dans la maison du prophète sans sa permission ; de parler k aucune de ses femmes , si ce n*est k travers un voile ; d^épouser jamais aucune femme ou fille avec laquelle il aurait eu commerce , ce serait un crime énorme. Comme le paradis du mahométan n*est dans le fond qu un lieu de débauche , conçu par une imagination orientale , il était juste que Tinventeur Mahomet en eût un avant-goût notable en ce monde : cela est de lliomme , cela est du libertin ; mais faire dire à Dieu que c'est lui-même qui le commande» voilk qui passe Thomme, voilà qui est de Satan. » (Rohrbacher. Histoire unit, tom. 40. p. 30-39.)
Gela n est-il pas vrai , évident, manifeste?
Et que répond k cela M. Laurent? Expliquera-l-il le paradis de Mahomet comme l'ont expliqué ceux des apologistes du Ck)ran qui en transformèrent les promesses en symboles? Non; il est de Favis de M. Renan qui voit dans le mahométisme une religion de ce monde, une religion d'hommes, sérieuse , libérale. (Voy. ci-dessus, Jésus-Christ dam Vhist. p. 302-303.) a L'islam, dit- il, prend l'homme tel que Dieu Ta fait , et au lieu de mutiler la création , il donne satisfaction k tous les besoins de la nature humaine (et même aux penchants de la nature déchue). Nous pourrions lui reprocher, du point de vue chrétien, de trop donner au corps ; mais peu importe (!) , c'est k l'idée qu'il faut s'attacher , non k la forme qu'elle a prise dans le mahométisme. Eh bien I nous disons que l'idée de l'islam , tant flétrie , est supérieure k l'idée chrétienne (!). La conception du paradis chrétien est fausse, comme la conception chrétienne de la vie présente (!). Le corps, pour les chrétiens , n'est pas l'instrument de l'âme , il en est l'ennemi ; ils cherchent k le dompter , k Vannihiler, »
En vérité I Nous sommes chrétien , prêtre et religieux , et jamais nous n'avons entendu parler de ce christianisme-lk. La foi enseigne k l'homme qu'il doit gouverner son corps , le respecter comme le tabernacle d'une âme immortelle , le conserver pur , chaste , selon les lois de l'état qu'il a embrassé , chaste de la chasteté conjugale dans le mariage , chaste de la chasteté totale dans l'état de continence ; qu'il doit le faire servir aux bonnes œuvres , au dévouement et aux sacrifices de la charité, le merci) coiw,ch. ai.
tifier dans ses penchants déréglés , dompter ses passions et les soumettre à la raison , le préparer ainsi k partager un jour la gloire et les joies de rimmortalité.
Oui, ajoute M. Laurent» « ils (les chrétiens) le font ressusciter, mais ici la contradiction s'ajoute k Terreur ; que font-ils du corps , de ses organes, de ses fonctions matérielles'? Ils les annulent (I) ; mais alors à quoi bon le corps?»
Mais voulez-vous donc la nutrition , la digestion , la corruption dans l'éternité? A quoi bon le corps, dites-vous? A servir d*organe aux fonctions de la vie éternelle ; à voir ce que Tœil n*a pas vu , à entendre ce que Toreille n*a pas entendu , k jouir de ce que le cœur de l'homme n a jamais soupçonné , k régner dans la force , Tagilité et la gloire, sur toutes les œuvres de la création , plus beau , plus délié , plus rapide quels lumière. Ne comprenez-vous donc pas qu'arrivé au centre même de tous les mouvements de son cœur , au terme , k la fin , au Heu de raifraichisscment , de lumière et de paix , Phomme y verra se transformer toutes les conditions de sa vie mortelle et passagère? N'entendez-vous pas ce mot de saint Paul : Esca ventri , et venter escis : Deus autem et hune et has destruet , corpus autem non fornicationi , sed Domino ; et Dominus corpori. Deus vero et Dominum suscitavit, et nos suscUabit per virtutem suam, Nesdtis quoniam corpora vestra membra sunt Christi ?
Yoilk comment le christianisme annule le corps.
N*avez-vou8 pas lu ce passage de TEvangile : « Les Sadducéens qui nient la résurrection , labordèrent et lui firent cette question : Maître , Moïse a ordonné que, si quelqu'un mourait sans enfants, son frère épousât sa femme , et suscitât des enfanls k son frère. Or, il s est rencontré^pt frères parmi nous , dont le premier ayant épousé une femme , est mort ; et n*en ayant point eu d'enfants , il Ta laissée k son frère. 11 en fut de même du second , du troisième , et de tous , jusqu'au septième. Enfin cette femme est morte aussi après eux tous. Quand donc arrivera la résurrection , duquel de ces sept sera-t-elle la femme , puisque tous Tout épousée ? — Jésus leur répondit : Vous êtes dans Terreur, ne comprenant ni les Ecritures, ni la puissance de Dieu. Car dans la résurrection les hommes seront au eiel comme les anges de Dieu, »
878 APPXNDIGK.
Oui , ils seront.comme les anges de Dieii , ne se multipliaot plos {Mirce qu'ils subsisteront toujours. Ne comprenez -vous donc pas que dans rim* mortalité, il n*y aura plus de nutrition ni de reproduction, Tune ne servant qu'à la conservation de Tindividu, et Taulre à la conservation de Tespèce? Et voos croyez être philosophe en disant : « Le sentiment de Mahomet est plus juste. Le corps ressuscitera ; c'est donc pour continuer, mais dans un état de perfection, rexisUnes, terrestre. Telle est ridée qui est au fond djoi paradis de Mahomet, elle prévaudra dans Fa venir. sur la croyance chrétienne. » (Etudes. Tom. 5. p. 502-507.)
Vous ajoutez : c L*humanité rejettera la forme que Vislam donne h la vie future, mais elle maintiendra Tidée : la vie future est une vie toute ensemble matérielle et intellectuelle, comme la vie de ce monde, mais une vie qui va ee perfectionnant k Tinfini. » (Ibid.)
Et nous voilk de nouveau dans les vies successives et sans point d*arrét, ou infiniment progressive, A celle-ci, du moins, les Sadducéens n'eussent trouvé rien k redire, car leur homme aux sept femmes passant de vie en vie sans se ressouvenir de lui-même , oublierait toutes ses femmes k plus forte raison, et ne se trouverait nullement embarrassé de recommenoer h vie de ce monde selon Vidée p]us large de Mahomet; en la perfectionnant à ¥infini ! *
Mais terminerons-pous jainsi cette trop longue jdiscussion? Nous avons combattu de toute notre âme la négation de la chute et de la rédemption du genre humain, du grand mystère de justice , de miséricorde et d'amour : Maçnum est enim pietatis sacramentum quod manifestatum est in came, justi/îcatum est in spiritu, prœdicatum est gentibus^ creditum est in mundo^ assumptum est in gloria. Nous avons caractérisé les doctrines contraires comme elles méritent de Tétre, et k ceux qui préfèrent la métempsycose k TEvangile, Mahomet k Jésus-Christ , nous avons dit qu'ils préfèrent. k la vérité divine, non-'Seulement les pensées, mais les rêves de l'ignorance humaine, et que ces rêves absurdes, injustes, cruels même,, ne comblent ce qu'ils ont de vide que par le mépris des fai(8 constatés k la fois par la science et par la conscience. Mais ne ferons-nous que lutter contre l'erreur, et ne dirops-nous rien de ceux ou k ceux qu'elle égare ? Elevés , sans doute , loin des enseignements de la foi, ou plutôt nourris dés leur jeunesse d'un enseignement contrjiire, habitués k ne regarder l'Eglise de Jésus-Christ qu'à travers
le voile de leurs prérventions ,. il n^est pas impossible que ce voile se déchirant lin jour, ils voient clairement qu*en Jésus-Christ se trouve tout ce qu'ils cherchent, et qu'ils tombent, comme bien d'autres, à genoux au pied de la Croix. Les doctrines dites humanitaires sont nées du vide fait dans les âmes par la pbilo^phie du XVIII* siècle , du besoin ,.et en même temps de l'ignorance de la foi. Ces- doctrines sont k leur déclin ; leur confiante ardeur est épuisée, et plus un seul de leui*s apôtres n'a foi en lui-même. «Dans l'obscurllé qui couvre les destinées du genre humain (a dit l'écrivain que nous avons le plus directement combattu, parce qu'il a soigne.usement recueilli toutes les lumières de ses maîtres), dans l'obscurité qui couvre les destinées du genre humain , le cœur fait souvent défaut aux plus intrépides. Il en est qui se rejellent tête baissée dans le passé et tentent de ramener l'humanité vers la foi des ancêtres. Vains efforts ! On ne ressuscite pas les croyances, les institutions, les * mœurs*. > — Evidemment on ne ressuscite que les morts, et pour ressusciter, il faudrait que la vraie foi pût mourir ; — mais écoutons la fin : 9 Au milieu' de ces défaillances, la conviction profonde d'une éducation progreôsiye des hommes peut seule nous soutenir. Dieu dirige nos desti* nées , il les dirige dans la voie du progrès : ce qui nous manque nous sera donné. Souffrons donc avec une religieuse résignation : consolonsnous des misères présentes, les yeux tournés vers l'avenir. » (Etudes, etc. tom. 4. p. 407-408.)
0 mon Dieu! pour qui vous prend*on, et que fait-on de vous? Père des hommes, on dit que vous dirigez leur éducation , mais que vous les avez élevés jusqu'ici en leur contant des fables I Que vous avez caché de la vérité partout, que vous ne l'avez révélée nulle part ! Père de la vérité, . on fait de TOUS le père du mensonge. On nous dit d'espérer dans l'avenir, mais si vous étiez tel qu'ils le disent, je n'aurais garde d'espérer en vous. Après avoir si longtemps trompé mes pères, pourquoi ne me tromperiez-vous pas encore ? Non , non , si vous étiez tel qu'ils vous font , vous ne seriez pas mon Dieu.
Mais je crois en vous. Père tout-puissant , Créateur du ciel et de la terre. Père , oui vrai Père des hommes. Trinité sainte , dont je suis la vivante image, je crois , 6 mon Dieu , que vous m'ayez créé pour vous , que vous m'avez destiné à votre vie, et que vous m'avez aimé d'un amour aussi grand que vous-même puisqu'il a su vous incliner jusqu'à moi, et vous rendre pauvre , faible ^t petit comme moi. Djçu do la rédemption ,
comment vous méconndttre? Si je voulais vous fuir , comment donc m y prendrais-je? Où iraîs-je pour échapper k votre lumière puisque tous les temps en sont pleins? Ah ! je comprends pourquoi Tavenir est leur seul espoir; mais ravissez-le-leur, 6 mon Dieu! et faites-leur entendre que c'est en vain qu ils comptent n'y pas rencontrer Celui qui tenant tout en m main a pu seul commencer et conduire un dessein où tous les siècles sont compris. Faites-leur voir la vérité toujours ancienne et toujours nouvelle, toujours la mômek travers les âges; montrez-leur que le passé garantit l'avenir ; que tout ce qui fut hautement promis , solennellement annoncé, universellement attendu, visiblement accompli, fait wir quHl n'y aura rien qui ne s'accomplisse ; que fidèle dans le siècle présent vous ne le serez pas moins dans le siècle futur ; et que ce que vous exécutes dans le temps nous assure de ce que vous nous ordonnez (^espérer ou de craindre dans f éternité.
I. Préjugés sur l'Apocalypse. — Élévation, beauté, onction de cette grande prophétie. — Ses obscurités et ses clartés. — Les grands traits des événements qu'elle annonce sont expliqués dans le même ^ns par Tunanimité des Pères. — Son plan d'après les plus grands interprètes. II. Les circonstances de la fin des temps. III. Erreurs sur la fin du monde.
(Pages 385 et 389. sup.)
I. Le fanatisme et l'hérésie ont abusé à l'envi de ce livre divin. Les sectaires de tous les temps et surtout des derniers temps , y ont cherché constamment de quoi autoriser les prétentions de leur orgueil et les fantômes de leur imagination , et nul n'ignore toutes les rêveries des protestants sur l'Antéchrist , la béte et la grande Babylone. Aux sectaires il faut ajouter les esprits trop empressés d'appliquer à leur époque les grandes prédictions que chacun d'eux expliqua selon ses vues, son zèle, ses craintes ou ses désirs. De 1k tant de préjugés que l'ignorance entretient sur la grande prophétie du nouveau Testament.
c Ceux qui ont le goût de la piété , dit Bossuet , trouvent un attrait particulier dans cette admirable révélation de saint Jean.
» Malgré les profondeurs de ce divin livre, on ressent en le lisant une impression si douce , et tout ensemble si magnifique de Pesprit de Dieu ; il y paratt des idées si hautes du mystère de Jésus-Christ, une si vive reconnaissance du peuple qu'il a racheté par son sang , de si nobles images de ses victoires et de son règne , avec des chants si merveilleux pour en célébrer les grandeurs , qu'il y a de quoi ravir le ciel et la terre. Toutes les beautés de TÉcriture sont ramassées dans ce livre ; tout ce qu*il y a de plus touchant , de plus vif, de plus majestueux dans la loi et les prophètes , y reçoit un nouvel éclat, et repasse devant nos yeux pour nous remplir des consolations et des grâces de tous les siècles. » [L'Apoc. avec une explication. Vréf ace.)
L'obscurité de l'Apocalypse n est pas plus grande que celle des anciennes prophéties. Celles-ci regardaient surtout le premier avènement de Jésus-Christ, et nous avons vu (P. 462. sup.) que ce qui fait aujourd'hui leur clarté est justement ce qui en faisait l'obscurité avant leur accomplissement. Comment aurait-on pu concilier auparavant les idées de grandeur et d'humiliation , de servitude et de règne, de vie et de mort , de sépulture et de gloire , de divinité et d'humanité , de ruine et de résurrection d'Israël, que les prophètes unissent partout à l'idée du Messie ? N'est-ce pas pour arriver à cette conciliation que les Juife ont imaginé deux Messies, l'un souffrant et l'autre triomplant? — Mais aussi , comment méconnaître l'éclatant accomplissement de toutes ces prophéties en Jésus-Christ , quand on voit leurs apparentes contradictions se confondre harmonieusement dans sa personne ?
; Il en sera de l'Apocalypse aux temps du second avènement, comme
des anciennes prophéties aux temps du premier. Les parties de la prophétie de saint Jean qui restent aujourd'hui dans l'ombre , en ressortironl alors avec éclat. Ceux qui prétendent que tout ce qui a été prédit dans l'Apocalypse est déjà accompli, se trompent sans aucun doute. Nous ne voulons pas d'autre preuve de leur erreur que leur propre aveu sur l'obscurité qui enveloppe jusqu'ici certaines parties de cette prophétie. Mais si de tant de grandes choses qui s'y trouvent annoncées, plusieurs ne sont pas accomplies encore , beaucoup et de très-grandes le sont manifestement , et il y aurait lieu de s'étonner qu'on discutât certains détails à ce sujet , si on oubliait que les prophètes , éclairés par l'Esprit qui leur découvrait le plan divin dans son admirable unité , ont parlé en
même temps d'événements séparés par des sièdes, nuis étroitenwnt unis dans la pensée de Oicu » et dont les ans forent tout ensemble la prélude • rimage et le germe des autres. Noos avons constaté ce caractère général des prophéties (P. 460-470.) , et ce que nous avons appris de saint Jérôme et de tou& les grands interprètes doit être appliqué aussi aux prophéties du nouveau Testament, par exemple ë ce que Notre-Seigneur Jésos-Christ a prédit è la fois de La ruine de Jérusalem et de la fin du monde , et à ce qu'il a inspiré à saint Jean sur les premières et les dernières luttes de TEglise. *
Bossaet, Dom Calmet et le saint et -savant sulpicien Joacbim de La Chétardie , sont d'accord pour reconnaître cette vérité , mais Bossuet suivi par Dom Calmet nous paraît l'appliquer k TApocalypse avec moips de lumière que Pabbé dç La Chétardie. Bossuet a cru voir les prédictions de saint Jean entièrement accomplies dans les premiers siècles , tout en reconnaissant que ces premiers combats de TEglise furent l'image des derniers xiu'elle aura à soutenir. Qu'ils en furent l'image , la chose est certaine , mais qu'à l'occasion de ces vivantes figures de Tavenir, l'Aigle du nouveau Testament n'ait jamais pris son vol directement et uniquement vers les derniers temps , nous ne pouvons le croire,' parce que, pour l'admettre , il faudrait s'éloigner du sentiment unanime des Pères, fermer les yeux à la clarté du texte prophétique , et oublier que l'ombre mêlée à la lumière , de l'aveu de Bossuet lui-même , indique assez que la prophétie n'est pas accomplie dans son entier.
«Bossuet, D. Calmet et l'abbé de La Chétardie, partent tous du même principe ; ils reconnaissent que c'est dans l'histoire de l'Eglise qu'il faut chercher l'interprétation de l'Apocalypse ; et ils s'accordent à combattre et à détruire l'abus que quelques-uns des protestants faisaient de ce livre sacré. Ils conviennent sur le sens des chapitres xvii et xrui , et ils reconnaissent que là est représentée Rome païenne et son empire idolâtre. Mais Bossuet et dom Calmet , prenant cela pour la clef principaie de ce livre divin , croient pouvoir ensuite abandonner l'opinion commune des Pères sur le sens des chapitres xi et xiii , ou au moins la renvoyer à un second sens qu'ils n'approfondissent pas ; et , vivement frappés des grandes révolutions qui éclatèrent dans les cinq premiers siècles, ils pensent qu'il faut y rapporter toutes les prophéties contenues depuis le commencement du chapitre iv josqu'k la fin du chapitre xix. L'abbé de La Chétardier frappé , et du concert unanime des Pères sur le chapitre xi , et de
l'évidence même du texte de ce cbapttre*/ croit devoir conserver son * opinion .si \iniversellement re^oe et si solidement fondée : il pense que , sur le chapitre xi comme snr le chapitre xvii , il faut s en tenir k Topinion corapQune des Pères » et reconnaître avec eux dans le chapitre xvii llome païenne et son empire idolâtre , et dans le chapitre xi FAntechrist et les deux témoins qui doivent être mis k mort par lui : il pense que ces deux . chapitres » pris en ce sens , sont dextx clefs aussi essentielles Tune que Tâutre ; et avec le secours de ces deux clefs il découvre dans l'Apocalypse toute l*histoire de TEglisë depuis Tascenàion de J^sus-Christ josqu à son dernier avènement.
» Les vues de Bossnet et de dom Galmet sont plbs bornées et en cela même sujettes à plusieurs difficultés fondées sur le sens naturel da texte , et sur le sentiment unanime 'des Pères : les vues de Tabbé de La. Chét^rdie sont plus étendues, et en cela même justifiées par le témoignage unanime des Pères, et par le sens naturel du texte. Nous avouerons que Ton ne trouve pas dans Touvrage de labbé de La Chétardie cette beauté, de diction qui Ëe fait admirer dans tous Jes ouvrages da grand Bossuet ; mais nous sommes persuadés que le lecteur judicieux Bt équitable-ne juge pas des pensées p^r l'expression.
» Ainsi, rassemblant ce qu'il y a de meilleur dans ces trois systèmes, et profitant des vues qu'ils nous présentent , nous disons avec Bossuet que Ton peut distinguer dans TApocalypse trois parties principales : les avertissements, les prédictions et les promesses. Leè trois premiers chapitres renferment le titre et la préfeéedu livre avec les avertissements adressés aux sept Églises d'Asie. |^es dix-sept chapitres suivants renferment les prédictions , dans lesquelles où peut* distinguer six révélations ' principales. Dans la première , qui contient les chapitres rv , v , vi et tii , se trouve, l'histoire des six premiers âges de l'Eglise, représentée sous le voile des symboles qui accompagnent l'ouverture des six premiers sceaux. Dans la seconde, qui-contient les chapitres viii , ix, x et xi, se trouve l'histoire de l'Eglise, partagée de même en six âges, depuis l'ascension de Jésus-Christ jusqu'à son dernier avènement ,• qui sera répoque du septième âge, et représentée sous le voile des symboles qui accompagnent le son des sept trompettes , qui paraissent à Touverture du septième sceau , en sorte que les symboles qui accompagnent le son de la septième trompette, terminent en même temps, et le son des sept trompettes, et l'ouverture des sept sceaux. Dans la troisième révélation,
qui contient les chapitres xii , xiii et xiv , se trouvent les persécotions des trois premiers siècles, représentées sous le voile des combats du dragon ; et la grande persécution de la fin des siècles » représentée sous le voile de celle que doit exercer la bête qui monte de TabUne accompagnée de son faux prophète , et les autres grands événements qui doivent terminer la durée des siècles. Dans la quatrième rêvé* lation, qui .est contenue dans les chapitres xv et xvi» se trouve Tbistoire de TEgtise partagée encore en six âges, depuis Tascension de Jésus-Christ jusqu'à son dernier avènement, qui sera Tépoque du septième âge, et représentée sous le voile des symboles qui accompagnent leffusion des sept coupes. Dans la cinquième révélation, qui contient les chapitres xvii, xviii et xix , se trouve la ruine de Rome païenne, représentée sous le voile de la condamnation et de la ruine de la grande prostituée ; et la ruine de TAntechrist et de tout son parti, représentée sous le voile de la ruine de la béte et de ses armées. Dans la sixième révélation , qui est contenue dans le seul chapitre xx, se trouve Tenchatnemeot du dragon après les pei'sécutions des trois premiers siècles; le règne temporel de Jésus-Christ sur la terre , en la personne des princes chrétiens, depuis le triomphe de i*Eglise sous Constantin; le déchaînement du dragon et son dernier combat au temps de TAntechrist; enfin sa dernière condamnation au jour du dernier jugement. Les deux derniers chapitres renferment les promesses qui regardent Tétat de TEglise dans réternité bienheureuse.
» Ainsi les prédictions de TApocalypse peuvent se rapporter à trois objets principaux ; Thistoire de TEglise , les combats de la béte et les combats du dragon : l'histoire de TEglise distribuée en sept âges , et représentée sous le voile des symboles qui accompagnent louverlure des sept sceaux, le son des sept trompettes et leffusion des sept coupes; les combats de la hôte au temps des empereurs païens, et au temps de TAntechrist; les combats du dragon dans les premiers siècles de TEgiise et à la fin des temps. » {Bible de Vence.)
Les paroles adressées aux sept Eglises d'Asie ne sont pas cependant la partie la moins importante de TApocalypse. Il suffit de les lire avec attention pour y reconnaître le tableau des divers états de Tâme et les avertissements divins qui les regardent. Le vénérable et savant Holzhauser , dans son célèbre commentaire , a vu aussi dans les difiérentes
APPINDIGE. 585
siiuations de ces Eglises » les caractères prophétiques des sept âges de TEglise universelle.
II. Nous avons rappelé (P. 384-389 sup.) , les grands traits deTÂpocalypse sur la fin des temps , d'après le sentiment unanime des Pères. Mais où se formera , disions-nous , Temptre antichrétien k la tête duquel paraîtra le dernier persécuteur de l'Eglise, le dernier fondateur dun faux culte , le dernier et le plus grand ennemi de Jésus-Cbrist? Quelle est la puissance qui le porte dans ses flancs? Quelle sera cette autre puissance qui le secondera avec une si prodigieuse efficacité sous le nom de faux prophète ? Sera-t-elle aussi une puissance temporelle et spirituelle , ou ne sera-t-elle que doctrinale, et comme une sorte d*apostolat de la première? Encore une fois oh, comment et par qui ce formera l'empire antichrélien? — On ne peut le dire avec une pleine certitude , parce que si les Pères, les docteurs de TEglise et les souverains Pontifes eux-mêmes ont parlé à ce sujet, ils nont pas ici donné leurs paroles comme les enseignements mêmes de la foi. (P. 389. sup.) Ils sont unanimes sur les faits annoncés , mais ils ne le sont pas toujours sur la manière dont ils doivent s'accomplir.
L*opinion commune est celle que saint Irénée exprimait ainsi : if L'Antéchrist au temps de son règne aura le siège de son empire à Jérusalem où il s'assiéra dans le temple de Dieu. » [Adv. hœr. I. 5. c 25.) Mais d*où viendra- 1- il à Jé.'-usalem ? Sera-ce de TOrient ou de lOccident? Lactance répondait, selon la pensée générale de son temps :« L'empire retournera en Asie : Imperium in Asiam revertetur. » {Inst. 1. 6 et 7. c. 45.) Et plus •tard, lorsque Tempire d'Orient fut envahi par les musulmans, on affirma avec plus d'assurance encore que le chef de l'empire anlichrétien en transférerait le siège delà seconde Rome ou de Constantinople k Jérusalem. Il suffirait toutefois que son empire comprit Jérusalem pour expliquer les textes qui font allusion k la ville sainte pendant la dernière persécution.
Il est , dans les prophéties de Daniel , un passage remarquable qu'on cite k l'appui du sentiment qui regarde Tislamisme comme la puissance qui enfantera le dernier ennemi de l'Eglise. Daniel a parlé deux fois de la grande chaîne des temps et de la suite des empires , et nous avons rapporté ces deux prophéties au chapitre ]<"de cet ouvrage. (P. 98-403 et 404-406.) — Mais il y a cette différence entre la première et la seconde,
que dans celle*lk le prophète s'arrête au premier avènement de Jésus- Chrisl et à l'établissement de son règne , tandis que dans celle-ci « après avoir conduit les empires, ou plutôt Tempire idolâtre dans ses diverses formes jusqu'au Christ qui Relève à l'Ancien des jours et en reçoit la puis^ sance (Dan. 7. 48.), il reprend l'explication de certains détails de sa vision , les applique aux temps qui doivent suivre l'établissement de FEglise , indique la résurrection de l'empire antichrétien , sa lutte à la fin des temps et le triomphe final de l'Eglise au dernier jugement, (v. net 26.)
En effet , voici la suite de ce que nous avons d^ jk cité de cette prophétie :
a J'eus ensuite un grand désir d'apprendre ce que c'était que la quatrième béte» qui était très-diflérente de toutes les autres, effroyable au-delà de tout ce qu'on peut dire : ses dents et ses ongles étaient de fer; elle dévorait, mettait en pièces, et foulait aux pieds ce qui avait échappé k sa violence.
9 Je voulais m'enquérir aussi des dix cornes qu'elle avait k la tète, et d'une autre qui lui vint de nouveau , en présence de laquelle trois de ses cornes étaient tombées , de cette co ne qui avait des yeux et une bouche qui prononçait de gran!e$ choies; et cette corne (qui d'abord était petite, V. 8.) était plus grande que les autres.
» Et comme je regardais attentivement , je vis que cette corne faisait la guerre aux saints. » — (Le prophète vit cela après qu'il eut reçu la première interprétation de sa vision , et pendant qu'il en demandait une explication plus détaillée.) -^ « Je vis que cette corne faisait la guerre contre les saints, et avait l'avantage sur eux, jusqu'à ce que l'Ancien des jours parut : alors il donna aux saints la puissance de juger; et le temps étant accompli, les saints entrèrent en possession du royaume.
» Sur quoi il me dit : La quatrième béte est le quatrième royaume qui dominera sur la terre ; et il sera plus grand que tous les royaumes : il dévorera toute la terre , il la foulera aux pieds , et la réduira en poudre. Les dix cornes sont dix rois qui s^élèveront de ce royaume; ^ il s'en élèvera après eux un autre qui sera différent de ceux qui l'auront
0) C*eit atetiqM porte to ttm erIgiML Vojei te Mbto de Viice.
devancé I * et il abaissera trois rois. Il parlera insolemment contre le Très-Haut ; et il s imaginera qu*il pourra changer les temps et les lois : et les saints seront livrés entre ses mains jusqu'à un temps, deux temps et la moitié d'un temps. Mais le jugement se tiendra ensuite , a6n que la puiss9ance lui soit ôlée, qu'elle soit entièrement détruite, et quelle périsse pour jamais; et qu'en m^me temps le royaume, la puissance et Vélendue de l'empire qui est sous tous les cieux , soit donnée au peuple des saints du Très-Haut , car son royaume est éternel et toutes les puissances lui seront soumises. » (Cest l'Eglise triomphante.)
Dans cette prophétie combinée avec celle de saint Jean, les interprètes trouvent trois choses : l'empire romain ou le dernier empire idolâtre ; la division de cet empire en plusieurs puissances qui combattent d*abor4 l'Eglise et finissent par s'y soumettre ; la naissance d'une puissance nouvelle , c*est-à-dire de l'islamisme , dont les commencements sont faibles , qui grandit ensuite, s'assujettit successivement trois autres puissances, et sert finalement d'instrument à la lutte de la fin des temps contre l'Eglise de Jésus-Christ. Il faut bien remarquer avant d'entror dans l'examen de cette interprétation , qu'il ne s'agit pas ici de l'empire turc actuel , mais de l'islamisme en général.
On demande donc si cette interprétation est fondée dans ses trois parties , et d'abord si la béte qu'a vue Daniel est bien celle qui fut montrée à saint Jean , c'est-k-dire l'empire romain ?
a La quatrième béte qui fut montrée h Daniel était toute différente des trois autres bétes qu'il avait vues : Dissimilis autem erat cœteris bestiis quas videram antè eam.^ Celle qui fut montrée k saint Jean était aussi toute différente des trois autres qui avaient été montrées à Daniel; et sa différence consistait particulièoement en ce qu'elle réunissait en elle seule la ressemblance des trois autres. Elle avait le corps semblable au corps du léopard , les pieds semblables aux pieds de Tours , et la gueule semblable k la gueule du lion : Et bestia quam vidi, similis erat pardo, et pedes ejus sicutpedes ursi, et os ejus sicut ôs leonis,^ La quatrième béte qui fut montrée k Daniel , avait dix cornes : Et habebat comua decem .^ La béte qui fut montrée k saint Jean lui fut montrée deux fois , et deux
(1) Ceitla NUda loto'orfgiML Vojei U Bible de Veaoe.
(S) Du. 7. 7. f s) Apec 13. 3. (I) Dca 7. 7.
fois il remarque qu'elle avait dix c6riirs : Et vidi... beêtiam,.. haben^ tem... cornua deceniA Lange qui parlait à Daniel lui dit que les dix cornes de celte quatrième béte seront dix rois : Porro oomua decem ipsius regni, decem reges erunt.* Lange qui parle a saint Jean lui dit aussi que les dix cornes de la béte qui lui a été montrée sont dix rois : Et decem cortiua quœ vidisti , decem reges sunt.^ Sur celte bêle, qui fut montrée k saint Jean « était assise une femme véLue de pourpre et d'écar* late , et qui tenait en sa main un vase d or , plein des abominations et de rimpureté de sa fornication. Celle femme était appelée la grande prostituée ; et elle portait sur son front ces mois : Mystère, la grande Babylone, mers des fornications et des abominations de la terre. Cette femme était enivrée du sang des saints et des martyrs de Jésus ; et lange dit à saint Jean : La femme que vous avez vue est la grands ville qui règne sur les rois de la terre : Mulibr quam vidisti est civitas magna , or^ habet RE6NVM SUPER REGES TERR^> Romo ne pouvdit être mieux caractérisée; la béte sur laquelle celte femme était assise représentait donc Tempire romain ; la bête qui fut montrée à saint Jean est donc^la même que celle qui fut montrée à Daniel; elles représentent donc toutes les deux lempire romain.» (Bible de Vence. Tom. 46. ^ Diss, sur les quatre empires.)
Maia saint Jean qui a décrit ailleurs et à plusieurs reprises les divers âges de l'Église, se borne k dire (Apoc. c. 43. ▼. 4 4 — et c. 47. v. 8.) que la puissance persécutrice qu'on croyait morte revivra, et puis il décrit les circonstances de la grande et dernière persécution. Daniel » au contraire, n'a pas décrit la suite des âges de TÉglise, mais il a montré k travers ces âges la trame de l'empire antichrétien. En effet :
« Lange déclare k Daniel que les dix cx^rnes de cette bêle représentent dix rois qui s'élèveront de ce royaume ou de cet empire : Porro comua decem ipsius regni, decem reges erunt;^ ou , selon le texte original traduit plus littéralement : Porro comua decem, ex illo regno decem reges exurgent, 'Ces dix cornes reparaissent sur la tète de la béto qui est montrée k saint Jean , et qui représente aussi Tempire romain , et Tange qui parle k saint Jean lui apprend quels sont les dix rois représentés par ces
0) Apoc 13. 1. - ir. 1. (îj lltB.7.24. (i) Apoc. 17. Il
(4)Apac. ly. li. (i)llt«.7.«.
dix cornes * Les dix romêê que vous avez vues, lui dit-il, sont dix rois qui ne sotU pas encore entrés dans leur règne; mais ils recevront comme rois la puissance en une même heure APBis la b£ti. Ils ont tous le même dessein; et its donneront à la bête leur autorité et leur puissance. Ils combattront contre VÀgneau et ^Agneau les vaincra.^ Et dans la suite il ajoute : Les dix cornes que vous avez vues sttr la bête, boiront la prostituée, la rédui-ront dans la dernière désolation, la dépouilleront, dévoreront ses chairs, et la brûleront dans le feu.* II est donc évident que ces dix rois sont les rois barbares qui désolèrent Rome» et qui démembrèrent son empire. Ils n'4taient pas encore entrés dans leur règne , lorsque l'ange parlait \ saint Jean ; ils n'avaient pas encore envahi les provinces de Tempire , et ils n'y avaient pa^ encore établi les royaumes qu'ils y établirent dans la suite. Ils reçurent comme rois la puissance en une même heure après la bête. Car, comme le dit cet ange dans le môme endroit, cette bêle était; elle n'est plus, mais elle sera encore.^ Cette béte est Tempire romain idolAtre et ennemi de Jésus-Christ. Elle était , jusqu*au temps de Constantin qui fut le premier empereur chrétien ; elle a commencé alors à disparaître ; et dte n*est plus, depuis la ruine entière du paganisme dans les provinces de Tempire : et c'est depuis qu elle n'est plus que ces rois ont reçu comme rois la puissance en une même heure après elle. C'est depuis Constantin , ou plutôt c'est principalement depuis la mort de l'empereur Tbéodose, que ces rois barbares se jetèrent sur les provinces de l'empire , portèrent la désolation jusque dans Rome , s'emparèrent de ses provinces , et s'y établirent tous dans^une même heure , c'est-à-dire en même temps » et presque tous dans J'intervalle d'un siècle. Ils avaient tous un même dessein, qui était de s'emparer des terres de l'empire. Mais avant d'en venir là , ils donnèrent à la bêle leur autorité et leur puissance; ils prêtèrent à Fempire le secours de leurs armes. Devenus maîtres des provinces de l'empire» ils combattirent contre V Agneau; ils étaient ou idolâtres ou hérétiques » et ils persécutèrent cruellement l'Eglise catholique ; mais enfin ^Agneau les vainquit, en les soumettant k J'obéissance de la foi» et les faisant entrer dans l'Eglise catholique. Ce fut par eux que Dieu exerça ses vengeances sur les derniers restes de l'empire romain idolâtre. Ils haïrent la prostituée; ils la réduisirent dans la dernière désolation; ils conçurent une haine mortelle contre Rome ; ils la réduisirent aux dernières extrémités. Ils la dépouillèrent, et lui enlevèrent toutes ses
0)A|MIC17.I3,13,U. (9)lbU. I«. (1}IUJ.17. •.
richesses. Ils dévorèrent ses chairs; ils exterminèrent par Tépée un grand nombre de ses habitants , et emmenèrent les autres en captivité. Enfin ils la brûlèrent; ils firent périr par le feu cette ville superbe. Ces princes barbares sont donc représentés par les dix cames qui sont sur la tête de la bête. Le nombre de dix pourrait être pris indéfiniment ; et il pourrait suffire de remarquer que plusieurs peuples s*emparèrent des provinces de lempire » et y érigèrent plusieurs royaunâes nouveaux. Mais quelques interprètes ont même prétendu que Ton pouvait remarquer le nombre précis de dix peuples qui ont ainsi démembré 1 empire, et se sont élevés sur ses ruines. L'auteur du commentaire sur TApocalypse attribué à saint Ambroise , compte dans ce nombre les Perses et les Sarrasins devenus maîtres de TAsie, les Vandales de TAfrique, /e« Goths de TEspagne, les Lombards de l'Italie» les Bourguignons de 1^ Gaule, les Francs de la Germanie , les Huns de la Pannonie , les Alains et les Suèves de plusieurs autres pays. Ou plutôt sans y comprendre les Sarrasins qui occuperont une autre place, on peut y joindre les Saxons- Anglais qui s'emparèrent de la Grande-Bretagne . Les dix cornes de la quatrième béte sont donc dix rois qui doivent s'élever sur les ruines de l'empire figuré par cette bête : Porro comua decem , ex illo regno decem reges exurgent. (Bible de Yence, loc. cit.)
« Mais après ces dix rois , il doit s'en élever encore un autre représenté par cette petite corne qui s'élève après les dix premières : Etalim consurget post eos, (Dan. 7. t4.] En effet, à peine les barbares ont-ils achevé de démembrer les provinces de l'empire romain ; à peine ont -ils achevé de réduire Rome même à la plus extrême désolation , que Blahomet jette les premiers fondements de sa puissance qui réunit dès lors la plupart des caractères de cette petite corne dont parle Daniel. » (Ibid.)
En effet , cette corne avait des yeux : Habebat oculos , et os loquens grandia. Rien ne pouvait mieux caractériser un fondateur d'empire qui devait avoir le titre de Voyant. L'on sait, d'ailleurs, que chez les Hébreux le nom de Voyant signifiait un prophète (I. Rcg. 9. 9.) , et que tel est précisément le titre que s'est attribué Mahomet en s'annonçant comme envoyé de Dieu. Et il s'imaginera qu'il pourra changer les temps et les lois, ou selon l'expression du texte original : Cogitabit ad mutandum tempara et legem. Mahomet n'a-t-il pas prétendu changer les temps, nonseulement en donnant naissance à une ère nouvelle , mais en transférant surtout la sanctification du septième jour , ne voulant ni du sabbat des
Juifs, Di da dimanche des chrétiens, mais le vendredi de Kislam? Et ii*a-t-il pas substitué à la loi' primitive, mosaïque et chrétienne, la loi nouvelle du Ck)ran? — Sa puissance d^abord faible, s'étendit d*une manière étonnante.
Après avoir subjugué TArabie , la Syrie, la Phénicie, TEgypte, la Judée , la Mésopotamie , qui n'étaient encore que des provinces enlevées aux Romains ou aux Perses , Omar pénétra dans la Perse où s'était élevée une monarchie nouvelle dès Pan 228 de Jésus-Christ, et la 8ubjugea vers Tan 640. — L'empire d'Orient tomba sous les coups de la même puissance lorsque Mahomet II s'empara de Constantinople en 4 452. — L'empire antichrélien do l'islam a donc subjugué dès ses commencements l'empire des Perses, et dans la suite l'empire des Grecs , et si Ton ne veut pas voir dans ses premières conquêtes la reconstitution de l'empire babylonien , il lui reste k subjuguer un troisième empire ou un troisième royaume selon la prophétie de Daniel (v. 8, v. 20 , et v. ti.) : El tria de cornibus primis evuUa sunt a facie ejus. — Ante quod ceciderunt tria cornua. — Très reges humiliabit,
9 La succession immédiate du mahométisme à l'invasion des barbares» dit avec une grande sagacité l'abbé de La Chétardie, sert d'interprétation ë la doctrine comme prophétique des saints Pères , qui , par une espèce d'inspiration , sont assez unanimement convenus , fondés sur la parole de saint Paul , prise au sens littéral , qu'à la Gn de l'empire romain paraîtrait l'empire antichrétien ; ce qui suffît pour les justifier , et pour faire voir qu'ils ne se sont point trompés en cela. En effet, de même que l'Apôtre , voyant dès le temps de Néron , premier persécuteur des fidè* les , l'esprit de révolte s'élever dans les provinces et dans les armées , et l'esprit de séduction paraître dans l'Église , disait , présageant les choses de loin , que le mystère d'iniquité commençait d^j'a ë s'opérer , quoique cet empire ébranlé ne dût tomber tout à fait que plusieurs siècles après, ni par conséquent la grande apostasie venir de longtemps ; de hêue les
SAINTS PÈRES, VOTANT LA CHUTE DE CET' EMPIRE SE PAIRE DE LEUR TEHPS, ONT
AVANCÉ , SANS ERREUR , quoiqu'ils uo connussent pas bien comment , que. l'Antéchrist approchait , encore qu'il ne dût paraître du moins en personne , que plusieurs siècles après cette chute , parce que l'empire qui devait l'knfakter commençait (ou au moins devait bientôt 'commencer)