‹ Le Christ rejetéChapitre 18 sur 20 · LA CULPABILITÉ DE M. HAVET · texte numérisé non relu

LA CULPABILITÉ DE M. HAVET

11 ne m'appartient point de juger la conscience de M. Havet.

Elle ne relève que de Dieu, de rÉglise et do luimême.

Mais si la conscience d'un homme demeure plus inviolable que le Saint des saints de l'ancien Temple, les actes que cet homme livre lui-même à la publicité, tombent sous l'appréciation et le jugement de tous.

A ce titre, j'ai le droit de juger l'œuvre écrite et publiée dans la Revue des Deux Mondes.

Alon jugement sera court : un seul mot, celui que saint Jean a montré sur le front de la bête de l'Apocalypse : Blasphème *■ !

L'œuvre de M. Havet n'est pas autre chose, et elle est tout cela : Blasphème !

1 Et vidi de mari bestiwm ascendentetn habentem capita ^eptem..., et super capita ejus nomina blasphemite. (Apoc, xiii, 1.)

72 LA CULPABILITK DK M. HAVET

Après avoir réfuté l'unique objection valable qui se rencontre dans cette œuvre, je me suis demandé si j'avais à répondre aux tristes pages consacrées à établir que Jésus ne fut qu'un « halluciné ».

11 m'a semblé que je n'avais pointa le faire.

D'abord, parce que cette locution blasphématoire n'est pas nouvelle. M. Havet n'a pas même le mérite de l'invention ; il est allé la ramasser au milieu des rires et des orgies delà cour d'HérodeAntipas, l'amant d'Hérodiade et le profanateur de la femme de son frère *.

Ensuite, parce qu'un blasphème ne se réfute pas. On le défère à la justice de Dieu, et le blasphémateur à sa miséricorde !

Toutefois, autour du blasphème de M. Havet, il y a d'autres paroles, qui relèvent do la sévérité humaine.

Ce sont celles-ci :

(( La critique moderne voit dans les inspirés ou illuminés des malades chez qui l'intelligence est surexcitée jusqu'à en être troublée. Elle n'a pas craint do constater ce trouble et d'en poursuivre les symptômes, même

1 Lorsqu'au jour de sa Passion, Jésus fut renvoyé par Pilate à Héroile, (I celui-ci fit à Jésus beaucoup de questions. Mais Jésus ne lui répondait rien. Alors Hérode avec sa cour le niéfirisa ; il le revêtit par dérision d'une robe blanche, et il le renvoya à Pilate » (Luc, xxiii, 8-|-<?). La robe blanche, fhe/. les Juifs, était, pour un bonune, un signe d'extravay:auce et d'balluciirUion. Hérode fit don^ revêtir Jésus d'un« roiie blanche, afin qu'en retournant au prétoii-e, toute la foule se moquât de lui. Coniuie réparation de l'outrage fait au Fils de Dieu, les Papes, dans l'Eglise, portent la robe blamhe.

Page 1