‹ Le Christianisme au JaponChapitre 16 sur 108 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

dire qu'il était de la gloire de Dieu qu'il fût servi et adoré par des créatureo libres et ititelligenles, c'ett-à-dire qui connussent le bien qu'elle? de\aieiit pratiquer et le mal qu'elles devaient éviter, et qui jMiî^sent prendre leur parti par une détermination liltre et luillement forcée ; ([ue notre intérêt même demandait que cela fut ainsi , nos mérites ne croissant qu'à mesure que nous usons bien de notre libre arbitre, et notre bonheur éternel étant la récompense de nos mérites , auxquels il faut qu'elle soit proportionnée ; que pour convenir de tous points il suffisait d'avoir de la raison , et de supposer Dieu équitable; que tons les maux qui ont suivi le péciié du premier homme et celui des anges se réduisaient à deux sortes, au péché et aux misères de la vie; que Dieu en permettant l'un , et en nous envoyant les autres , ne faisait rien dor)l nous eussions droit de nous plaindre , puisqu'il nous donne assez de grâces pour pouvoir éviter le péché, et que les calauiités présentes, si nous les soutirons avec patience et avec une résignation parfaite à ses ordres , sont autant de degrés (jui nous élèvent aune souveraine félicité ; quant au délai de la rédeniption , qu'il n'avait apporté aucun préjudice à ceux qui avaient précédé le Rédempteur , par la raison qu'on pouvait avoir part à cet inestimable bienfait avant (pie ce grand ouvrage fût consonnné. Le Saint prit de là occasion de parler des nations auxquelles l'Evangile n'a\ait pas été prêché d'abord : il uiontra qu'elles étaient inexcusables de n'avoir pas adoré le \rai Dieu , puistiu'elles a\ aient la loi naturelle, dont l'exacte observation les aurait mises eu état d'être éclairées des plus essentielles vérités de la religion, a Je suppose donc , ajoulal-il , qu'un infidèle, cité au tribunal de Dieu, et obligé de dire pourquoi il n'a pas rendu à sou Créateur les honnnages sou\erains qu'il lui devait, s'avise de répondre : Seigneur, je ne savais pas ce (jue c'était que ces hommages que vous exigiez de moi ! Votre raison , lui diia Dieu , vous apprenait une partie de vos devoirs; si vous les aviez remplis, jt; vous ainwis fait connaître les antres, O'»'^*^!''";^-!'-'^ ^' répliquer ? Voilà où en seront tous ceux qui mourront hors de la véri-

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table religion ! » Toute l'assistance se récria dès que le Saint eut lini , et on l'admira d'autant plus, que d'abord on avait cru sans réponse les difficultés ([ui lui avaient été proposées.

Personne ne se doutait qu'à ce coup les bonzes ne se rendissent; mais leur obstination et l'endurcissement du cœur leur tenant lieu de raisons, ils passèrent à des excès dont on eut bonté pour eux : ils niaient tout jusqu'aux [>rincipes , et ils ne s'apercevaient pas que le Père , tirant avantage de ce qu'ils avançaient inconsidérément , les Taisait tomber en de continuelles contradictions. Kniin le roi se lassa, et leur fit imposer silence. 11 s'éleva aussitôt parmi les courtisans un petit sourire accompagné de quelques railleries, dont les bonzes se tinrent étrangement ofï'ensés : ils s'en plaignirent au roi. Quoi, Seiyneur ! lui dirent-ils , vous souffrez qu'on nous insulte en votre présence ! Alors le P. Xavier prit la parole , et , par son entremise , il se lit une espèce d'accommodement qui engagea tout de nouveau à disputer; mais on ne proposa rien de fort considérable , et le roi ne vit pas plus tôt les bonzes sur le point de retomber dans leur premier désordre , que, se levant sans dire mot, il prit le P. Xavier par la main , et le ramena chez lui.

Tel fut le succès de ces fameuses dispositions de Funai. La véritable religion triompha d'une manière bien éclatante; mais le saint apôtre n'en recueillit point le fruit , et le roi ne se déclarant point , aucun des courtisans ne parla d'embrasser une loi à laquelle ils venaient tous de donner bâillement la préférence sur toutes les autres. Le ^10 novembre , le serviteur de Dieu alla dire le dernier adieu au roi, et lit encore tout ce tju'il put pour engager ce prince dans les voies du salut ; mais il n'en put tirer que des larmes et des .«soupirs. La politique et l'amour des jdaisirs charnels le retenaient encore dans les chaînes de l'idolâtrie.

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