CHAPITRE m. 7u
d'esprit, apercevait trop bien l'opération du Saint-Esprit dans son cœur pour balancer un moment à le croire véritablement converti; il le baptisa sur-le-champ, et le bruit d'im événement si singulier s'élant bientôt répandu , il y eut jusqu'à quinze bonzes des plus distingués (|ui se firent chrétiens.
Tandis que ces choses se passaient dans la capitale de l'empire , Louis Almeida visitait les églises du Ximo qui manquaient de pasteurs, guérissant en même temps les corps et les âmes , et trouvant dans tous les lieux de son passage de nouveaux sujets d'adorer la bonté de Dieu sur les Japonais : c'était partout une si grande ferveur qu'elle le remplissait de consolation , et lui faisait trouver la joie dans les fatigues d'un si long et si pénible voyage. Deux choses le frappaient plus que tout le reste, ainsi qu'il le manda aux Pères de sa conq)agnie qui étaient aux Indes; la première élait l'esprit de pénilence qui régnait parmi ces nouveaux lidèles , à un tel point qu'on avait de la peine à les empêcher de se laisser aller à des excès capables de ruiner leur .santé : cela venait en partie d'une délicatesse de conscience si grande, qu'il n'était presque pas possible de les rassurer. La seconde chose (|ui étonna le missionnaire, c'est qu'aussitôt qu'un inlidèle avait reçu le baptême, quelque grossier et quelqu'ignorant qu'il fut d'ailleurs , il deveiiait formidabh; aux bonzes. Almeida en rapporte plusieurs exemples, et il assure qu'on voyait tous les jours des artisans, des femmes, des enfants même faire aux plus fameux docteiu's des questions qui les jetaient dans un embarras d'oii ils ne se tiraient point.
Ce qui contribuait le plus à conserver et à augmenter la faveur des lidèles Japonais , c'est l'union étroite qu'on avait trouvé le moyen d'établir et qu'on cntrelenait soigneusement entre les chrétiens non-seulement d'une même ville ou d'un même royaume , mais encore de tout l'empire. Toutes ces pelit(\s églises s'écrivaient les unes aux autres pour se consoler dans leurs afQictions, s'animer à la sainteté, s'exciter à la persévérance, et se faire nmtuellement part de
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et! ({iii se passait d'cdifiant flans charnue: ainsi on j^onvait (lire (Je ces fidèles ce (jtie l'Eciilnre rapporte des premiers chrétiens , qu'ils n'avaient (^n'nn cœur et qu'une âme. Il arrivait de ce petit comuierce de piété que les exemples de vertus que donnent les particuliers devenaient publics, et que le fruit n'en était pas renfermé dans l'enceinte d'une ville ou d'une bourgade.
De Firando , Aimeida passa [tar la forteresse d'Ekandono pour aller à Saxuma , où il avait ordre de se l'endre incessamment : il souffrit extraordinairement dans ce voyage; c'était au cclmu- de Thiver, qui, cette année-là, fut extrêmement rude. Le nnssionnaire a laissé par écrit nue partie des incommodités qu'il eut aUus à essuyer.
Aimeida trouva la maison d'i']kandono presque toute cluéliemie: ou eût bien voulu l'y retenir quebjue temps; mais il était [tressé, et il promit d'y reloiu'ner ]c plus t(.)t (|u'il lui serait possible. Il alla ensuite saluer le roi de Saxuma , qui avait demandé des [trédicateurs; il eut toute lilierté de traiter avec les lidèles de Cangoxima , dont la vertu , la fidélité et le zèle [K»ur le service de leur souverain , étaient ce (|ui a\ait fait souhaiter à ce prince (pie tous ses sujets endtrassas.'eut une religion si sainte. Le missionnaire fut iur|trisde voir ces i!éo[dAvles , (pri d(!puis François Xavier étaient demeuiés sans pasleuis,si bien insiruits néanmoins , et nialgr(i les persécutions continuelles dfs bonzes et des seigneurs. Il t'ui 1,1 consolation d'accroître encoie leur nombre, el rien ne l'y ailla davantage ([u'ime cure (pi'il iit sur le s'q>ériein' d'une jnaison de bonzes; car cet inqiorlant service lui gagna entièrement tous ces prêtres idolàlres. L'aisuit(!, comme iicn ne Farrètait plus à ( '.atsgoxima, il retourna à la forteresse d'Ekandono, ainsi ([u'il s'y était engagé: en arrivant, il tiouva cpie h' vieillard , (jue le I*. Xavier av;ul chargé du soin de cettt; pi'lite chrélienlé, était mort de(>uis ([iiehiues jours , et (pi'il fallait lui donner un successeur.
Ce fut alors (pi'apri'S avoir examiné de plus près ces fervents chrétiens, il entra dans im étonnemeut qui ne se peut décrire : il vovait des femmes , des enfants , des soldats , des