‹ Le Christianisme au JaponChapitre 34 sur 108 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

Bciptème du prince de Biiugo. — Baptême du roi d'.Vi'iiiia. — Conversions de plusieurs autres princes. — Troubles dans le l>ungo. — Courage des chrétiennes japonaises. — Conversion du roi de Bungo.

(1575) Delx cliosus einpêcliuient dejuiis long- temps le roi d'Aiima fit; se l'aire chrélien : la première était ce qu'il en avait coulé au prince d'Onuira , son l'rère , pour avoii' embrassé le christianisme, et le danger oi^i lui-même avait été de perdre ses étals pour avoir donné entrée aux missionnaires, et protégé les fidèles dans son royaume; la seconde était la conduite du roi de Bungo , (jui depuis tant d'amiées se déclarait en toute rencontre le père plutôt cpie le protecleur des chrétiens, sans pourtant parler d'embrasser une loi pour lacpielle il faisait paraître tant d'estime, et sans permettre à ses enfants de l'emljrasser. Le premier de les obstacles avait été suftisammeiit levé par les dernières victoires de Sumitanda, et surtout par le secours qu'il avait visiblement reçu du Ciel à l'atlaque de sa citadelle ; car dans tout le Ximo on ne doutait point que le Dieu cle.s chrétiens n'eût envoyé ses anges pour exterminer les ennemis du prince d'Omura.

Quant à la cour de Bungo, il commença à s'y faire des changements dont on prévit que les suites iraient fort loin. Civaiidono, roi de Bungo, avait trois fils 3 celui de ces princes qui approchait le plus des vertus de son père , était le second , et il avait surtout une réputation de sagesse qui

le faisait regarder comme très-digne de porter une couronne ; mais, selon l'usage du Japon, ce jeune prince était destiné à èlre bonze aussi bien que son cadet j car il n'y a qu'une adoption ou une succession qui puisse en garantir les enfants des grands seigneurs et des souverains qui ne doivent pas succéder au trône ou aux états de leurs pères. Le prince dont je parle eut à peine atteint l'âge de quatoi'ze ans, qu'on lui parla de se conformera la coutiune du pays, de prendre l'babil de bonze ; mais il témoigna une si grande horreur pour ce genre de vie , et déclara au roi , son père , une si grande ardeur |)Our se faire chrétien que Civandono, après quelques difficultés qui vinrent bien moins de lui que de la reine, y consentit : a Nous n'obligeons nos cadets, dit-il, à se faire bonzes (jue pour les empêcher d'exciter des troubles dans l'état ; or je suis bien assuré que , si mou tils est chrétien , il n'aura pas même la pensée de se révolter contre son frère, au lieu que s'il est bonze, je ne suis pas persuadé que l'enxie ne lui en [)rendra point ; et qui peut même répondre tpie l'occasion ne s'en présentera jamais ! » Le jeune prince fut donc baptisé , au mois de décembre de l'année 1575, et prit le nom de Sébastien. La nouvelle s'en étant répandue, le roi d'Arima écrivit sur-le-champ à Louis Almeida de le venir trouver. Almeida se rendit promplement à Arima. Dès ([u'il fut arrivé, le roi lui dit qu'il sentait bien que le temps était verni de se rendre à la grâce ([ui le sollicitait plus fortement que jamais , que depuis tju'il avait appris la conversion du jeune prince du Buugo , tout ce qui l'avait empêché de suivre l'inspiration du Ciel s'était évanoui , et (]u'il le priait de le mettre incessamment au nombr-e des véritables adorateurs d'un Dieu qui seul sait sonder les cœurs et en triompher. Almeida fut agréablement surpris d'entendre le vo\ parler de la sorte ; il bénit le Ciel qui lui donnait encore cette consolation avant sa mort , qu'il croyait n'être pas fort éloignée ; il acheva d'instruire le prince sur quelques articles dont il était bien aise d'avoir l'éclaircissement, le baptisa et lui donna le nom d'André.

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