‹ Le Christianisme au JaponChapitre 35 sur 108 · CHAPITRE Vn. JIo · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vn. JIo

La première chose à laquelle pensa le roi , après son buplèine, fut de faire convertir en église le principal temple de sa capitale, et d'en assigner les revenus à l'eritrelien de la fabrique et aux besoins des missionnaires. Il se préparait à donner de plus grandes marques de son zèle , lorsque Dieu, content de ses désirs, l'appela à lui pour le récom- I enser de ce qu'il avait déjà fait pour sa gloire , et de ce qu'il avait dessein de faire dans la suite pour l'établissement de son culte.

Le roi d'Arima ne fut pas le seul que l'exemple du prince de Bungo porîa à embrasser le christianisme ; la cour de Civandono semblait être la règle sur laquelle les autres faisaient gloire de se former; l'estime qu'on y faisait de la religion des Européens en avait inspiré à [>lusieurs princes; mais ils n'allaient pas plus loin, et, quelque déraisonnable (pie fût celle conduite, il semblait qu'on eût honte d'avoir ou |)lus de sagesse ou plus de résolution que Civandono et ses enfants. Parmi ceux (jui étaient dans la disposition dont je parle, le roi de Tosa ou Tossa tenait le premier rang. Tosa est le plus considérable des quatre royaimies qui partagent l'île de Xicoco. Le prince dont il s'agit ici avait été obligé, pour se soustraire à la fureur de ses peuples, conliuuellement révoltés contre liu' , de se réfugier chez le roi de Bungo, dont il avait éf)ousé une fille. Il vivait en souverain à V'osuijui , où depuis quelque lenq)s la cour faisait son séjour ordinaire ; et Civandono avait pour sou gendre tous les égards qui sont dus aux princes en quelque situation tju'ils se trouvent ; or, comme les missionnaires étaient en grand crédit à la cour de Vosu(pii , oîi le roi leur avait même fait bâtir une maison près de son palais, le roi de Tosa eut souvent occasion de les entretenir; il les goùla fort; il leur avoua même que leur religion lui paraissait la seule véritable; mais lors(pi'on le pressait de se rendre à la vérité qu'il reconnaissait, il ne répondait aux raisons convaincantes qu'on lui apportait qu'en y opposant l'exemple du roi et des princes de Bungo.

Mais quand il vit que la maison royale commençait à se

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déclarer, alors il prit lui-même son parti, el après (juelques entretiens qu'il eut avec le P. Cabrai , il l'ut solennellement baptisé à Vosuqui par le P. Démonté , qui lui donna le nom de Paul.

Cependant nne persécution , suscitée par la haine des bonzes, éclata bientôt dans le Bungo. Le roi était léujoin de toutes ces violences, et quoi([ue ami des missionnaires, il négligeait avec une indolence extrême de leur témoigner sa protection. Les relations disent qu'il obéissait aveuglément aux impérieuses volontés de sa femme et de Cicalondono, son Ircre, qui s'était hautement déclaré l'ennemi des chrétiens.

Aussi, comme on n'osait compter sur son autorité tulélaire , et que d'ailleurs ce prince s'absentait souvent de Vosuqui , et demeurait des mois entiers assez loin de là, prenant les divertissements de la chasse avec le prince Joscinion, son tils aîné, on ne croyait pas les missionnaires fort en sûreté. Ce l'ut ce qui obligea un jour, le roi étant absent, quelques seigneurs chrétiens à s'aller enfermer dans la maison des Pères, résolus de les défendre an péril de leur vie. Le P. Cabrai lit tout ce qu'il put pour les engager à s'en retourner chez eux; il leur représenta que la cause de Dieu ne se défendait pas par les armes ; que d'une querelle qui leur était personnelle ils en allaient faire une guerre civile, et cpie, pour vouloir sauver quehjues pauvres religieux qui seraient bientôt remplacés , ils exposaient une chrétienté aux derniers malheurs.

A cela les chrétiens répondirent qu'il s'agissait d'empêcher que la religion ne reçût un alï'ront dans la personne de ses ministres-, qu'ils étaient gentilshommes aussi bien que Cicatondono ; qu'ils croiraient manquer également ù Dieu et à ce que l'honneur exigeait d'eux, s'ils souffraient qu'un particulier fît à leurs yeux une insulte à ceux qu'ils regardaient comme leurs pères; enfin, que s'il fallait perdre la vie pour la défense des autels ils en feraient volontiers le sacritice. Le supérieur les voyant déterminés à rester, et ne doutant point (pie Cicatondono ne poursuivît ses des-

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