‹ Le Christianisme au JaponChapitre 40 sur 108 · CHAPITRE VllI. 12S · texte numérisé non relu

CHAPITRE VllI. 12S

leur infidélité que laiite il'avoii quelqu'un qui leur enseignât le remède, et qui les aidât à descendre dans la piscine mystérieuse du baptènu!. Ce l'ut en partie à dessein de remédier à un si grand mal, (jue le W Valégnan se hâta de terminer une all'aire inq)orlante qu'il avait déjà concertée avec les rois de Bungo et d'Arima et le prince d'Omura : il s'agissait d'une ambassade d'obédience au Pape de la part de ces trois princes : comme tous concouraient au même dessein avec un zèle égal, la chose l'ut bientôt conclue , et il ne tut plus question que du choix des ambassadeurs. Le roi de Bungo nomma d'abord pour le sien le plus jeune des lils du l'eu roi deFiunga; mais, ce prince étant au séminaire d'Anzuquiama et ne pouvant être assez à temps pour l'embarquement qui pressait, on lui substitua Mancie Ito , son cousin-germain , de la même maison que lui et petitfils d'une sœur du roi de Bungo : ce jeune prince n'avait (jue quinze à seize ans, mais il était plus sage et plus judicieux qu'on ne l'est d'ordinaire à trente. L'ambassadeur du roi d'Arima et du prince d'Omura l'ut Michel Cingina ou Cingiva, neveu du prince et cousin-germain du roi ; il n'y avait point au Japon de cavalier qui eût plus de grâce ni plus de majesté dans le visage que ce jeune prince. Deux seigneurs alliés à la maison d'Arima, et de même âge que les deux ambassadeurs, leur furent associés : l'un se nommait Martin Farami , et l'autre Julien Nacaura ou INicara , ils avaient tous deux beaucoup de mérite , et ils tirent honneur aux princes qui les avaient envoyés.

Outre l'obéissance que les ambassadeurs devaient rendre aux vicaires de Jésus-Christ de la part de leurs rois, ils étaient encore chargés de quelques instructions particulières pour le souverain pontife, pour le roi d'Espagne et pour quelques princes d'Italie, auxquels l'Eglise du Japon devait une bonne partie des secours spirituels et temporels qu'elle recevait tous les jours, et dont elle en attendait encore de plus considérables dans la suite. Mais ce que Civandono avait le plus à cœur était la béatification du P. François Xavier : son ambassadeur avait des ordres bien positifs de faire sur

cela les plus grandes instances ; elles ne furent pas sans effet , et les historiens du Saint conviennent, qu'encore que toute la clirétienlé de l'ancien et du nouveau monde s'intéressât à cette béatification , personne n'agit dans cette affaire ni plus vivenieïit ni plus elticacement que le roi de Bungo.

Les ambassadeurs s'embarquèrent à Nantes le 22 février 15825 nous ne les suivrons pas dans ce voyage , qui dura plusieurs années. Une relation exacte embrasserait seule plusieurs volumes. Qu'il nous suffise de dire que les jeunes Japonais furent reçus avec les plus grands honneurs et la plus grande bienveillance par les rois de Portugal et d'Espagne, par tous les princes souverains d'Italie, et surtout par le pape Grégoire xui et ensuite par Sixte v. Us s'acquittèrent à merveille de leur mandat ; ils obtinrent toutes les grâces apostoliques qu'ils étaient venus solliciter de si loin pour leur patrie, et ils partirent enfin comblés de joie, de consolations et d'espérances.

Mais , à leur retour au Japon , les choses avaient bien changé de face.

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