‹ Le Christianisme au JaponChapitre 57 sur 108 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

question) n'avait point été jelé par la tem|jêtt' au port d'Urando; n)ais quo LanHôrho lîtait venu exprès au Japon pour faire révoller le pays contre Tempereur. On ajoutait que cet avis aurait sans Hifficuilé coûté la vie à tout l'équipage du galion , si le saint roi Fernand de Firando ne les avait pris sous sa protection ; et il est bon de remarquer qu'il n'y eut jamais au Japon de roi Fernand , f[ qu'alors, et même bien des années après, le plus dangereux ennemi qu'eussent les ebrétiensdans les îles était le roi de Firando; mais le calomniateur en usait apparemment ainsi pour dédommager le Japon , l'aisant d'un idolâtre zélé un prince selon le cœur de Dieu , en échange de ce que, quelques années auparavant, l'on avait fait d'un saint roi de Bungo un apostat et le chef même de plusieurs milliers d'apostats.

Il n'est pas coucesable avec quelle fureur celte relation fut répandue de toutes parts. Eulin Dieu suscita aux missionnaires du Japon un défenseur qui travailla efticacement à désabuser les peuples ; ce l'ut un saint religieux de l'ordre de saint Augustin , nommé le P. Emmanuel de la Mère de Dieu , lequel se trouva beiu'eu.sement à Aca[>ulco dans le temps (juc ces prétendues nouv«dles s'y débitaient : il écrivit une fort belle apologie qu'il Ht signer par quantité de Japonais (pu trali(piaient au Mexique , et par plusieurs Castillans et Portugais qui asaieut été au Japon. Pour ce qui est de l'Europe, il n'y eut guère que les protestants qui ajoutèrent foi à ce qu'on y disait au désavantage des Jésuites; car, en même temps qu'on publiait rà la coiu' de Madrid les mêmes choses ({u'on avait publiéi^s ailleurs, on y reçut un procèsverbal signé au Japon par tous les officiers du galion le Samt-Philippe ^ par les religieux franciscains et augustins qui montaient le même navire , et par plusieurs personnes dignes de foi , où les choses étaient exposées et attestées avec serment telles que je les ai rapportées.

On n'avait guère eu plus d'égard, l'année précédente, dans cette cour et dans celle de Rome , à deux écrits en forme de mémoriaux qui avaient été présentés au pape et au roi d'Espagne contre les mètnes missionnaires du Japon -, et la

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vérité est que ces deux libelles étaient si contradictoires en plusieurs articles que Tun pouvait servir de réponse à l'autre, et qu'il n'y avait qu'à les confronter, pour leur ôtcr à tous deux toute apparence même de vraisemblance.

Les missionnaires du Japon n'ignoraient pas ce qu'on débitait contre eux en Europe et ailleurs; car une copie des mémoriaux dont je viens de parler était tombée entre les mains de l'évêque, du provincial et du P. Antoine Lopez; mais tout cela les inquiétait bien moins ([ue l'extravagante assertion du pilote espagnol. Alors, plus que jamais, ils eussent bien souhaité qu'on n'omît rien pour apaiser l'empereur et pour agir avec moins d'éclat dans l'exercice du ministère évangélique; mais ils n'éprouvèrent que trop que le pape et le roi catholique avaient eu de grandes raisons de regarder la diversité des missionnaires conunc préjudiciable à la propagation de la foi dans le Japon : en efîct rien n'est plus nécessaire parmi les hommes que la subordination , et les personnes les plus vertueuses ne sont pas toujours celles qui en ont le moins besoin. La loi intérieure d'amour et de charité unit , à la vérité, les cœurs en Jésus-Christ ; mais , comme elle n'empêche point que les gens de bien et les saints même ne se fassent des principes qui ne s'accordent pas toujours avec ceux des autres, et qu'ils se font souvent un point de conscience de suivre avec la dernière exactitude, elle ne suffit pas pour mettre dans les actions extérieures cette uniformité que le ministère évangélique exige de tous ceux qui y sont employés.

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