CHAPITRE \ vu
délachn son (il^ , ci le laissa nvpc uuc, simple clicinise , *i-xpns6 h lin trcs-giand froid el an\ insultes Hes parents et doniestiijues. Le petit inaityr, à tant de mauvais traitements, n'opposait qu'une doueeur an;^('diipie et une invincible patience , qui désarmèrent enfin ce [sère dénaturé. -
Ce l'ut en luO'.) (pie les Hollandais prirent terre au .Japon pour la première l'ois. Ce qu'ils avaient sur leur \aisseau ne se trouva pas fort au goût des Japonais; ils ne laissèrent pas toutefois d'établir une factorerie à Firando. L'année suivante , le grand galion (jue les Portugais envoyaient tous les ans à .Nangazaqui y étant arrivé, avant que les marchandises fussent débarquées , (pjelques Portugais eurent qtjerelle avec des Japonais, el il y eut plusieurs personnes tuées de part et d'aulie. Le magistrat voulut iju'on lui livrât ceux des Portugais qui avaiiMit eu le plus de part au désordre; et, sur le refus qu'on lui en fil, il porta plainte au Cubo-Satna. Ce prince donna le tort aux Portugais sans les entendre , el envoya ordre au roi d'Arima do se transporter a Xangazaqui, et de saisir le galion. Les Portugais , à qui on donna avis de ce qui se tramait, s'embarquèrent en diligence , et tirent voile vers Macao : ils se croyaient hors de péril , lorsque le vent qu'ils avaient en poupe tourna toutà-coup et devint contraire; ainsi, le roi d'Arima eut le loisir d'envoyer contre eux ([uelqucs frégates; mais, soit qu'elles ne fussent pas bien armées ou qu'elles combattissent sans ordre, les Portugais, après les avoir fort maltraitées, les obligèrent de se retirer. Le roi d'Arima, voyant celte déroute , monte lui-même une frégate , se fait suivre de plusieurs autres, les meilleures qui se trouvèrent dans le port, et dresse sur une grande barque une macbine à trois étages en forme de tour, qu'il charge de trois cents arquebusiers bien armés. Après bien des nianœuvres pour se disputer le vent, la machine accrocha le galion : le combat fut alors très-sanglant, et eût indubitablement duré davantage, sans un malheur qui mit les Portugais en désordre. Un soldat ayant voulu lancer un pot à feu , ne s'aperçut pas qu'il tomba du l'eu sur la misaine , qu'on n'avait pas eu le temps
de seirei ; le (eu s'acciuclia <le (elle ir^uile à celte vieille toile que tous lurent contraints d'accourir pour Téteindre. S'ils eussent eu assez de jirésence d'espiil [tour jeter la voile a la nier, ils aunucnl pu se tirer d'end^arras; niais ne Tayanl pas fait , ils se viienl bientôt réduits à la dernière extrémité. Alors , André Pesson , (|ui coinniandail h; •galion , jetant ses armes et prenant un crucitix , s'éciia : Dieu soif béni , puisqu'il l'a ainsi voulu ! Mes camarades , sauve qui peut ! En même temps , il se jette à la nage avec tout le monde, après avoir donné ordre qu'on mît le l'eu aux poudres. Les Japonais, enragés de voir échapper leur proie, tirèrent sur les Portugais , dont aucun n'échappa.
Le roi d'Arima , après cette expédition, rentra dans le port, sans avoir tiré d'autre truit de sa victoire que d'avoir fait tort aux Portugais de plus d'un niilliou , et de s'être vengé de ses ennemis; car ce prince était peisonnellement intéressé dans la querelle dont j'ai parlé, et c'était lui qui avait engagé le Cubo-Sama à poursuivre les Portugais comme il le lit. Apparemment (ju'il ne prévit pas les conséquences funestes que pouvait avoir celte malheureuse atVaire pour la religion ; il est certain du moins qu'il s'en fallut peu que les missionnaires ne fussent envoloppés dans la disgrâce des Portugais , et que ce fut uniquement le crédit du roi d'Arima qui empêcha un si grand malheur; mais c'en fut toujours un assez grand , que la perte d'un navire sur lequel étaient toutes les provisions des ouvriers de l'Evangile. La mésintelligence qui se mit entre les Portugais et les Japonais, et surtout le mauvais exemple que donna en cette occasion le roi d'Arima , laissa dans les esprits une impression que son zèle pour en détourner les suites ne fut pas capable d'effacer.