CHAPITRE XXII. 2d
îl ajouta que, depuis ce niomcnt-là, il n'avait presque rien senti. Après qu'on eut renouvelé toutes ses plaies, !e président se lassa, et cominanda «pTon lui coupât la lête. « Ce n'est pas ici, s'écria le généreux chrétien, ce n'est pas ici qu'il faut que je nieure, menez-moi où les autres sont morts, et ne nie privt-z pas au moins de la eonsoliilion de mourir en il «ompagnie du mes frères : je reîiouce a celte chiuiériijue noblesse qui me procure toutes t;<.'S distinctions frivoles. « Cependant Go/aïmon changea de sentiment, et renvoya le saint martyr chez lui.
De tant de courageux athlètes, il n y en eut aucun dont on ne puisse rapporter des choses également édiflantes; mais les plus gros volumes n'y sul'lhaieut pas : ce qui se faisait à Cochinotzu se faisait à Obama, à Arirna, a Aria, à Ximahara et dans tous les lieux où passaiejit les Iroupes du roi, '■t partout on trouvait la môme constance. Dieu , de son côté, concourait , par des elfets surnaturels , à l'elever la gloire de ceux qui lui saci iliaient de si bon cceui" leurs biens et leur vie. Un jeune gentilbonune, a\anl été pris à la guerre, avait été fait esclave , et sanctifiait sa capti\ité par une vie trèséditianle. On ne l'avait point appelé pour répondre de sa foi; mais il y était venu de lui-même, et . malgié les soldats qui le repoussèrent plusieurs fois, il s'était mis parmi ceux qu'on lominentail le plus cruellement : il fut encore moins épargné que les autres ; enlin comme il ne cessait de crier qu'il ne soutirait rien, on lui coupa la tète. Un autre , dans le moment qu'il expira a Arima , fut vu de ses deux enfants, qui en étaient fort éloignés : l'aîné, qui n'avait que huit ans, s'étant mis tout-à-coup à pleurer , on lui en demanda la cause , il répondit que son père venait de mourir. Le cadet , qui était entre les bras de sa mère, s'écria au même instant que son père allait au ciel.
En quelques endroits , après (pTon avait coupé aux martyrs les jarrets et les doigts des pieds, on les obligeait à monter en cet état certains degrés faits exprès , et conmie ils tombaient à chaque pas . on les faisait relever à grands coups do bàlon, jusqu'à ce qu'ils c\|iirasseuf sous les coujts.