Jac. I
d'élan de la voûte qui monte légère vers TÉternel ; ces deux rangées parallèles de colonnes qui mènent le regard vers le sanctuaire ; tous ces organes de pierre dont les fonctions convergent vers Tautel silencieux, où s'immole mystérieusement Celui qui s'est chargé de nous conduire à Dieu : quelle concentration de forces, quelle synthèse d'ordre, quelle stabilité, quelle unité !
L'homme moral, qui est un caractère, est ce chef-d'œuvre vivant de Tart constructif. Sur les assises naturelles de son tempérament, il a bâti sa vertu. Secondé par ses passions dont il s'est fait des auxiliaires, il maîtrise les forces qui, dans le jeu de ses puissances, s'entr'aident ou s'entrechoquent, et les soumet à l'équilibre. Chaque jour, les matériaux taillés et ciselés de ses œuvres élèvent sa structure intérieure. Et cette structure a une âme, nourricière du sacrifice, la charité; et, tandis que cette vie morale, transfigurée par la grâce, attire vers le point de convergence de la totalité de sa donation, nos regards et nos désirs, nous avons le sentiment délicieux et paisible que, nous aussi, nous nous approchons de Dieu.