Thess. m
les biens de la terre »*. Vous Tentendez : servir Dieu et s'assurer par le travail une existence indépendante, de quoi- se suffire à soi-même, tel est, dit l'Apôtre, le but chrétiennement assigné à nos aspirations légitimes. Après cela, que chacun, par son talent, par sa vertu s'efforce de « mériter » un rang supérieur à celui qu'il occupe, tant mieux, les cœurs bien nés s'en réjouiront ; la carrière est ouverte à toutes les bonnes volontés, et les distinctions sociales ne sont jamais mieux justifiées que lorsqu'elles sont conquises par le mérite Mais ayons assez d'humilité et de justice pour ne point prendre, de nous-mêmes, la place qui revient à autrui.
Au fond, au fin fond de Thomme et de la société il y a, disait déjà, il y a seize siècles, le grand docteur saint Augustin, deux amours en présence et en opposition. L'expansion de ces deux amours engenîpe Tantagonisme de deux sociétés. Et les péripéties de ce perpétuel antagonisme forment ce que l'on appelle l'histoire, l'histoire de l'humanité ou de la civilisation.
L'un de ces amours, c'est l'instinct que l'on appelle « amour de soi » et, quand il dévie, il a nom « amour-propre », « égoïsme ».
L'autre, c'est l'amour désintéressé d'autrui.
Et parce que saint Augustin est persuadé que Ton n'aime sincèrement, profondément le prochain qu'à la condition de voir en lui un frère, une créature de Dieu, il définit les deux amours en présence : l'un, l'amour de soi qui peut aller jus-