Descartes. Discours de la méthode, III* partie
2. Descartes. Méditations, Méd. !*«*. Discours de la méthode, Y» partie.
VERS l'unité intérieure 259
Lorsque le solitaire méditatif, « tout le jour enfermé seul dans un poêle » \ rencontre des choses bonnes ou mauvaises, c'est en observateur désintéressé qu'il les regarde. Elles sont pour lui objets de considération spéculative : insoucieux de Taveu du poète, « video meliora probogue, détériora se^ quor », et de la déclaration de si noble franchise de ce héros que fut saint Paul : « Ma vie morale m'est une énigme : le bien que je voudrais faire, je ne le fais pas ; mais le mal que mon cœur réprouve, je le fais », « quod enim volo bonum, hoc non ago ; sed quod odi malum, illud facio » S il n'hésite pas à écrire ce propos d'une hardiesse menteuse : « Il suffit de bien juger pour bien faire, et déjuger le mieux qu'on puisse, pour faire aussitôt son mieux, c'est-à-dire pour acquérir toutes les vertus. »^
Ce n'est pas ainsi que la sagesse antique comprenait son rôle.
Sans doute, la contemplation du vrai réclame un regard serein, et il est mal situé pour bien voir, celui que l'émotion agite. Tant que dure l'examen d'un problème, c'est la réalité seule, avec ses conséquences logiques qu'il faut voir, elle seule qu'ilfaut regarder, sans se préoccuper de la prise, ainsi que s'exprime Taine, « curieux de savoir ce que du fond du puits l'on ramènera à la lumière, uniquement attentif à ne pas casser la chaîne et à remonter le seau bien plein ».