Discours de la méthode, III* partie
Mais lorsque le seau se décharge et que la prise se mêle à Tavoir que nous possédions, faut-îl, se peut-iL qu'elle nous laisse indifiérents ?
Serait-il vrai que, pour être impartial, « objectif », il fallût n'avoir ni amour ni haine ?
Où est-elle cette constitution cérébrale, sans cœur, sans famille, sans patriotisme, sans foi, ni espérance, ni charité ?
Cet être artiflciel n'existe point.
Il est légitime, autant qu'inévitable, que l'homme réfléchi confronte ses opinions ou ses convictions avec les conséquences morales ou sociales auxquelles elles lui apparaissent logiquement enchaînées.
Certes, le vrai n'est pas le bien, le vrai et le bien, à leur tour, se distinguent du beau, mais nous pressentons que, dans un ordre de choses bien établi, le vrai, le bien et le beau ; la science, la morale et l'art ne peuvent être en irréductible conflit.
Aussi, observe William James S les logiciens contemporains discernent deux sortes^ de 4»gements, les uns d'existence ou de constatation, les autres de valeur, les Werturteile^ selon l'expression allemande.
Ces deux ordres de propositions naissent de préoccupations diverses. Il est naturel que l'intelligence les forme séparément d*abord, mais il ne Test pas moins qu'elle les rapproche, ensuite, pour voir si elles sont ou ne sont point combinables.
Ainsi l'entendait Platon dans cette merveilleuse