Le Banquet, éd. Didot, XXIX
VERS l'unité intérieure 263
logie sont, pour tous les docteurs, deux disciplines nettement distinctes ; sans doute, à chacune ils reconnaissent ses moyens d'enquête et ses procédés autonomes de démonstration, mais nul, avant le divorce cartésien, ne se fût figuré que les exigences de la philosophie lui fissent un devoir ou même lui accordassent la liberté de se désintéresser de la moindre parcelle du trésor de la conscience humaine.
Aucune école, avant Descartes, n'avait érigé le séparatisme en système. Et, après Descartes encore, à plusieurs reprises, notamment chez Spinoza et, plus tard, chez quelques panthéistes de source kantienne, l'on put croire- que la loi de l'unité reprendrait son empire.
Spinoza, lui aussi, conçut son Discours de la m^thodey tout imprégné de moralité et dcT religion. Il méditait pour pacifier son âme, il rêvait d'éternité. « L'expérience m'ayant appris, écrit-il dans sa Ri /orme de V entendement y que tous les événements de la vie sont choses futiles..., j'ai pris enfin la résolution de rechercher s'il existe un bien véritable..., un bien qui donne à l'âme, quand elle le trouve et le possède, l'éternel et suprême bonheur*. »
L'expérience sensible et la dialectique de la raison ne lui suffisent pas ; au-dessus de l'une et de l'autre et indépendamment d'elles, il a aperçu l'être, cette entité abstraite, parvenue à son plus haut degré d'indétermination, potentialité d'autant plus réceptive de réalité qu'elle en a été davantage dé-