‹ Le christianisme dans la vie moderne: pages choisies de S.E. le Cardinal MercierChapitre 63 sur 76 · Œuvres de Spinoza, trad. Saisset, 2, III, p · texte numérisé non relu

Œuvres de Spinoza, trad. Saisset, 2, III, p

possédée, capacité d'autant plus remplissable qu'elle a été vidée plus à fond, et cet être, minimum d'actualité, le géomètre Ta, par une fondamentale et désormais irréparable méprise, confondu avec FEtre, qui est la plénitude de l'être, la détermination suprême, le sommet de l'actualité. Oscillant ainsi d'un pôle à Fautre, il s'enchevêtre dans une enfilade de théorèmes sur l'actualisation de la substance qu'il identifie à l'Etre divin, et se trouve conduit, vers la fin de son Ethique, à ces solennelles conclusions :

« V Amour de Dieu doit occuper Fâme plus que tout le reste ^. Notre salut ^ notre béatitude y notre liberté consistent dans un amour constant et étemel pour Dieu^ ou, si l'on veut, dans famour de Dieu pour nous *. »

Mais la voix de Spinoza retentit dans le désert, tout comme, un siècle plus tard, résonnera dans le vide celle d'Auguste Comte, lorsque, parvenu au second versant de sa carrière, il essayera de subordonner Fesprit au cœur, la philosophie à un but social, à la religion de l'humanité. Le courant cartésien fut plus fort que ces réactions éphémères.

Il a si puissamment envahi les esprits, que tous^ sensualistes, positivistes, matérialistes, d'une part, idéalistes, panthéistes, de l'autre, encensent avec le même parti pris, la même idole, la spéculation pour elle-même, la pensée philosophique amorale et areligieuse.

A vrai dire, au fond, Spinoza lui-même ne sut

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