L'évolution créatrice, p
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instants, n'assurerait pas seulement laccord du philosophe avec sa propre pensée, mais encore celui de tous les philosophes entre eux. Telle qu'elle existe, fuyante et incomplète, elle est, dans chaque système, ce qui vaut mieux que le système, et ce qui lui survit. L'objet de la philosophie serait atteint, si cette intuition pouvait se soutenir, se généraliser, et surtout s'assurer des points de repère extérieurs pour ne pas s'égarera
Atteindrait-elle l'Absolu? Oui, mais il importe de préciser. L'absolu, chez Bergson, n'est pas autre chose que le devenir universel, élan vital un et continu, qui suspend momentanément le poids de la matière, en retarde la chute dans la dissémination spatiale. « J'admets, écrit Bergson, qu'en présence de l'univers on parle d un centre d'oii les mondes jailliraient comme les fusées d'un immense bouquet, pourvu toutefois que l'on ne prenne pas ce centre pour une chose ^ mais pour une continuité de jaillissement. Dieu, ainsi défini, n'a rien de tout fait : il est vie incessante, action, liberté. La création, ainsi conçue, n'est pas un mystère; elle est une action qui grossit en avançant, qui crée au fur et à mesure de son progrès : nous l'expérimentons en nous, dès que nous agissons librement ^
Nul, plus efficacement que Bergson, n'aura contribué à nous délivrer de l'idéalisme kantien et du positivisme mécaniste; nul n'aura avec plus de succès secondé l'effort de reconstruction qui vise à